Bibliothèques : une pétition citoyenne va relancer le débat au conseil municipal du 22 mai

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FOCUS – Le collectif Touchez pas à nos bibliothèques a remis ce vendredi 14 avril au matin une épaisse liasse de formulaires réunissant 3 159 signatures complètes (avec adresses, numéros de téléphone et mails de leurs auteurs). Cette pétition citoyenne ayant atteint les 2 000 signatures requises, elle ouvre le droit d’interpeller les élus. Le collectif devrait donc intervenir lors du conseil municipal du 22 mai prochain. Coup de théâtre, la Ville de Grenoble dévoile en fin de journée, dans un communiqué, que le préfet demande la suppression de ce droit d’interpellation…

 

 

 

Vendredi 14 avril, le collectif Touchez pas à nos bibliothèques remet ses 3159 signatures complètes (et 4161 au total) à la Ville de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Vendredi 14 avril, le col­lec­tif Touchez pas à nos biblio­thèques a remis ses 3159 signa­tures com­plètes (sur 4161 au total) à la Ville de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Aux 3 159 signa­tures de Grenoblois (com­plètes avec mail, adresse et télé­phone) recueillies par le col­lec­tif Touchez pas aux biblio­thèques et trans­mises ce ven­dredi 14 avril au matin à la Ville, s’a­joutent 1 002 signa­tures enre­gis­trées sur le site dédié.

 

Au total, la péti­tion des oppo­sants à la fer­me­ture des biblio­thèques Prémol, Hauquelin et pour le main­tien d’Alliance aura réuni 4 161 signa­tures « iden­ti­fiables » de Grenoblois en quatre mois dont qua­si­ment un mois de vacances, pré­cisent les péti­tion­naires. Ces der­niers auraient, par ailleurs, bien voulu que la Ville puisse pro­lon­ger la péti­tion citoyenne en ligne.

 

« Ce n’est tech­ni­que­ment pas pos­sible de véri­fier les signa­tures et, en même temps, de pour­suivre la péti­tion » leur a‑t-on fait savoir ce matin. Les ser­vices de la Ville s’ac­cordent désor­mais un mois au maxi­mum pour pro­cé­der à la véri­fi­ca­tion des signa­tures (par tirage au sort). « Nous nous y sommes pris suf­fi­sam­ment à l’a­vance [dans le dépôt de la péti­tion citoyenne, ndlr] pour pour­voir inter­ve­nir au conseil muni­ci­pal du 22 mai pro­chain », assure Philippe, l’un des mili­tants du Collectif.

 

 

 

« Le maire ne nous a jamais reçus ! »

 

 

Le col­lec­tif a demandé à ren­con­trer des élus d’ici le 22 mai, afin de pré­pa­rer le débat, qu’il sou­haite construc­tif. Régis, mili­tant du col­lec­tif, trouve tout de même sidé­rant que « le maire Eric Piolle ne [les] [ait] jamais reçus ! Ce sera donc une occa­sion unique de repar­ler des biblio­thèques en conseil muni­ci­pal et, espère-t-il, de trou­ver des solu­tions ensemble et de sor­tir par le haut… »

 

Vendredi 14 avril, le collectif Touchez pas à nos bibliothèques remet ses 3159 signatures complètes (et 4161 au total) à la Ville de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Vendredi 14 avril, le col­lec­tif Touchez pas à nos biblio­thèques remet ses 3159 signa­tures com­plètes (et 4161 au total) à la Ville de Grenoble. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Le col­lec­tif caresse l’i­dée que la Ville aura tiré les leçons de la pré­cé­dente inter­pel­la­tion, qui por­tait sur le sta­tion­ne­ment. Les échanges en conseil muni­ci­pal avec les péti­tion­naires d’a­lors n’a­vaient pas réel­le­ment fait pro­gres­ser le débat

 

S’en était sui­vie une vota­tion citoyenne en octobre 2016, laquelle s’est sol­dée « par une situa­tion où per­sonne n’est satis­fait », observe Régis. A la dif­fé­rence des biblio­thèques, l’op­po­si­tion de gauche s’é­tait empa­rée du sujet sta­tion­ne­ment, pour avoir fina­le­ment gain de cause, tout au moins sur l’ob­jet de sa contes­ta­tion.

 

 

 

Le maire créera-t-il la surprise le 22 mai prochain ? 

 

 

La Ville s’est fen­due d’un com­mu­ni­qué ce ven­dredi 14 avril, en fin de jour­née, afin d’acter la récep­tion de cette nou­velle péti­tion citoyenne, preuve que les Grenoblois « recon­naissent ainsi l’utilité de ce dis­po­si­tif » dont elle est l’instigatrice. Sur la teneur des échanges du 22 mai pro­chain, la Ville invite les péti­tion­naires à « pré­sen­ter leur pro­po­si­tion aux élus et [à] échan­ger avec eux ».

 

Le maire ou l’adjointe à la Culture devraient quant à eux sai­sir l’occasion de cette confron­ta­tion pour « appro­fon­dir le débat sur l’avenir du réseau des biblio­thèques à Grenoble et les enjeux de lec­ture publique », fait savoir le com­mu­ni­qué.

