Taux de remplissage du stade des Alpes et des hôtels, image… la métropole grenobloise a tiré profit de la Coupe du monde

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FOCUS – Élus métropolitains et professionnels de l’hôtellerie et du commerce viennent de dresser un premier bilan très positif de l’accueil de la Coupe du monde féminine de football à Grenoble. L’engouement a été au rendez-vous au stade des Alpes avec le meilleur taux de remplissage pour les matchs du premier tour. Certains secteurs de l’économie, comme l’hôtellerie, ont été dopés par l’événement. Sans compter la valorisation de l’image du territoire.

 

 

Le dénouement est proche pour la Coupe du monde féminine de football, alors que les États-Unis, tenantes du titre, affrontent les Pays-Bas en finale à Lyon ce dimanche 7 juillet. Dans la métropole de Grenoble, l’événement est terminé depuis le 22 juin et le huitième de finale entre l’Allemagne et le Cameroun (3-0). L’occasion de dresser un premier bilan de ce Mondial féminin pour le territoire.

 

 

Plus de 80 000 spectateurs au stade des Alpes

 

Avec un taux de remplissage de 89 %, l’enceinte grenobloise, qui a accueilli cinq matchs, se place dans le top 3 des neuf villes hôtes de la compétition. Et même en tête si on ne tient compte que des matchs du premier tour.

 

Au total, 80 421 spectateurs ont pris place au stade des Alpes, dont 12 000 étrangers. Ces derniers ont dopé la fréquentation de l’Office de tourisme de Grenoble, en hausse de 16 % par rapport à l’an dernier. Les visiteurs les plus nombreux ? Les Australiens et les Allemands.

 

Le premier match du Mondial féminin au stade des Alpes, Brésil-Jamaïque. © Laurent Genin

Le premier match du Mondial féminin au stade des Alpes, Brésil-Jamaïque. © Laurent Genin

 

Au niveau de l’image et de la visibilité, ce Mondial fut « un événement extraordinaire pour l’exposition de notre territoire, s’est félicité Christophe Ferrari. On n’a peut-être jamais autant parlé de Grenoble de manière si positive. C’est extrêmement important. Les images de notre stade au milieu des Alpes a fait un buzz très fort. On prend le tournis quand on sait le nombre de téléspectateurs au Brésil [20 millions, ndlr] qui ont regardé le match contre la Jamaïque.

 

Et le président de Grenoble Alpes Métropole de se féliciter d’avoir pu montrer les montagnes. « C’est la plus grande des fiertés avec notre sens de l’accueil, sans aucun incident majeur à déplorer », a t-il souligné. Les acteurs du territoire ont également noté la bonne ambiance et le côté festif qui ont régné lors de cet événement.

 

Ophélie David était la marraine locale de la Coupe du monde féminine de football. © Samuel Ravier

Ophélie David était la marraine locale de la Coupe du monde féminine de football. © Samuel Ravier

 

Autre constat : la perception du football féminin, et plus généralement du sport féminin, a évolué positivement grâce à cette Coupe du monde.

 

L’ancienne championne iséroise de skicross Ophélie David, marraine de la compétition, est même allée plus loin, tenant un discours fort. « Je ne suis pas spécialement féministe mais j’ai envie de dire que cela fait du bien de voir des femmes épanouies, fortes, fières, joueuses et engagées être considérées, traitées normalement en fait. Au-delà du sport, cela inspire toute une population. Je pense que cela va aider certaines femmes à relever la tête, à se reconstruire et nous aider tous à vivre peut-être mieux encore ensemble. Hommes et femmes, nous sommes complémentaires. Quand l’une des deux parties est un peu bancale, c’est l’ensemble de la société qui l’est. Un événement comme celui-là redonne toute la dimension aux femmes et sera salutaire pour nous tous dans l’avenir. »

 

 

Des hôtels occupés jusqu’à 85 % durant la compétition

 

Pour le territoire métropolitain, ce Mondial féminin a eu des retombées directes même s’« il est peu tôt aujourd’hui pour en tirer des statistiques sur les impacts économiques et touristiques », a expliqué Marie-José Salat, vice-présidente de la Métropole chargée notamment du tourisme. Une étude d’impact, dont les résultats seront connus en décembre, permettra d’y voir plus clair. Malgré tout, des tendances se dégagent.

