Grenoble en proie à de nombreux problèmes environnementaux révèle l’élu Jacques Wiart

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FOCUS – Jacques Wiart, conseiller municipal à Grenoble dans l’équipe d’Eric Piolle, publie État de l’environnement dans l’agglomération grenobloise. Les défis à relever aux éditions Campus ouvert. Un tour d’horizon documenté, original par son approche globale, sur les questions environnementales touchant Grenoble et sa région. De quoi donner envie de déménager ou de s’engager. Au choix. Difficile de rester indifférent…

 

 

Jacques Wiart, auteur de l'ouvrage Etat de l'environnement dans l'agglomération grenobloise, aux éditions Campus ouvert. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Jacques Wiart, auteur de l’ou­vrage « Etat de l’en­vi­ron­ne­ment dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise. Les défis à rele­vés », éd. Campus ouvert. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

L’environnement est devenu une pré­oc­cu­pa­tion de pre­mier plan, tant l’activité humaine et la qua­lité de vie en dépendent.

 

Préoccupé de longue date par le sujet, Jacques Wiart, 63 ans, ingé­nieur à l’Agence de l’en­vi­ron­ne­ment et de la maî­trise de l’éner­gie (Ademe), mili­tant au Réseau citoyen et conseiller muni­ci­pal de l’équipe d’Eric Piolle, vient de publier un livre-bilan : État de l’environnement dans l’agglomération gre­no­bloise. Les défis à rele­ver. Un ouvrage, édité par Campus ouvert et dis­tri­bué par L’Harmattan, « pion­nier par son approche à la fois glo­bale et ter­ri­to­riale », com­mente l’é­di­teur.

 

 

L’une des éminences grises d’Eric Piolle, maire de Grenoble

 

« J’ai écrit ce livre au titre d’habitant citoyen, reven­dique modes­te­ment, Jacques Wiart, gre­no­blois d’a­dop­tion et natif du Nord de la France. J’ai eu la chance de ren­con­trer un édi­teur mili­tant, Campus ouvert, pour concré­ti­ser ce pro­jet. » Jacques Wiart n’est tou­te­fois pas exac­te­ment un citoyen ordi­naire…

 

Jacques Wiart, conseiller municipal délégué aux déplacements et à la logistique urbaine. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Jacques Wiart, conseiller muni­ci­pal délé­gué aux dépla­ce­ments et à la logis­tique urbaine. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Ingénieur en agri­cul­ture, doc­teur en éco­lo­gie appli­quée, déten­teur d’un mas­ter en mana­ge­ment, il est devenu l’expert « envi­ron­ne­ment » d’Eric Piolle lors de la cam­pagne de celui-ci aux der­nières élec­tions muni­ci­pales.

 

Jacques Wiart pré­pare ainsi, dès 2013, de nom­breuses « fiches » sur l’environnement pour étayer le pro­gramme du futur maire.

 

Des « fiches » effi­cientes puisqu’en avril 2014 Eric Piolle est élu. Et le « citoyen éclairé », comme se défi­nit lui-même Jacques Wiart, devient alors conseiller muni­ci­pal délé­gué aux dépla­ce­ments et à la logis­tique urbaine. Il par­ti­cipe, depuis sa prise de fonc­tion, à la mise en œuvre des nou­velles orien­ta­tions dans la poli­tique de dépla­ce­ment et de sta­tion­ne­ment à Grenoble, avec plus ou moins de suc­cès.

 

Klaus Habfast, Sadok Bouzaienen Élisa Martin, Éric PIolle, Mondane Jacta, Jacques Wiart, Hakim Sabri - © Joël Kermabon - placegrenet.fr

Quelques membres de la majo­rité muni­ci­pale de Grenoble : Klaus Habfast, Sadok Bouzaiene, Élisa Martin, Éric Piolle, Mondane Jacta, Jacques Wiart et Hakim Sabri. © Joël Kermabon – placegrenet.fr

 

De fil en aiguille, en deux ans de pré­pa­ra­tion de cam­pagne d’Eric Piolle, Jacques Wiart a com­pilé beau­coup d’informations, au point de se dire que « cela méri­te­rait de faire quelque chose de com­plet, et de le dif­fu­ser à un large public ». En 2015, l’ouvrage est qua­si­ment prêt.

 

Néanmoins, l’auteur doit le rema­nier, du fait du trans­fert de nou­velles com­pé­tences de la Ville à la Métropole gre­no­bloise et de l’actualité “envi­ron­ne­ment” par­ti­cu­liè­re­ment four­nie. Avec, notam­ment, la mise en place d’un nou­velle poli­tique pour la réduc­tion de déchets, et de diverses conven­tions signées avec l’État.

 

 

« Rendre le citoyen plus conscient »

 

Dans cet ouvrage de 322 pages, pré­facé par le réa­li­sa­teur Gaël Derive, Jacques Wiart aborde à tra­vers dix cha­pitres les grandes ques­tions envi­ron­ne­men­tales qui concernent tout par­ti­cu­liè­re­ment la cuvette gre­no­bloise : pol­lu­tions de l’air, sonore et lumi­neuse, trai­te­ment des déchets, qua­lité de l’eau, raré­fac­tion des terres agri­coles, pol­lu­tion des sols, risques majeurs natu­rels et tech­no­lo­giques, ondes élec­tro­ma­gné­tiques, réchauf­fe­ment cli­ma­tique et ses consé­quences (mise à mal de la bio­di­ver­sitéfonte des gla­ciers, îlots urbains de cha­leur, espèces inva­sives, etc).

