CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Notre-Dame Isère chaque jeudi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n° 150 du jeudi 17 septembre 2026, retour sur une baignade en Isère voulue par la Ville de Grenoble… mais remise à plus tard.
« Aujourd’hui, nous allons parler de baignade dans l’Isère, ou plus précisément, dans la rivière Isère. C’était une des promesses marquantes du programme de Laurence Ruffin, maire de Grenoble élue en mai 2026 : la possibilité pour les Grenoblois de se baigner dans la rivière qui traverse leur ville. Une bande dessinée réalisée pour la campagne montrait même des espaces de baignade, avec balises et maître-nageur.
Des ambitions depuis revues à la baisse. En fait de baignade, la Ville de Grenoble a organisé à titre d’expérimentation une « balade aquatique », prévue le 12 août. Le principe : se laisser dériver depuis le ponton du club d’aviron jusqu’au pont de la Chartreuse. Le rendez-vous a ensuite été reporté au 12 septembre. Puis il a été tout simplement annulé. En cause ? La qualité bactériologique de l’eau, qui ne répondait pas aux normes fixées par l’Autorité régionale de santé. Boire la tasse comportait un risque non négligeable d’attraper une belle gastro.
Une baignade remise à (bien) plus tard
Ces deux reports successifs ne surprennent pas outre mesure. Chacun se doute en effet que l’eau de l’Isère n’est pas franchement celle de la claire fontaine. Pourtant, la Ville avait affirmé, quelques jours avant le 12 août, que tous les relevés bactériologiques réalisés durant l’été avaient livré des résultats satisfaisants, à une exception près. C’est donc beaucoup de malchance que ceux réalisés juste avant les baignades soient, pour leur part, hors des clous. Les orages ne peuvent en outre pas les expliquer car les relevés les avaient précédés.
Une chose est sûre : la baignade semble bel et bien remise à bien plus tard. Même si la météo prévoit encore des journées chaudes, difficile d’imaginer une trempette dans l’Isère à proximité du mois d’octobre. La page Internet consacrée à l’événement a d’ailleurs été désactivée. La municipalité assure que l’ambition est toujours là. Mais du point de vue symbolique, ce premier revers concernant un point marquant du programme de Laurence Ruffin résonne comme un échec.
L’opposition crie victoire
Et l’opposition ne s’y est pas trompée. Le groupe Réconcilier Grenoble n’avait eu de cesse de fustiger et de moquer le projet de balade aquatique, quitte à lui prêter un coût faramineux qui, pour l’heure, ne correspond à aucune réalité. Inutile de dire que les opposants ont vécu les deux annulations comme une victoire. Ils n’ont d’ailleurs pas manqué de s’en emparer pour appeler la maire à renoncer à ses velléités nautiques.
Reste que les cours d’eau sont, et seront, de plus en plus pris d’assaut avec les fortes chaleurs liées au réchauffement climatique. Avec d’ailleurs les risques que l’on sait. Difficile, dès lors, de lutter contre cette tendance. Et la question de la sécurisation des pratiques, et donc de leur accompagnement, se pose forcément. L’opération de communication de la Ville n’était donc peut-être pas qu’un coup d’épée dans l’eau. »
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