FOCUS – À deux jours de la date limite de dépôt des candidatures, dimanche 16 juin 2024, les candidats investis pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet sont dévoilés progressivement. Front populaire, Renaissance, LR (soutenus par la fédération de l’Isère ou par l’alliance des droites Ciotti-RN), Rassemblement national… Tour d’horizon des noms confirmés dans les dix circonscriptions iséroises.
Le coup de tonnerre de la dissolution de l’Assemblée nationale, annoncée par Emmanuel Macron au soir des élections européennes, dimanche 9 juin 2024, a fait souffler un vent de panique dans les partis. Lesquels ont eu moins d’une semaine pour investir leurs candidats pour les législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, le dépôt des candidatures étant clos dimanche 16 juin. En Isère, on commence néanmoins à y voir plus clair dans les dix circonscriptions.
La gauche, réunie sous la bannière du Front populaire, parviendra-t-elle à garder la mainmise sur le Sud-Isère ? La majorité présidentielle (Renaissance-MoDem) conservera-t-elle ses quatre députés ? Les Républicains survivront-ils au conflit fratricide initié par Éric Ciotti ? Alexis Jolly verra-t-il d’autres députés RN isérois le rejoindre au Palais Bourbon ? Les enjeux ne manquent pas dans ces législatives particulièrement indécises.
Front populaire : des députés sortants réinvestis, le dilemme Élisa Martin
Le Nouveau Front populaire – qui rassemble notamment LFI, EELV, le PCF, le PS ou encore Place publique – a décidé de soutenir majoritairement les députés sortants ayant permis à la gauche de conquérir quatre des cinq circonscriptions du Sud-Isère en 2022, sous l’étiquette Nupes. Trois d’entre eux ont ainsi déjà été réinvestis.

La députée sortante Cyrielle Chatelain (EELV) et son suppléant Alban Rosa (LFI), de nouveau candidats dans la 2e circonscription, lancent leur campagne vendredi 14 juin, à 19 heures, au parc de la mairie d’Eybens. © Page Facebook de Cyrielle Chatelain
C’est le cas de Cyrielle Chatelain (EELV), candidate à sa réélection dans la 2e circonscription. L’ex-présidente du groupe parlementaire écologiste lancera d’ailleurs sa campagne vendredi 14 juin, à 19 heures, au parc de la mairie d’Eybens. Dans la 4e circonscription, Marie-Noëlle Battistel (PS), députée depuis 2010 et réélue en 2012, 2017 et 2022, briguera, elle, un nouveau mandat. Jérémie Iordanoff (EELV), qui avait permis à la gauche de reprendre la 5e circonscription, tentera également de récidiver.

Marie-Noëlle Battistel brigue un nouveau mandat dans son bastion de la 4e circonscription. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net
Reste le cas épineux d’Élisa Martin (LFI). La députée sortante est repartie en campagne dans la 3e circonscription. Mais sa possible mise en cause, dans l’enquête pour “concussion” et “recel de délit” ouverte par le parquet, rebat les cartes. D’où la concurrence de Maude Wadelec, élue insoumise à Grenoble (ex-membre de la majorité Piolle), qui s’est positionnée comme candidate potentielle. La lutte n’est toutefois pas seulement interne à LFI puisque le PS revendique lui aussi la circonscription, songeant notamment à imposer le conseiller régional Stéphane Gemmani.
Dans les autres circonscriptions iséroises (la première et celles de la moitié nord du département), les discussions sont toujours en cours dans les états-majors. Des négociations qui déboucheront sur l’annonce des candidatures d’ici la fin du week-end – on a déjà appris, vendredi 14 juin, celle de l’écologiste Cécile Michel dans la 8e circonscription.
Renaissance : Olivier Véran et Émilie Chalas officiellement candidats
Après avoir réalisé un quasi grand chelem en 2017, remportant neuf des dix circonscriptions du département, la majorité présidentielle (Renaissance-MoDem) avait dû en céder plus de la moitié en 2022, conservant quatre députés en Isère. Des mandats qu’elle tentera a minima de reconduire, grâce aux mêmes candidatures.

Olivier Véran repart en campagne, candidat dans la 1re circonscription, dont il est le député sortant. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Principal poids lourd isérois chez les macronistes, Olivier Véran a confirmé qu’il était candidat à sa réélection dans la 1re circonscription. Député depuis 2012 – alors suppléant de Geneviève Fioraso (PS) -, il avait été réélu en 2017 et 2022, cette fois sous l’étiquette LREM1aujourd’hui Renaissance. Une fonction qu’il avait dû délaisser lors de ses nominations comme ministre de la Santé ou porte-parole du gouvernement, avant de retrouver son siège en janvier 2024.
Autre figure locale de la majorité, Émilie Chalas a elle aussi été investie dans la 3e circonscription. Élue députée lors de la vague macroniste de 2017, la patronne de Renaissance 38 avait ensuite été battue par Élisa Martin (LFI) au second tour des législatives 2022. Une rivale qu’Émilie Chalas pourrait bien retrouver sur sa route cette année, pour un duel qui s’annonce croustillant.

