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Quel impact a le nouveau plan de circulation sur le flux de véhicules en ville ? © Patricia Cerinsek

Tribune – Pour le col­lec­tif Grenoble à cœur, Grenoble est une zone de fort enfu­mage (ZFE)

Tribune – Pour le col­lec­tif Grenoble à cœur, Grenoble est une zone de fort enfu­mage (ZFE)

TRIBUNE LIBRE — Le col­lec­tif Grenoble à cœur estime que la com­mu­ni­ca­tion autour des amé­lio­ra­tions envi­ron­ne­men­tales por­tées par le pro­jet CVCM (Cœurs de ville, cœurs de métro­pole) relève du men­songe. Et prend une fois de plus la parole pour en dres­ser la démonstration.

La res­tric­tion d’accès au cœur de Grenoble avait pour buts pré­ten­dus de « dyna­mi­ser le com­merce » et de « réduire la pol­lu­tion ». Ces men­songes et leurs effets sont connus : le temps pour­tant proche où le dyna­misme du centre-ville était exem­plaire est tombé aux oubliettes avant même le Covid, et la ville est pour la troi­sième année consé­cu­tive la 4e de France la plus vic­time des mul­tiples nui­sances des embouteillages.

Gérald Dulac et Dominique Grand du collectif Grenoble à cœur © Patricia Cerinsek - Place Gre'net

Gérald Dulac et Dominique Grand du col­lec­tif Grenoble à cœur © Patricia Cerinsek – Place Gre’net

Elle est lan­terne rouge d’Auvergne-Rhône-Alpes dans la lutte contre la pol­lu­tion. Nous l’avions démon­tré avant qu’il appa­raisse qu’elle est der­nière de France, selon le nou­vel indice d’Atmo enfin conforme aux règles euro­péennes. Pourquoi ? À cause du plus nocif des pol­luants de l’air, les par­ti­cules fines PM2.5. Tout à ses grandes pos­tures et à ses pro­jets ultra poli­ti­sés, le maire de Grenoble a ins­tru­men­ta­lisé la voi­ture pour mas­quer la réa­lité : l’ennemi n°1 des pou­mons gre­no­blois est le chauf­fage au bois.

Les leçons ont elles été tirées de ces résul­tats désas­treux ? Non. La reli­gion reste immuable : Selon Éric Piolle, « recon­qué­rir notre air face à la pol­lu­tion » consiste à « se libé­rer pro­gres­si­ve­ment du die­sel, y com­pris pour les par­ti­cu­liers, et à deve­nir une zone à faible émis­sion ».

Particules fines : pas de baisse pen­dant le confinement

Les PM2.5 n’ont pas baissé en France pen­dant le confi­ne­ment. Cela s’est vu par­tout, des pics ont même été obser­vés. À cause du die­sel alors que la cir­cu­la­tion avait cessé ? Évidemment non. Et le risque que cela se pro­duise à l’avenir est nul, les nou­veaux véhi­cules émet­tant beau­coup moins en die­sel qu’en essence, selon un rap­port récent demandé par le minis­tère de la tran­si­tion écologique.

Pour Grenoble à coeur, le chauffage au bois est plus polluant que les voitures © Grenoble-Alpes Métropole

Pour Grenoble à cœur, le chauf­fage au bois est plus pol­luant que les voi­tures. © Grenoble-Alpes Métropole

Il a été constaté à Londres en 2014 que les poêles à bois pro­dui­saient plus de par­ti­cules que la ZFE (Zone à Faible Émission) n’en sup­pri­mait. Les véhi­cules étaient pour­tant plus pol­luants alors qu’aujourd’hui. Mais pour Éric Piolle, ZFE équi­vaut à sup­pres­sion du die­sel, pas du poêle à bois… Alors qu’un seul émet plus de PM2.5 que 1000 auto­mo­biles dit le British Medical Journal !

En ce début d’année, le site d’ATMO Grenoble a régu­liè­re­ment affi­ché « Mauvais. Polluants majo­ri­taires PM2.5 ». D’après l’université de Birmingham, les par­ti­cules du chauf­fage au bois (67% des émis­sions en AuRA) sont plus can­cé­ri­gènes que celles du die­sel (qui ne compte que pour 7%…).

Ozone : + 50 % à Londres au prin­temps pen­dant le confinement

L’ozone (O3), autre pol­luant par­ti­cu­liè­re­ment agres­sif, a vu son niveau dans les villes aug­men­ter pen­dant le confi­ne­ment. Ce phé­no­mène lorsque la cir­cu­la­tion baisse [1], dit « effet week-end », est bien connu. Londres s’est dis­tin­guée avec +50%, Paris a aussi connu des pics. En AuRA il n’y a « glo­ba­le­ment » pas eu de baisse.

NO2 : Grenoble lan­terne rouge régionale

Moins agres­sif que les PM2.5 et l’ozone, le NO2 est néan­moins un gaz irri­tant pour les bronches. Si la nature (bac­té­ries, éclairs, etc) en pro­duit lar­ge­ment plus que l’activité humaine, celle-ci en émet aussi. À com­men­cer par les moto­ri­sa­tions des trans­ports, en par­ti­cu­lier au diesel.

