Bibliothèques : la Ville rejette la votation du collectif mais organise une consultation

sep article

EN BREF – Après avoir refusé de porter la question du maintien des trois bibliothèques à la votation citoyenne, lors du conseil municipal du 10 juillet, le maire de Grenoble propose de consulter largement habitants et usagers en octobre. Une initiative qui, sans surprise, est loin de contenter le collectif Touchez pas à nos bibliothèques.

 

 

EricPiolleCorinneBernardConfBibliotheques23Janvier2017CreditSeverineCattiaux

Eric Piolle, maire de Grenoble et Corinne Bernard, adjointe aux Cultures. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Le maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle l’a annoncé lundi 10 juillet en fin de conseil municipal. La Ville réfute l’idée d’une votation citoyenne sur les questions du maintien des bibliothèques Prémol et Hauquelin, et de la réouverture d’Alliance sous sa forme initiale.

 

Le maire a expliqué sa décision. En somme, la Ville a opté pour la voie du compromis. A savoir poursuivre les deux projets de relais-lecture et celui de tiers-lieu pour Alliance, qu’elle a initiés puis construits dans une certaine mesure avec les habitants et le collectif Touchez pas à nos bibliothèques. Aussi louable pour les uns que puisse paraître cette décision empreinte de sagesse – dès lors que les anciennes bibliothèques n’existent déjà plus (hormis l’Alliance dont les travaux démarrent) – elle demeure, pour les autres, en particulier les membres du collectif, fortement contestable (cf. encadré).

 

 

Une large consultation en octobre

 

 

La Ville consultera les Grenoblois sur la mise en œuvre de ses relais lecture et du tiers lieu Alliance. Une consultation à défaut d'une votation citoyenne?

Pascal Clouaire, adjoint à la démocratie locale. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Alors, pour montrer sa réelle volonté d’associer les habitants – et au passage de couper l’herbe sous le pied au collectif qui ne veut pas déposer les armes – la Ville a habilement décidé de lancer « une consultation large des habitants et usagers » au mois d’octobre. Elle portera sur « la mise en œuvre des engagements contenus dans la délibération [sur le projets de relais lecture et de tiers lieu à Alliance, ndlr] qui sera présentée le 25 septembre« .

 

Et cette consultation permettra aussi de « recueillir l’avis des Grenoblois sur les modernisations du réseau de lecture publique ». La Ville souhaite ainsi que « la politique de lecture publique réponde au mieux à leurs besoins ». Pascal Clouaire, l’adjoint à la démocratie locale, assure que la Ville apportera plus d’éléments sur le contenu de cette consultation sous peu.

 

En attendant, un membre du collectif, réagissant au lancement de cette consultation, rétorque, pour le moins sceptique : « Avec un dispositif à la taille ad hoc, la Ville fera ce qu’elle veut des résultats […] La votation, même si elle n’était pas gagnée étant donné le seuil à atteindre, avait au moins le mérite d’être un procédé clair ! »

 

Séverine Cattiaux

 

 

POLÉMIQUE SUR LA LÉGITIMITÉ DU COLLECTIF 

 

Louis Cipri est peut-être le nouveau porte-parole du collectif Touchez pas à nos bibliothèques mais « il n’y a pas de nouveau collectif », martèle le collectif en question. « Nouveau collectif » est toutefois le terme qu’a bel et bien employé Pascal Clouaire, adjoint à la démocratie locale, lors de son intervention le lundi 10 juillet dernier.

 

Louis Cipri (lunettes autour du cou) nouveau porte-paroles du collectif Touchez pas à nos bibliothèques © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Louis Cipri (lunettes autour du cou) nouveau porte-parole du collectif Touchez pas à nos bibliothèques © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Pourquoi le collectif serait-il nouveau, comme l’affirme l’adjoint ? Du fait que quatre de ses « porte-parole » se sont désolidarisés de la majorité qui a décidé d’aller à la votation… Par suite, ce « nouveau collectif » n’aurait plus, ou bien moins, de légitimité en déduit l’adjoint à la démocratie locale. Une analyse qui a été vivement décriée par les oppositions, que ce soit Les Républicains, Ensemble à gauche, ou le Rassemblement de gauche et de progrès, lors du conseil municipal du lundi 10 juillet.

