Grenoble : la fermeture de la bibliothèque Alliance n’aura pas lieu

sep article

Offres de locations exceptionnelles aux 2 Alpes

EN BREF – Eric Piolle a annoncé, ce vendredi 2 décembre, dans un communiqué de presse, que la Ville de Grenoble ne fermerait finalement pas la bibliothèque Alliance. L’information était tombée en vérité un peu plus tôt dans l’après-midi, à l’initiative des syndicats CFDT et CFTC de la Ville qui ont dévoilé la nouvelle. De quoi réjouir de nombreux habitants et usagers du Secteur 4 et, au delà, le collectif « Touchez pas à nos bibliothèques ! », les agents de la bibliothèque ainsi que les syndicats FO, CGT et Sud.

 

 

plandesauvegardeericpiollecreditseverinecattiaux-480x350

Eric Piolle, maire de Grenoble annonce ce ven­dredi 2 décembre 2016 qu’il ne fer­mera pas la biblio­thèque Alliance.

La biblio­thèque de quar­tier Alliance ne fer­mera pas. La nou­velle est tom­bée ce ven­dredi 2 décembre, contre toute attente.

 

« Les inquié­tudes por­tées par les usa­gers, les habi­tants et les agents ont été enten­dues : cette biblio­thèque [Alliance, ndlr] est l’un des pou­mons de cette par­tie de la ville. Elle y joue un rôle majeur comme lieu de lec­ture publique et d’accès à la culture, de proxi­mité, de par­tage et de lien social, fré­quenté par des per­sonnes de tous âges et de tous hori­zons », déclare dans un com­mu­ni­qué de presse, Eric Piolle, maire de Grenoble.

 

 

 

« La bibliothèque va évoluer sous une forme différente »

 

 

La Ville semble même, à pré­sent, comme pres­sée de tour­ner la page de cet épi­sode dou­lou­reux. Le com­mu­ni­qué annonce tam­bour bat­tant que « le maire a demandé aux ser­vices de tra­vailler sur un pro­jet de biblio­thèque adossé à un tiers-lieu, c’est-à-dire un pro­jet ouvert à d’autres usages et aux ini­tia­tives citoyennes ».

 

MobilisationContreFermetureBibliothèqueAlliance2CreditSeverine Cattiaux

Mobilisation contre la fer­me­ture de la biblio­thèque Alliance. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Bref, la biblio­thèque Alliance vient défi­ni­ti­ve­ment de sor­tir du plan d’é­co­no­mies de la Ville, d’un coup d’un seul… ou presque.

Pourquoi un tel revi­re­ment ? Les argu­ments de la CFDT et la CFTC auraient influencé la direc­tion géné­rale des ser­vices et les élus. Ces syn­di­cats affirment avoir réussi à convaincre le maire (lire enca­dré) par le dia­logue et avoir obtenu des avan­cées pour les agents : « Nous avons négo­cié que les biblio­thé­caires res­te­raient sur place. Il y aura de nou­velles négo­cia­tions par la suite. Des groupes de tra­vail vont plan­cher sur le sujet […] », affirme Marc Brouillet, syn­di­ca­liste à la CFDT, qui dif­fu­sait un peu plus tôt la nou­velle, ce ven­dredi 2 décembre. Et de lâcher aussi : « Les heures d’ou­ver­ture pour­raient tou­te­fois être amé­na­gées… La biblio­thèque va évo­luer sous une forme dif­fé­rente ». 

 

 

 

Quelles contreparties ?

 

 

Après les fer­me­tures de biblio­thèques Prémol et Hauquelin cette année, celle de la biblio­thèque de l’Alliance était pro­gram­mée pour le deuxième semestre 2017, confor­mé­ment au « plan de sau­ve­garde des ser­vices publics locaux ». Un pro­jet de fer­me­ture désor­mais enterré.

 

Le mur de livres édifié par les bibliothécaires. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Mur de livres édi­fié par les biblio­thé­caires en réac­tion aux fer­me­tures des biblio­thèques Prémol, Hauquelin et Alliance. Les deux pre­mières ont fermé. La troi­sième vient d’être sau­vée ce ven­dredi 2 décembre. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

L’obstination des oppo­sants a sans doute joué : péti­tions, inter­rup­tions et per­tur­ba­tions de conseils muni­ci­paux à coup de cas­se­roles, murs de livres sur le par­vis de la mai­rie, déam­bu­la­tion de cer­cueils… Sans comp­ter le col­lec­tif « Touchez pas à nos biblio­thèques ! », qui a décidé le 9 novembre der­nier, de s’emparer du dis­po­si­tif d’in­ter­pel­la­tion et de vota­tion citoyenne… Mais au final, ce sont les négo­cia­tions syn­di­cales qui auront eu rai­son de ce pro­jet.