Mais toute com­bus­tion pro­duit des NOx, y com­pris le bois dont les émis­sions sont 1,7 à 6 fois supé­rieures au fioul extra léger (qui est un die­sel à usage domes­tique) et 3 à 12 fois plus impor­tantes que le gaz [2]. En plus de ce que brûlent les poêles indi­vi­duels, il est urgent de s’interroger sur le chauf­fage urbain gre­no­blois dit « vert » alors qu’il englou­tit chaque année 100 000 tonnes d’arbres ! Auxquels s’ajoutent désor­mais les 85 000 tonnes de la nou­velle cen­trale Biomax…

"Grenoble lanterne rouge d’AuRA dans la lutte contre la pollution, ici le NO2"

« Grenoble lan­terne rouge d’AuRA dans la lutte contre la pol­lu­tion, ici le NO2 »

Quant à la cir­cu­la­tion, la spec­ta­cu­laire mon­tée au pal­ma­rès des villes les plus embou­teillées depuis la mise en place de « CVCM » [3] a fait de Grenoble la lan­terne rouge des métro­poles régio­nales dans la lutte contre le NO2 !

CO2 : Ce n’est pas un polluant

Le CO2 n’est pas un pol­luant, pour­quoi en par­ler ici ? Pour ne pas lais­ser cer­tains poli­ti­ciens faire l’amalgame, et parce qu’il y a le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. On ne peut donc igno­rer que le die­sel en pro­duit moins que l’essence. Ni que les Suisses ont mesuré que brû­ler du bois émet 25% de plus que le fioul extra léger et 63% de plus que le gaz. Quant aux arbres, ils mettent 40 à 200 ans pour repous­ser … Lesquels ont été abat­tus alors qu’ils cap­taient du CO2 ?

Il n’y a pas que l’air à être enfumé !

Oubliée la pré­ten­due volonté de « dyna­mi­ser le com­merce », enfu­mage qui avait servi pour res­treindre l’accès au centre-ville de Grenoble. Il n’en est plus ques­tion, l’heure est au coup de grâce, aux temples péri­phé­riques où l’automobiliste vient faire le plein de die­sel et de tout ce que pro­duit la société de grande consom­ma­tion. En effet, le maire de Grenoble a voté l’extension de Grand’ Place et a aussi refusé de deman­der la sus­pen­sion du pro­jet Neyrpic !

Après les men­songes, l’enfumage…

… reprend avec une nou­velle pos­ture dog­ma­tique sur le die­sel. Et tant pis pour les livreurs ou les arti­sans. Le but est de rem­plir les colonnes des médias afin qu’on ne parle pas des échecs pré­sents dont les pré­cé­dents men­songes sont la cause.

Les quelques cyclistes sur l’emblématique auto­route à vélos Lyautey-Sembat (1635 par jour ce mois de jan­vier…) sont sans effet pour « dyna­mi­ser le com­merce » et « réduire la pol­lu­tion ».

Inauguration en 2019 du tronçon de la Chronovélo sur les boulevards Sembat-Lyautey © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Inauguration en 2019 du tron­çon de la Chronovélo sur les bou­le­vards Sembat-Lyautey. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Nos pou­mons ne disent pas merci alors qu’ils inhalent actuel­le­ment les par­ti­cules can­cé­ri­gènes du chauf­fage au bois, que l’épidémiologiste Rémy Slama avait averti que dimi­nuer les PM2.5 était la prio­rité pour la santé à Grenoble, que les clas­se­ments sont désas­treux pour les embou­teillages comme pour la pol­lu­tion ! La ville conduite par Éric Piolle clas­sée der­nière pour la pol­lu­tion, com­ment faire pire ? Et pour­quoi l’indice d’ATMO a‑t-il si long­temps mis les pous­sières PM2.5 sous le tapis ?

[1] Les NOx contri­buent à la for­ma­tion comme à la des­truc­tion de l’ozone. La for­ma­tion néces­site plu­sieurs heures et l’action des UV solaires, tan­dis que la des­truc­tion est rapide et se fait aussi la nuit. Moins de NOx peut donc avoir plus d’ozone pour consé­quence. C’est ce qui s’est pro­duit dans les villes pen­dant le confi­ne­ment, du fait de l’arrêt du tra­fic auto­mo­bile. Car un autre pol­luant favo­rise l’ozone en dés­équi­li­brant cette for­ma­tion-des­truc­tion : les COV (Composés Organiques Volatils). Ils sont pro­duits à 90% par la nature, aussi les fortes concen­tra­tions d’ozone sont-elles sou­vent loca­li­sées au-des­sus des forêts. Grenoble en est entou­rée. L’activité humaine en émet aussi, dont des COVNM (COV non métha­niques). Le cou­pable n°1 en Auvergne-Rhône-Alpes est le chauf­fage au bois, avec 44% des émis­sions contre 6% pour le tra­fic routier.

[2] Étude suisse réa­li­sée par l’Office fédé­ral de l’environnement

[3] CVCM : Fermetures du cœur de Grenoble à la cir­cu­la­tion dans les sens sud/nord (Bd Agutte Sembat) et ouest/est (rues République-Montorge et cours Berriat), en avril 2017.

Rappel : Les tri­bunes publiées sur Place Gre’net ont pour voca­tion de nour­rir le débat et de contri­buer à un échange construc­tif entre citoyens d’opinions diverses. Les pro­pos tenus dans ce cadre ne reflètent en aucune mesure les opi­nions des jour­na­listes ou de la rédac­tion et n’engagent que leur auteur.

Vous sou­hai­tez nous sou­mettre une tri­bune ? Merci de prendre au préa­lable connais­sance de la charte les régis­sant.

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