 

« Il faut arrêter d’avoir peur »

 

Les quatre démissionnaires n’ont pas claqué la porte, expliquent les membres du collectif toujours en place. Ils ont préféré saisir la main tendue de la Ville. C’est bien ce que confiait à Place Gre’net, l’une de ces porte-parole (qui n’avait pas encore démissionné) le jour de la fermeture de la bibliothèque de l’Alliance pour travaux.

 

Intervention du collectif Touchez pas à nos bibliothèques, au conseil municipal du lundi 22 mai, à la faveur du droit d'interpellation et de votation lancée par la Ville de Grenoble © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Deux membres sur les trois porte-parole de Touchez pas à nos bibliothèques intervenant au conseil municipal du lundi 22 mai, ont démissionné du collectif. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

« Je crois aux projets que propose la Ville, expliquait-elle. On a établi le dialogue. Il faut rester vigilant mais il faut arrêter d’avoir peur. » Sur le papier, il est vrai que les projets proposés par la Ville semblent fourmiller de détails et se présenter sous les meilleurs auspices. De quoi donc pourrait bien avoir peur le collectif ?

 

Voici ce qu’il  répondait encore ce jeudi 13 juillet lors d’un point presse estival : « Il n’y aura pas de personnel affecté pour les deux relais lectures, ce sont des bibliothécaires d’autres établissements qui viendront officier lors des temps dédiés. Les prêts ne seront pas possibles et, enfin, l’animation reposera beaucoup sur l’associatif, et donc les relais-lecture pourront disparaître à la première défaillance des associations. » Voilà pourquoi notamment le collectif avait décidé à la majorité de stopper net les pourparlers engagés avec la Ville, et d’aller à la votation… qui n’aura pas lieu.

 

commentez lire les commentaires
3105 visites | 10 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 10
  1. La démocratie locale participative est un jeu électoral pour notre Edile. Piolle a vendu ses voix avec des promesses…qu’il ne tient pas.

    Alors oui, il faut lire Caro et les sponsors pour comprendre le détail des subtilités reprochées au collectif qui sur le principe a réussi des soutiens en nombre, ce qui ne semble pour autant pas faire réagir le Maire. Hormis les derniers soutiens de Piolle, comment réagir à ce nouvel affront de la majorité écolo de Grenoble ?

    Le coût ? C’est tellement nouveau de tenir compte des réalités économiques chez les militants piollistes. Je m’en servirai à nouveau chère Caro.

    La déception autour de la fermeture des bibliothèque,s la méthode de l’époque, le mépris de ne pas écouter une pétition citoyenne, telle sont les pratiques d’une majorité incroyablement aveugle à toute contradiction. Il faut être d’accord avec elle, et uniquement être d’accord…belle approche collective.

    En quoi la démocratie s’exerce-t-elle avec cette municipalité ? J’espère sincérement qu’une opposition sincère naitra: Caro pour répondre à vos remarques, le jour où vous aurez une vraie opposition en face de vous, vous réaliserez que les promesses de votre Maire sont indignes d’une construction durable car les dénonciations externes seront alors fondées mais aussi brutales. Aujourd’hui, il bénéficie d’un boulevard avec moins de 40% de voix exprimées…

    sep article
  2. je croyais qu’il y avait une charte des commentaires qui, comme dans tout bon site, interdisait les attaques personnelles de mauvais goût (ou pas, d’ailleurs).
    Comment avez-vous validé le crachat de Jean Némarre ?
    décevant, et ne parlez pas de liberté de parole. Il s’agirait plutôt de liberté d’injurier

    sep article
    • PT

      20/07/2017
      16:34

      Bonjour Caro,
      Je ne suis pas la personne qui a approuvé ce commentaire, mais me permets toutefois de réagir. En effet, si celui-ci vous est destiné, son contenu, virulent mais non injurieux ou « illicite », ne justifie pas sa suppression. Libre à vous d’y répondre… ou pas.