 

Éric Piolle lors du conseil municipal du 21 mars 2016. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Éric Piolle lors du conseil muni­ci­pal du 21 mars 2016. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Que pour­rait-il se pro­duire lors du conseil muni­ci­pal du 22 mai pro­chain ? Que le maire de Grenoble, Eric Piolle, et son adjointe Corinne Bernard adjointe aux Cultures décident, tout compte fait, de réou­vrir Prémol, Hauquelin et de main­te­nir la biblio­thèque Alliance en l’é­tat, après avoir exa­miné, ou pas d’ailleurs, d’autres pos­si­bi­li­tés de réduc­tion bud­gé­taire ?

 

Scénario très peu pro­bable. Interviewée par Place Gre’net, Corinne Bernard adjointe aux Cultures moti­vait déjà son refus d’un mora­toire : « On ne peut […] pas arrê­ter nos pro­jets, ne plus rien faire et attendre. » Les biblio­thèques Prémol et Hauquelin sont donc désor­mais vidées de leurs livres et de tout maté­riel, et leurs locaux prêts à ser­vir à d’autres usages dans les semaines qui viennent.

 

Quant à la biblio­thèque Alliance, les agents pro­cèdent actuel­le­ment à un tri, afin d’en démé­na­ger une par­tie. La concer­ta­tion bien que contes­tée, autour de la conver­sion d’Alliance en « troi­sième lieu » est désor­mais ter­mi­née. La fer­me­ture de la biblio­thèque du sec­teur 4 est pré­vue au 1er juillet pour cause de tra­vaux et rou­vrira début 2018, avec un fonc­tion­ne­ment dif­fé­rent.

 

Tout laisse donc pen­ser que la ques­tion de la réou­ver­ture des biblio­thèques sera ren­voyée à la vota­tion citoyenne… d’oc­tobre 2017.

 

 

Séverine Cattiaux

 

 

VERS LA FIN DU DISPOSITIF D’INTERPELLATION ?

 

PascalClouaire5AssisesCitoyennesActes2CreditSeverineCattiauxCoup de théâtre, le droit d’in­ter­pel­la­tion « expé­ri­men­tal », qui « per­met aux col­lec­ti­vi­tés d’être en avance sur leur temps » serait sérieu­se­ment dans le col­li­ma­teur de la pré­fec­ture de l’Isère, selon Pascal Clouaire, adjoint à la Démocratie locale.

 

« Le pré­fet nous demande de reti­rer le dis­po­si­tif, esti­mant que le maire accorde un pou­voir exces­sif aux péti­tion­naires sur l’ordre du jour du conseil muni­ci­pal, que le seuil de signa­tures est trop faible et que ce droit ne devrait être ouvert qu’aux élec­teurs ins­crits sur les listes élec­to­rales. »

 

La pré­fec­ture a d’ailleurs saisi le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif (déféré du 21 mars 2017). L’adjoint compte, pour sa part, por­ter la ques­tion au niveau natio­nal.

 

 

 

 

 

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Commentaires 4
  1. Je ne sais pas pour­quoi M. GAM n’est pas content. Cette péti­tion qui dépasse les 2500 signa­tures pour deman­der que le sujet soit traité en conseil muni­ci­pal est l’exacte appli­ca­tion du point n° 5 des 120 pro­po­si­tions du can­di­dat Piolle.
    M. GAM aurait dû por­ter plainte contre ce pro­gramme, dès que M. Piolle a été élu ! Or, per­sonne n’a dit que ces pro­po­si­tions étaient anti-consti­tu­tion­nelles.
    Pour une fois qu’on a un élu qui réa­lise ses pro­po­si­tions de cam­pagne, pour­quoi se plaindre ?

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  2. Et pré­ci­sons que le « droit d’in­ter­pel­la­tion » n’a rien d’ex­pé­ri­men­tal puisque aucune expé­ri­men­ta­tion n’a été demandé au gou­ver­ne­ment et qu’au­cune déli­bé­ra­tion du conseil muni­ci­pal ne vient l’ac­ter !
    Il suf­fit de nous prendre pour des c… M. Clouaire !

    Vous êtes dans l’illé­ga­lité, vous le savez depuis le début. Il va fal­loir assu­mer.

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  3. Le coup de théâtre, c’est un peu le GAM qui a tout de même écrit à Cazeneuve pour s’é­ton­ner que l’Etat laisse orga­ni­ser des scru­tins illé­gaux, avec un mode de scru­tin illé­gal dans le déni e droits consti­tu­tion­nels…

    Si on rajoute la téna­cité des biblio­thé­caires, pas éton­nant qu’on fasse machine arrière toute car il n’est pas sûr que le Préfet et les forces de l’ordre

    Donc ce que nous disions depuis le début, à savoir que Piolle et sa majo­rité dévoyaient la démo­cra­tie dont les méca­nismes sont pré­vus dans la loi depuis la révi­sion consti­tu­tion­nelle de 2004, se véri­fie.

    A niveau d’in­com­pé­tence, il fau­drait effec­ti­ve­ment révo­quer le maire de manière per­ma­nente.

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  4. Tout le monde devrait se retrou­ver contre le pré­fet qui refuse une concer­ta­tion citoyenne repré­sen­tée par les péti­tions. C’est comme les péti­tions deman­dant que tel ou tel migrant soit régu­la­risé. Il s’en fout. Seule compte sa vision archaïque d’une soit disant démo­cra­tie dont les déci­sions res­semblent plus à des dik­tats qu’à une concer­ta­tion.
    Je ne pense pas que les biblio­theques fer­mées puissent rou­vrir sous forme de biblio­thèques mais il serait-on inté­ressent que les citoyens puissent être consul­tés sur le deve­nir des lieux

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