 

Danièle Chavant, présidente de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de l’Isère. © Laurent Genin

Danièle Chavant, présidente de l’Umih38. © Laurent Genin

Des secteurs comme l’hôtellerie ont ainsi clairement profité de la Coupe du monde. Pour preuve, le taux d’occupation des hôtels a été estimé entre 80 et 85 % durant la compétition, contre 50 % habituellement à cette période.

 

« Cet événement a pu réinscrire un peu Grenoble au tableau des grandes belles villes de France, s’est réjouie Danièle Chavant, présidente de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de l’Isère (Umih 38). Avec des pics à 85 % en juin, tout d’un coup les hôteliers ont dit :C’est vrai que c’est ça aussi le métier d’hôtelier : un taux de remplissage normal” »

 

Mais aussi des tarifs à la hauteur, sans exagération selon la présidente. « Ils ont pu à nouveau pratiquer leurs tarifs normaux parce qu’on est aussi la ville de France où le coût moyen de l’hôtellerie est le plus faible. Tout cela a redonné une fierté à cette profession. »

 

Les bars ont aussi bénéficié du Mondial, notamment lors des retransmissions de matchs. Du côté des commerçants, Christian Hoffmann, président de l’association grenobloise Label Ville, dresse également un bilan positif : « La première des retombées, c’est que nous avons oublié les travaux pendant un mois, a t-il lancé à l’adresse de Christophe Ferrari.

 

« Et il y a eu une vraie image positive de la Ville. Tous les commerçants ont joué le jeu et ont été d’accord là-dessus. Il s’est passé quelque chose de positif à Grenoble, qui va rester en héritage, qu’il va falloir certainement renouveler sur d’autres manifestations, sportives notamment. » C’est en tout cas la volonté affichée par Christophe Ferrari et Yannick Belle, vice-président de la Métropole délégué au sport.

 

 

« Notre territoire est de retour »

 

« Depuis les Jeux olympiques de 1968, c’était assez calme en termes d’accueil d’événements sportifs d’envergure internationale, en dehors de la Coupe Davis [en tennis, ndlr] en 1982. Notre territoire est de retour, a souligné Yannick Belle. Ce Mondial féminin a été une très belle manifestation mais ce n’est pas une fin en soi. C’est le début de quelque chose pour notre territoire. »

 

Un premier bilan du Mondial féminin a été effectué au stade des Alpes jeudi 4 juillet 2019. Les vice-présidents de la Métropole Yannick Belle et Marie-José Salat encadrent le président Christophe Ferrari. © Laurent Genin

Un premier bilan du Mondial féminin a été effectué au stade des Alpes jeudi 4 juillet 2019. Les vice-présidents de la Métropole Yannick Belle et Marie-José Salat encadrent le président Christophe Ferrari. © Laurent Genin

 

S’il sera impossible de satisfaire les hôteliers qui souhaiteraient qu’il y ait « un événement comme la Coupe du monde deux ou trois par an » pour ainsi « pouvoir recommencer à vivre », a rapporté Danièle Chavant de l’Umih 38, Yannick Belle a d’ores et déjà annoncé un autre événement positif. En l’occurrence, que le stade des Alpes accueillerait fin janvier-début février 2020 le match de rugby France-Angleterre comptant pour le Tournoi des Six Nations des moins de vingt ans masculins.

 

« Et, a-t-il conclu, nous sommes en train de regarder quelles compétions, notamment féminines, nous pourrions accueillir dans les prochains mois et les prochaines années. »

 

Laurent Genin

 

 

L’HÉRITAGE DU MONDIAL POUR LE SPORT LOCAL

 

Pour cette Coupe du monde féminine, des investissements ont été réalisés au stade des Alpes qui vont désormais profiter aux clubs résidents, le GF38 et le FCG. En l’occurrence, installation d’une pelouse hybride, 95 % naturelle, 5 % synthétique, plus résistante, rénovation des vestiaires et augmentation de 50 % de la capacité d’éclairage.

 

Les féminines du GF38 devraient disposer cette saison de leur propre terrain. © Laurent Genin

Les féminines du GF38 devraient disposer cette saison de leur propre terrain. © Laurent Genin

L’objectif est aussi que les footballeuses du GF38 disposent d’un terrain dans l’agglomération pour la saison à venir. La Métropole accompagne le club de football grenoblois. Une solution devrait trouvée d’ici quelques semaines. Autre enjeu : la création d’un centre d’entraînement dédiée à la Poterne, lieu occupé actuellement par la section masculine.

