CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Notre-Dame Isère chaque jeudi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°149 du jeudi 10 septembre 2026, retour sur les difficultés rencontrées par les habitants du quartier Villeneuve, et comment les politiques s’en emparent.
« Aujourd’hui, nous allons parler de la Villeneuve. Ce grand quartier populaire de Grenoble fait actuellement l’objet de beaucoup d’attentions politiques. Notamment de la part des oppositions grenobloises, qu’il s’agisse des élus LFI ou de Réconcilier Grenoble. Avec toujours une même musique : la majorité municipale, celle de l’ancien maire Éric Piolle comme de la nouvelle maire Laurence Ruffin, ne s’intéresse pas aux quartiers.
Tout a commencé avec une série de vidéos réalisées par un partisan d’Alain Carignon et partagées par des élus Réconcilier Grenoble, durant le mois d’août 2026. Dans ces vidéos, l’internaute entendait dénoncer la situation de la place des Géants, où de nombreux appartements sont squattés par des familles en grande précarité, ce qui génère des tensions de voisinage extrêmement importantes.
LFI appelle à un plan d’urgence pour la Villeneuve
Il n’en fallait pas plus pour que le groupe LFI, qui se targue d’être la voix des quartiers défavorisés au sein du conseil municipal de Grenoble, emboîte le pas. Refusant de laisser le sujet aux élus du centre-droit, le chef de file des Insoumis Allan Brunon s’est entouré d’habitants du quartier pour appeler à la création d’un plan en faveur de la Villeneuve, décrite comme abandonnée par ses commerces, avec des habitants souffrant de l’insalubrité et parfois de l’insécurité ambiantes.
À cela, la Ville de Grenoble a répondu avec un certain mépris, qualifiant les postures de ses oppositions de « trumpisme permanent ». La municipalité a surtout pris soin de mettre en avant ses actions en faveur du quartier. Et en particulier un grand plan de rénovation urbaine qui réunit plusieurs partenaires institutionnels et représente pas moins de 380 millions d’euros. Bref, circulez, il n’y a rien à voir.
La parole d’un collectif d’habitantes
Mais des choses à voir, il y en a. Place Gre’net a été invité par un collectif d’habitantes de la place des Géants pour entendre leurs griefs et constater sur place l’importance qu’a prise le squat dans ce secteur et, au-delà, l’état général des immeubles et de la place elle-même.
Pour ces habitantes, qui expliquent subir des nuisances quotidiennes et ne se sentent plus en sécurité, le discours de la Ville est surréaliste. Et si elles se refusent à stigmatiser qui que ce soit, elles n’acceptent pas non plus qu’une précarité supplémentaire viennent se greffer, sans accompagnement digne de ce nom, à un quartier déjà en difficulté.
Il ressort de cet échange qu’à la Villeneuve la solidarité n’est pas un vain mot. Le quartier tire son énergie de ses habitants qui, générations après générations, se mobilisent les uns auprès des autres avec le sentiment, non seulement de ne pas être aidés mais surtout de ne pas être entendus ou reconnus.
C’est sans doute cela le plus déchirant, bien plus que des joutes politiques. Joutes dont on espère, au moins, qu’elles motiveront les décideurs, quels qu’ils soient, à mieux répondre à cette détresse bien réelle. »
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