      sep article
      • Je suis porte parole de la municipalité ? première nouvelle
        Comment qualifieriez-vous l’expression « justifications fallacieuses » qui m’est destinée ?
        fallacieux, d’après le wiktionnaire : qui est fondé sur un mensonge ou un faux – qui vise à tromper
        Le pauvre chou de Jean Némarre est affligé ? mais en quoi ce que j’ai écrit est un faux ou un mensonge ? il se garde bien de le dire !
        Bref, c’est nullissime, nuisible même à la « renommée » du site ou bien certains se frottent les mains en croyant tenir des commentaires éclairés ?

        sep article
        • PT

          20/07/2017
          19:04

          Vous semblez confondre modérer et approuver… Si nous approuvions tous les commentaires que nous publions, nous aurions du souci à nous faire pour notre santé mentale ! 😉
          Pour ce qui est de la « renommée » du site, elle se porte bien merci, justement parce que le débat est ouvert à tous, que ce soit dans les articles ou les commentaires.
          Bonne discussion de fond, donc, avec vos partisans ou détracteurs… Ce sera plus intéressant que cet échange.

          sep article
          • effectivement échange inintéressant entre quelqu’un qui qui est d’accord pour laisser passer des accusations injurieuses complètement infondées parce que pas étayées et quelqu’un qui demande une charte des commentaires pour éviter ce genre d’attaques personnelles.
            Vous n’avez pas de charte ? vous pourriez prendre modèle sur celle de Rue89 Lyon
            http://www.rue89lyon.fr/commentaires/
            vous comprendrez sans doute pourquoi je suis étonnée de la validation du commentaire de Jean Némarre. Vous avez bien une charte des blogueurs, pourquoi pas une des commentateurs, comme dans tout bon site qui se respecte ?
            Pour moi, j’arrête là.

            sep article
            • PT

              20/07/2017
              20:01

              Eu égard au ton de certains de vos commentaires passés, cette critique ne manque pas de sel ! Pour reprendre une phrase de Vidal-Naquet à propos de Chomsky : « peu sensible aux blessures qu’il inflige, très attentif aux égratignures qu’il lui faut supporter »…
              Bonne soirée, j’arrête là aussi !

              sep article
  3. Caro ou la porte parole de la municipalité qui légitime sempiternellement les choix du khmer vert en justifications fallacieuses…. Affligeant

    sep article
  4. Foutage gueule le plus total.

    La réalité c’est le système d’interpellation et de votation est parfaitement illégal, le Préfet a déféré et si Piolle s’amuse à organiser une votation, il se prendra un référé suspension dans les dents, et devra expliquer pourquoi alors que le GAM le dit depuis janvier 2016 et a même proposé des solutions qui elles étaient légales, la municipalité a continué à imposer un système de démocratie locale qu’elle savait totalement illégal, et sans aucune matérialité juridique.
    La démocratie locale à Grenoble est une vue de l’esprit, un truc virtuel, qui est dans les limbes: bref 100% de com’ parfaitement vide de substance.

    Rappel en image https://www.youtube.com/watch?v=22Hgfb_QSvg&t=821s

    sep article
  5. j’aimerais qu’on parle gros sous, hélas, le nerf de la guerre des livres, vu le budget déjà austère de la mairie et qui sera encore plus austère avec ce que prépare Macron et son staff.
    Combien pour réouvrir les bibliothèques, combien pour le compromis trouvé par la négociation ?
    Vous savez que Grenoble, malgré la fermeture des 3 bibliothèque, a 1 bibliothèque pour 14000 habitants et que des villes plus grandes, comme Nantes, en a 1 pour 30000 ?
    Il serait normal de prendre l’avis des usagers, après quelques mois de fonctionnement sur les nouvelles bases.
    Le texte de la pétition n’est plus au goût du jour puisque ce serait un retour en arrière et nier ce qui a été obtenu par les négociations.

    sep article