 

Parmi les autres héritages concrets liés à ce Mondial, le terrain de futsal, mis à disposition par la Fédération française de football et la Ligue de football amateur, au Village d’animation qui, malgré une météo très défavorable, a vu passer plus de 31 000 visiteurs, va rester dans une des communes de la Métropole.

 

 

Hausse attendue du nombre de licenciées

 

Les quatre villes de l’agglomération qui ont accueilli les entraînements des équipes, Gières, Saint-Martin-d’Hères, Échirolles et Sassenage, ont aussi profité de l’événement. « Elles ont reçu une enveloppe partagée entre la Métropole et le Loc [le comité d’organisation local, ndlr] pour des investissements complémentaires sur leur terrain à hauteur de 15 000 euros. Mais aussi une dotation [en équipements] pour leurs clubs de 8 000 euros et il y en aura a priori une autre des équipes de la Fifa et du Loc », précise Yannick Belle.

 

Cette Coupe du monde féminine a aussi suscité un fort engouement, notamment chez les jeunes filles. « Toutes ces petites filles qui ont vu ces grandes championnes se sont identifiées. Des petites graines ont été semées dans des têtes, elles vont germer et nous offrir, je pense, un avenir encore plus radieux », estime Ophélie David. Le cap des 200 000 licenciées dans l’Hexagone après ce Mondial, l’objectif de la Fédération française de football, devrait être atteint rapidement.

 

« J’ai le sentiment que nous irons bien au-delà de ce chiffre, pense Yannick Belle. Je m’attends à une explosion des inscriptions dans les clubs locaux à la rentrée. »  

 

LG

 

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Commentaires 6
  1. @Caro
    Ça se voit, Chère Madame, que vous n’avez pas l’habitude de raisonner en termes comptables. Parler de dépenses sans prendre en compte les recettes ??? Toutes les villes que vous avez cité s’en sortent avec un résultat positif; en d’autres mots elles gagnent plus qu’elles dépensent, sans compter le revenu des commerçants privés. Piolle a interdit le Tour de France à Grenoble par idéologie gauchiste et pas à cause des raisons d’économies ( je pourrais en passant citer le coût exorbitant de la fête de tuiles pour accueillir quelque 500 [modéré : propos injurieux])

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  2. En même temps, la décroissance, ce sera soit on la choisit, soit on la subit! Au-delà du simple taux de PIB, la notion de décroissance renvoit à une certaine sobriété en termes de consommation de ressources. C’est un concept.

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  3. Très drôle. L’auteur de l’article a soigneusement “oublié” le Tour de France, un événement majeur qui rapportait gros à Grenoble et au département , avant que Piolle ne le chasse pas de Grenoble. Sous prétexte de la décroissance économique, dont il est adepte- c’est pas une blague, il l’a dit et écrit !

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    • Un article très instructif sur le prix du Tour de France :
      « Pour les municipalités accueillant un départ, il convient de débourser environ 65 000 euros. Pour les villes qui organisent une arrivée d’étape, la somme s’élève à environ 110 000 euros. Enfin, la facture grimpe à 160 000 euros pour ceux qui souhaitent accueillir un départ et une arrivée …
      Les villes-étapes doivent également assurer l’implantation du village-départ, agglomérat de tentes et de stands où se retrouvent, avant le départ de chaque étape, coureurs, invités et suiveurs. À titre d’exemple, la ville de Mende, qui a accueilli l’an dernier l’arrivée de la 14e étape et le départ de la 15e, a dû dépenser 600 000 euros en deux jours. … »
      https://www.lepoint.fr/sport/tour-de-france-pour-les-villes-etapes-combien-ca-coute-04-07-2016-2051643_26.php
      Je ne sais pas si vous auriez été content que la ville dépense autant …

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      • En parlant de dépense, le stade des alpes c’est environ 3 millions de dépenses par an pour environ un peu plus de 1 millions de recettes ( hors cet évènement coupe du monde ) … on appelle ça un gros déficit .. la ville dépense déjà beaucoup pour rien

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        • complètement d’accord avec vous. Raser la moitié de Parc Mistral pour bâtir dans le centre ville cette monstruosité du stade !!! Et à qui on doit ce « plaisir visuel » et ce trou financier ? A M Destot (PS) et ses copains d’EELV, qui étaient en coalition avec le PS, donc au pouvoir ! J’espère qu’un jour une nouvelle municipalité aura le courage pour raser ce stade et refaire un parc pour les grenoblois

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