FLASH INFO – L’Association des étudiants en médecine de Grenoble a vu son agrément suspendu par l’Université Grenoble-Alpes via un arrêté en date du 1er septembre 2026. L’UGA indique en effet avoir reçu des signalements de comportements « susceptibles de relever de bizutage, certains pouvant relever de violences à caractère sexiste et sexuel », lors d’événements organisés par la structure.
Depuis début septembre 2026, le site Internet comme la page Instagram de l’Association des étudiants en médecine de Grenoble sont aux abonnés absents: page blanche pour le premier, « aucun résultat » pour la seconde. Dans une dernière publication, l’AEMG avait juste annoncé sa « suspension temporaire », sans pouvoir donner d’indication sur la durée de cette « décision administrative ».
Que s’est-il passé? L’Université Grenoble-Alpes a pris la décision, par arrêté en date du mardi 1er septembre, de suspendre l’agrément de l’association. « Cette décision prive l’AEMG de tout accès aux moyens et au soutien de l’université (locaux, subventions, canaux de communication) et de la possibilité d’organiser des événements sous ce statut », précisent les services de l’UGA. Soit, par nature, une impossibilité pour la structure de maintenir son fonctionnement.
Des soupçons de bizutage et de violences sexuelles
L’établissement donne ensuite la raison de cette décision: « L’Université Grenoble Alpes a été alertée de plusieurs signalements et témoignages faisant état de comportements susceptibles de relever de bizutage, certains pouvant relever de violences à caractère sexiste et sexuel, lors d’événements organisés […] par l’AEMG », explique l’UGA. C’est donc « conformément à sa politique d’exemplarité en matière de lutte contre le bizutage et les violences » que l’Université indique avoir coupé les vivres à l’association.
L’UGA précise en outre avoir diligenté une enquête « pour établir la matérialité des faits » et adressé un signalement au procureur de la République de Grenoble. « Il appartiendra à la justice, ainsi qu’à la section disciplinaire de l’établissement le cas échéant, de se prononcer sur les responsabilités », note-t-elle. Ce en insistant sur le fait que la présomption d’innocence doit s’appliquer à l’ensemble des personnes concernées.
L’Université souligne par ailleurs que les associations étudiantes, qui organisent chaque année plusieurs milliers d’événements, « constitue un pilier essentiel de la réussite et de l’épanouissement de ses étudiants, et que les événements posant difficulté restent très minoritaires ». Elle conclut en affirmant qu’elle « poursuivra le travail engagé avec la communauté étudiante de médecine pour permettre, dès que les conditions seront réunies, la reprise d’une vie étudiante apaisée ».
Tradition autrefois fortement ancrée dans les mœurs étudiantes, le bizutage constitue aujourd’hui un délit en cela qu’il « amène à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants », décrivent les services de l’État. Le bizutage est puni de 6 mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende, peine pouvant être doublée si la victime est une personne vulnérable. Une personne morale reconnue coupable de bizutage, par exemple une association, risque pour sa part 37 500 euros d’amende.