 

La fameuse concer­ta­tion tant atten­due arrive, comme un cadeau, à trois semaines de Noël… « C’est un tra­vail de trans­for­ma­tion qui s’amorce et qui asso­ciera les agents, les usa­gers et les acteurs du quar­tier, pour construire ensemble un pro­jet pré­cur­seur du ser­vice public de demain pour la biblio­thèque de l’Alliance », déclare le maire de Grenoble. 

 

Reste à savoir, à pré­sent, dans quels domaines la muni­ci­pa­lité va choi­sir de faire les éco­no­mies pour com­pen­ser le main­tien de la biblio­thèque Alliance.

 

 

Séverine Cattiaux

 

 

La Ville sensible aux arguments des syndicats CFDT et CFTC ?

 

Maud Tavel adjointe déléguée au personnel et à la direction générale. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Maud Tavel, adjointe délé­guée au per­son­nel et à la direc­tion géné­rale qui a signé l’ac­cord de méthode avec la CFDT et la CFTC. © Florent Mathieu – Place Gre’net

D’après les toutes pre­mières décla­ra­tions don­nées par la CFDT en milieu d’a­près-midi, la Ville a été par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible aux argu­ments des deux syn­di­cats CFDT et CFTC « qui sont res­tés ouverts au dia­logue », tient à sou­li­gner Marc Brouillet. Et celui-ci de rap­pe­ler que cette vic­toire a été pos­sible parce que les deux syn­di­cats ont bien voulu signer un accord de méthode avec la Ville « à contra­rio des autres syn­di­cats [CGT, FO, Sud, ndlr] », tacle-t-il.« Nous étions contre le plan de sau­ve­garde de la Ville, mais nous sommes res­tés autour de la table, ce qui nous a per­mis d’a­van­cer », enfonce le clou Marc Brouillet.

 

 

 

 

MC2 - A la Vie
commentez lire les commentaires
7439 visites | 5 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 5
  1. « Mais d’a­bord qu’est-ce qu’un troi­sième lieu ? C’est un concept socio­lo­gique déve­lop­pée par Ray Oldenburg, au début des années 80 aux États-Unis. Selon lui la société est enva­hie par l’in­di­vi­dua­lisme, que sym­bo­lisent le recours aux trans­ports indi­vi­duels (les voi­tures) et les moyens de com­mu­ni­ca­tion déma­té­ria­li­sés. Les lieux de ren­contres et de col­lec­tifs qu’é­taient aupa­ra­vant les cafés, les asso­cia­tions spor­tives ou les églises sont moins pri­sés mais ils manquent à la société. D’où l’i­dée de les réin­ven­ter… et pour­quoi pas dans une biblio­thèque ? »
    La suite sur #FranceCulture : https://www.franceculture.fr/emissions/hashtag/la-mue-des-bibliotheques

    sep article
  2. Quis cus­to­diet ipsos cus­todes ? Traduction svp, dans le contexte ? Mon latin est car­ré­ment rouillé

    sep article
    • « Mais les gar­diens, eux, qui les gar­dera ? » Il s’a­git d’une cita­tion de Juvénal dési­gnant à l’o­ri­gine les citoyens romains char­gés de veiller sur les mai­sons en l’ab­sence des pater fami­lias et que l’au­teur accu­sait d’in­fi­dé­lité. Par exten­sion, cela ren­voie à la cor­rup­tion et aux men­songes des diri­geants de la cité.

      sep article
  3. « Les heures d’ouverture pour­raient tou­te­fois être amé­na­gées… La biblio­thèque va évo­luer sous une forme dif­fé­rente », « Il y aura de nou­velles négo­cia­tions par la suite. Des groupes de tra­vail vont plan­cher sur le sujet […] ». Tout est dit..
    Ils vont mettre aussi une bou­tique de jeans équi­tables et durables, for­ce­ment durables ?
    Là, il va fal­loir faire appel à un consul­tant pour aider à réflé­chir à tout ça. Au moins.
    Quis cus­to­diet ipsos cus­todes ?

    sep article
    • Mais non, voyons. On pourra trou­ver des liseuses pour lire au lit ou des lunettes pour pres­bytes pour qu’ils conti­nuent à lire. Bref que des pro­duits pour la lec­ture.

      sep article