Réchauffement climatique : les glaciers alpins fondent de plus en plus vite

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EN BREF – Les glaciers fondent, c’est un fait. Mais la fonte s’est nettement accélérée ces dix dernières années. A tel point que les glaciers alpins ne maigrissent plus d’un mais de trois mètres chaque année. Une nouvelle étude de chercheurs français, suisses et autrichiens vient le confirmer. De quoi sonner le glas de neiges plus vraiment éternelles.

 

 

 

Extrait du film "Alpes : glaciers sous haute surveillance" du CNRS Images avec Delphine Six, glaciologue au LGGE. Crédit CNRS Images

Extrait du film « Alpes : glaciers sous haute surveillance » du CNRS Avec Delphine Six, glaciologue au LGGE/OSUG et une des auteurs de l’étude. © CNRS Images

Les glaciers alpins fondent. Nul ne l’ignore mais cette fonte s’est accélérée ces dix dernières années. C’est ce que viennent de démontrer les travaux menés par une équipe internationale de chercheurs* sur six glaciers répartis entre trois des pays de l’arc alpin dont deux en France (Sarennes en Isère et Saint-Sorlin en Savoie), les autres glaciers étudiés étant situés en Suisse et en Autriche.

 

Cette nouvelle étude sur l’évolution de la fonte des glaciers alpins au cours des cinquante dernières années vient un peu plus confirmer ce que craignaient les scientifiques depuis une dizaine d’années.

 

Entre la période 1962-1982 – période de référence durant laquelle les glaciers se maintenaient dans un état plus ou moins stationnaire – et la période 1983-2013, les glaciers ont en moyenne fondu de 1,10 mètre par an. C’est une moyenne, avec un pic observé par les chercheurs à 1,33 mètre pour le glacier de Griesgletscher en Suisse.

 

 

Nette accélération de la fonte à partir de 2002

 

 

Mais ce que les glaciologues ont aussi observé, c’est une nette accélération à partir de 2002. Depuis le début du XXIe siècle, les glaciers ne fondent plus d’un mètre par an mais de… trois mètres. A la désormais traditionnelle fonte estivale vient s’ajouter un net déficit des précipitations l’hiver.

 

Glacier de Sarennes en 1906… et en 2005. © E.Thibert LGGE

Glacier de Sarennes en 1906… et en 2005. © E.Thibert LGGE/OSUG

 

Les glaciologues français, suisses, autrichiens et allemands ont pour cela conduit une analyse statistique d’observations in situ obtenues à partir de balises d’ablation (permettant de mesurer la fonte) implantées sur les langues glaciaires de ces glaciers. Jusqu’à présent, les études réalisées sur l’évolution de la fonte des glaciers alpins avaient estimé les variations de masse sur l’ensemble du massif par extrapolation d’un nombre limité de mesures, ce qui avait conduit à des résultats entachés d’une grande incertitude.

 

Cette nouvelle analyse, plus poussée, a aussi permis de montrer que la fonte est relativement homogène sur l’ensemble de l’arc alpin, et ce par-delà les différences climatiques régionales. Bref, les glaciers fondent à peu près partout de la même façon et ce de la France à l’Autriche, soit sur plus de 400 kilomètres.

 

 

Le glacier de Sarennes devrait le premier être rayé de la carte d’ici… 2020

 

 

Premier touché : le glacier de Sarennes, au-dessus de l’Alpe d’Huez, qui n’est désormais plus que l’ombre de lui-même. Les auteurs de l’étude parlent même de « signes de désintégration » [qui] « pourraient être responsables de la tendance négative plus forte par rapport aux cinq autres glaciers étudiés dans les Alpes européennes. En effet, la réduction de surface de Sarennes pourrait conduire à une augmentation de l’apport de chaleur à ondes longues à partir des roches exposées entourant la glace« . D’où le phénomène d’accélération…

 

Résultat, l’un des glaciers les plus observés au monde, étudié depuis 1906, régulièrement suivi depuis 1948 par la communauté scientifique, est condamné à disparaître du paysage d’ici 2020. En l’espace de quarante ans, les glaciers alpins ont déjà perdu un quart de leur superficie. Qu’en restera-t-il à la fin du siècle ? Dans l’hypothèse d’une hausse des températures de 2 °C d’ici 2100, seuls les glaciers situés à plus de 4 000 mètres d’altitude subsisteraient.

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

* Dont des chercheurs de l’Observatoire de l’univers de Grenoble.

 

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