Les écosystèmes alpins menacés par le changement climatique

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Une étude menée par 16 chercheurs et récemment publiée dans la revue scientifique Nature révèle que les écosystèmes alpins sont menacés par le changement climatique. Ce dernier provoquerait en effet un déséquilibre entre les besoins des plantes et les ressources des sols, ce qui entraînerait une baisse de productivité de ces écosystèmes. 

 

 

 

Lac de montagne de la Coche dans le massif de Belledonne. © André Weill

Lac de mon­tagne de la Coche dans le mas­sif de Belledonne. © André Weill

« Les éco­sys­tèmes de mon­tagne sont très sen­sibles au réchauf­fe­ment cli­ma­tique » : c’est ce qui res­sort d’une étude menée par une équipe inter­na­tio­nale de 16 cher­cheurs dont Jean-Christophe Clément, pro­fes­seur d’écologie à l’UFR des Sciences de la mon­tagne à l’Université Savoie Mont-Blanc et cher­cheur au sein du Centre alpin de recherche sur les réseaux tro­phiques des éco­sys­tèmes lim­niques. Publiée récem­ment dans la revue scien­ti­fique Nature, cette étude a été coor­don­née par l’Université d’Umeå en Suède. Selon celle-ci, ce phé­no­mène engen­dre­rait une « remon­tée de la limite fores­tière vers la zone alpine ».

 

Ainsi, le réchauf­fe­ment cli­ma­tique modi­fie­rait-il « consi­dé­ra­ble­ment la façon dont les éco­sys­tèmes alpins fonc­tionnent, en créant un dés­équi­libre ou un déca­lage entre les besoins des plantes et les res­sources des sols », explique l’Université Savoie Mont-Blanc dans un com­mu­ni­qué de presse. Ce phé­no­mène ne serait pas sans consé­quences sur les cycles bio­géo­chi­miques, la bio­di­ver­sité des mon­tagnes, la res­source en eau ou encore la sta­bi­lité des sols.

 

 

 

Un déséquilibre entre azote et phosphore

 

 

Pour ces tra­vaux, les cher­cheurs ont uti­lisé des gra­dients alti­tu­di­naux natu­rels, loca­li­sés sur sept mas­sifs en Europe, Australie orien­tale, Nouvelle-Zélande, Colombie-Britannique, Patagonie, dans le Colorado et au Japon. Ces gra­dients s’étendent entre 300 mètres sous la ligne des arbres et 300 mètres au-des­sus. L’altitude sert ainsi de sub­sti­tut au réchauf­fe­ment cli­ma­tique puisque, selon eux, n’importe quelle alti­tude devrait subir, dans quatre-vingt ans, la même tem­pé­ra­ture que celle d’une alti­tude qui est 300 mètres plus bas aujourd’hui.

 

Le Col Vert accessible depuis le vallon de la Fauge. © grenoble-montagne.com

Le Col vert acces­sible depuis le val­lon de la Fauge. © grenoble-montagne.com

L’étude révèle ainsi qu’une alti­tude décrois­sante (en des­cen­dant vers des tem­pé­ra­tures plus chaudes) mime un réchauf­fe­ment cli­ma­tique et aug­mente l’azote pro­ve­nant du sol alors que la quan­tité de phos­phore pour les plantes n’est pas contrô­lée par l’altitude de la même manière. Par consé­quent, « le recy­clage de l’azote est plus rapide quand les tem­pé­ra­tures aug­mentent alors que la dis­po­ni­bi­lité en phos­phore ne change pas », pré­cise l’Université de Savoie.

 

Autrement dit, « lorsque les tem­pé­ra­tures deviennent plus chaudes avec le chan­ge­ment cli­ma­tique, l’équilibre cru­cial entre ces deux nutri­ments qui sou­tiennent la crois­sance des plantes pour­rait être radi­ca­le­ment modi­fié dans les régions alpines. Avec le réchauf­fe­ment, les cycles de ces deux élé­ments du sol indis­pen­sables à la végé­ta­tion risquent donc d’être décou­plés, et cette perte d’équilibre entre azote et phos­phore entraî­nera alors une baisse de pro­duc­ti­vité des éco­sys­tèmes de mon­tagnes. »

 

L’étude constate enfin que la hausse de la tem­pé­ra­ture et ses consé­quences pour la nutri­tion des plantes sont liées à d’autres chan­ge­ments, comme les quan­ti­tés de matières orga­niques et la com­po­si­tion de la com­mu­nauté micro­bienne du sol.

 

MM

 

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