Emilie Chalas se présente dans la 3e circonscription… Pour un duel avec Elisa Martin ? © Florent Mathieu – Place Gre’net
Parmi les candidatures confirmées dans le reste de l’Isère, citons les députées sortantes Caroline Abadie (Renaissance), Élodie Jacquier-Laforge (MoDem) et Marjolaine Meynier-Millefert (Renaissance), respectivement dans les 8e, 9e et 10e circonscriptions. Et dans la 6e, l’ancienne députée Cendra Mottin (Horizons) tentera de reconquérir le siège que lui avait ravi Alexis Jolly (RN) en 2022.
Les Républicains se déchirent entre candidatures pro et anti Ciotti
En se disant favorable, mardi 11 juin, à une « alliance des droites » entre LR et le RN, Éric Ciotti a provoqué une crise ouverte chez Les Républicains, avec l’exclusion par les cadres du parti du président déchu – décision contestée par ce dernier. Un mini-séisme dont les secousses se ressentent en Isère.
Yannick Neuder, président des LR 38, a affiché la couleur après l’annonce d’Éric Ciotti, dont il a demandé la démission. Ouvertement hostile à tout accord avec l’extrême droite, le député LR sortant (le seul en Isère) de la 7e circonscription, candidat à sa réélection, a ainsi dévoilé, vendredi 14 juin, les neuf autres candidatures présentées : Nathalie Béranger (1re), Raphaële de Carvalho (2e), Coline Genevois (3e), Alexandra Veyret (4e), Dominique Escaron (5e), Annie Pourtier (6e), Jean-Claude Lassalle (8e), Héloïse Baradel (9e) et Aurélien Lepretre (10e).

Hostile à l’alliance des droites avec le RN, Yannick Neuder, député sortant et patron de LR 38, entend bien présenter dix candidats face au parti lepéniste. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Mais du côté de l’alliance des droites (RN et LR pro Ciotti), trois des dix candidats de la liste sont bien membres des Républicains. Parmi eux, Alexandre Lacroix (1re circonscription) a navigué des Jeunes Républicains à Reconquête, avant d’adhérer de nouveau à LR récemment. Tout comme lui, Anne-Marie Malandrino portera les couleurs du nouvel attelage dans la 4e circonscription.
Le troisième nom est, lui, peut-être le plus emblématique. Il s’agit en effet d’Hanane Mansouri, ancienne présidente des Jeunes Républicains 38 et militante de l’Uni, dans la 8e circonscription. Une prise de choix pour Éric Ciotti et le RN. Elle fera face à Jean-Claude Lassalle, soutenu, lui; par LR 38, dans un combat fratricide.
Le RN vise quatre ou cinq députés en Isère
En 2022, Alexis Jolly avait créé l’évènement en devenant le premier député RN isérois. Comme prévu, le conseiller régional et ancien patron du RN 38 tentera bien la passe de deux dans la 6e circonscription, espérant être accompagné par d’autres élus lepénistes sur les bancs de l’Assemblée nationale.

Seul député sortant RN de l’Isère, Alexis Jolly est de nouveau candidat dans la 6e circonscription. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Outre Alexis Jolly et les trois Républicains pro Ciotti précités, les autres candidats de la liste d’union des droites – tous membres du RN – sont déjà connus : Édouard Robert (2e circonscription, Christel Dupré (3e), Frédérique Schrieber (5e), Benoit Auguste (7e), Céline Bène (9e) et Thierry Perez (10e).
Ce dernier, actuel délégué départemental du RN 38, ne cache d’ailleurs pas les grandes ambitions du parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella pour ces législatives. Il vise ainsi la victoire dans quatre voire cinq circonscriptions en Isère, comme il l’avait annoncé dès sa prise de fonction. Avec une attention spécifique portée au Nord-Isère, terres qui lui sont particulièrement favorables depuis déjà plusieurs années.
D’autres listes présentent des candidatures en Isère
Éclipsés par les listes dominantes des principales forces politiques, d’autres partis ou mouvements tenteront d’exister médiatiquement et électoralement, grâce à leurs candidatures, lors de ces législatives anticipées.
Exemple avec Lutte ouvrière qui, fidèle à son habitude, présentera des candidats dans les dix circonscriptions iséroises. Il s’agit de Rémi Adam (1re circonscription), Chantal Gomez (2e), Catherine Brun (3e), Alain Ziegler (4e), Christine Tulipe (5e), Denise Gomez (6e), Bruno Perrodin (7e), Jacques Lacaille (8e), Claude Detroyat (9e) et Clément Bordes (10e).
À l’autre extrémité de l’échiquier politique, Reconquête doit affronter les divisions issues de la querelle entre Éric Zemmour et Marion Maréchal, exclue du parti pour avoir prôné l’alliance avec le RN. Illustration en Isère où dans la 8e circonscription, par exemple, son seul élu à Vienne, Adrien Rubagotti, a refusé d’être investi par Reconquête… qui pourrait pourtant désigner un candidat. Les intentions du mouvement restent néanmoins assez incertaines à ce stade.
Si peu de noms ont été officialisés à ce stade dans les « petits partis », notons que le Parti animaliste, qui avait présenté une liste aux européennes, a cette fois été contraint de renoncer. La faute essentiellement à un délai trop court pour trouver les financements nécessaires.










2 réflexions sur « Législatives 2024 : Front populaire, Renaissance, LR, RN… Les premières candidatures confirmées en Isère »
Et de même que leur score a été ignoré aux Européennes, on ignore de mentionner les deux candidats Equinoxe, jeune parti transpartisan de jeunes… Difficile, l’objectivité et la complétude de l’info!
Honte au PS d’avoir rejoint LFI.
Honte à LFI de ne pas avoir écarté Elisa Martin, malgré la concussion.
Honte à la mésalliance PS LFI d’avoir validé la candidature d’Elisa Martin.
Double honte à celles et ceux qui mettront un bulletin Elisa Martin dans l’urne.