 

Vincent Plauchu, éditeur, Jacques Wiart, auteur de l'ouvrage Etat de l'environnement dans l'agglomération grenobloise, Chantal Gehin, présidente de la Frapna, et Philippe Zanolla, président de la MNEI. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Vincent Plauchu, édi­teur de Campus Ouvert, Jacques Wiart, auteur de l’ou­vrage « Etat de l’en­vi­ron­ne­ment dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise », Chantal Gehin, pré­si­dente de la Frapna, et Philippe Zanolla, pré­sident de la MNEI. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Exposant les causes, consé­quences et méca­nismes à l’œuvre pour cha­cun des sujets rete­nus, Jacques Wiart apporte des faits, des chiffres et cite des rap­ports afin d’étayer sa réflexion. « Tous les cha­pitres ont été relus par des spé­cia­listes de ces thé­ma­tiques », pré­cise-t-il.

 

A sou­li­gner aussi, la volonté de l’au­teur de faire œuvre de péda­go­gie, en ponc­tuant chaque cha­pitre par un résumé. « Je ne vise pas l’ingénieur spé­cia­lisé, déclare le mili­tant éco­lo­giste. J’ai essayé d’adopter un style jour­na­lis­tique, de pro­po­ser une rédac­tion acces­sible pour rendre le citoyen plus conscient et lui don­ner envie de contri­buer à l’amélioration de l’environnement. »

 

 

Des problèmes (encore) sans solutions

 

De l’avis des pre­miers lec­teurs, l’ouvrage pro­cure des res­sen­tis variés : cer­tains l’ont trouvé plu­tôt opti­miste, d’autres au contraire plu­tôt anxio­gène. Il est vrai que l’ouvrage n’apporte pas des solu­tions à tous les pro­blèmes. Mais tel n’est pas son rôle.

 

Pollution dans la cuvette grenobloise : pour la première fois, les véhicules les polluants (immatriculés avant 1997) seront interdits de circulation dès samedi 10 décembre. Lundi, avec la persistance du pic de pollution, l'interdiction devrait être élargie. Crédit Patricia Cerinsek

Pollution dans la cuvette gre­no­bloise. @ Patricia Cerinsek

Il pré­sente tout bon­ne­ment l’état des lieux, les enjeux et les mesures appor­tées… quand il y en a. « Certains pro­blèmes sont pris à bras le corps. Par exemple, les col­lec­ti­vi­tés se mobi­lisent for­te­ment pour le retour de la nature en ville, explique Jacques Wiart. En matière de trai­te­ment des déchets, on est en revanche à la croi­sée des che­mins », est-il forcé de recon­naître.

 

Le cha­pitre qui lui a posé le plus de dif­fi­cul­tés ? Le doc­teur en éco­lo­gie appli­quée ne s’en cache pas. C’est de loin celui sur le rayon­ne­ment des nui­sances élec­tro­ma­gné­tiques. « C’est moins inquié­tant que je ne le pen­sais, lâche-t-il au demeu­rant. J’ai écrit ce cha­pitre avec sin­cé­rité, en tout cas, après avoir pesé les divers argu­ments, et en l’état des connais­sances actuelles. » Mais sur ce point et bien d’autres, à l’é­vi­dence, les avis divergent

 

Séverine Cattiaux

 

 

LES DROITS D’AUTEUR SERONT REVERSÉS A LA MNEI ET A LA FRAPNA

 

Les coûts de publi­ca­tion liés à la pré­pa­ra­tion, à l’im­pres­sion et à la dif­fu­sion du livre ont été cou­verts par 5 000 euros de dons. 3 000 euros ont été col­lec­tés sur la pla­te­forme Kocorico de la Banque popu­laire Auvergne-Rhône-Alpes. Le fonds de dota­tion de la banque a, lui, par­ti­cipé à hau­teur de 2 000 euros.

 

La MNEI vient d'apprendre une baisse de 85% de la subvention qui lui est accordée par le Conseil Général de l'Isère. © MNEI

© MNEI

L’ouvrage est vendu au prix de 20 euros. L’intégralité des droits d’auteur est rever­sée à la Maison de la nature et de l’environnement de l’Isère (MNEI) et à la Fédération Rhône-Alpes de pro­tec­tion de la nature (Frapna). Un coup de pouce finan­cier qui ne sera pas de trop, après les réduc­tions bud­gé­taires subies ces der­nières années.

 

 

 

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Commentaires 2
  1. Il y a pas mal d’é­lus sym­pa­thiques dans la muni­ci­pa­lité gre­no­bloise. J’ai eu la chance de le voir lors de la réunion de l’Association de mon quar­tier (Foch-Aigle-Libération) et c’est vrai que Jacques Wiart semble une per­sonne très impli­quée quant au deve­nir de Grenoble. Ça fait plai­sir !

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  2. Ayant ren­con­tré J.Wiart à plu­sieurs reprises, il n’est pas un poli­tique dans le mau­vais sens du terme, c’est au contraire un expert sou­cieux des citoyens, avec une approche prag­ma­tique, scien­ti­fique des contraintes envi­ron­ne­men­tales.
    Il dérange cer­tains fonc­tion­naires, cer­tains ser­vices qui ne peuvent le chal­len­ger tel­le­ment il connait son sujet.
    Il dérange enfin les dog­ma­tiques, car Wiart reven­dique effec­ti­ve­ment les très faibles nui­sances élec­tro­ma­gné­tiques à qui cer­tains vou­draient faire por­ter tous les maux, comme il indique la néces­sité de bien consi­dé­rer la ques­tion sys­tè­mique de l’en­vi­ron­ne­ment et de la pol­lu­tion, sans oppo­ser les solu­tions, ce qui est là aussi mal­heu­reu­se­ment l’a­dage d’une par­tie de la majo­rité de Piolle.

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