CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique sur RCF épisode 115 du lundi 5 mai 2025, retour sur la culture à Grenoble, sujet très politique.
« Aujourd’hui, nous allons parler de la culture à Grenoble. Et sans surprise sous un angle plutôt politique. Après tout, culture et politique sont imbriquées depuis la nuit des temps. Il n’y a donc pas de raison que Grenoble fasse exception dans le domaine. Et ceci encore plus à l’approche des élections municipales.
Le sujet est récemment revenu sur Place Gre’net à l’occasion d’un entretien avec Yves Aupetitallot, ancien directeur du Cnac, le centre national d’art contemporain de Grenoble, également connu sous le nom du Magasin.
Cela fait bientôt dix ans que le directeur a quitté ses fonctions, sur fond de conflit avec le conseil d’administration. Et alors que son licenciement de 2015 a été définitivement jugé irrégulier pour cause de « harcèlement moral« , il nourrit toujours une rancune certaine contre la municipalité.
Des critiques sévères concernant la culture à Grenoble
Les critiques sont sévères. Yves Aupetitallot n’hésite pas à qualifier Grenoble de « champ de ruines culturel » et en tient la majorité municipale verte-rouge arrivée aux affaires en 2014 pour responsable.
Il faut dire que le maire Éric Piolle et son équipe avaient, dès le début, mis quelques coups de pied dans la fourmilière en matière de politique culturelle. Avec notamment le retrait de la subvention accordée aux Musiciens du Louvre, aux tournées jugées trop internationales. Mais aussi une certaine reprise en main des théâtres municipaux, avec en particulier le retrait du collectif Le Tricycle de la gestion du Théâtre 145 ou du Théâtre de Poche.
Conséquence de ce changement de cap : un certain agacement s’était exprimé dans les rangs des acteurs culturels grenoblois. Mais tout le monde n’avait pas à se plaindre : la Ville a, par exemple, beaucoup soutenu le street art, à travers le Street art festival. Il est vrai que, dans ses engagements de campagne, l’équipe municipale expliquait vouloir porter « une attention particulière aux formes artistiques et pratiques culturelles émergentes ».
Notons que les polémiques ne se sont pas éteintes avec le second mandat, en particulier après le retrait de la gestion du théâtre Prémol à la MJC du même nom, au profit cette fois des Arts du récit. Et que même pour le street art festival, les subventions ont nettement diminué en 2024.
La Ville affirme soutenir la liberté des artistes
L’opposition est également très critique. Dans le camp Carignon, la Ville de Grenoble est ainsi fréquemment accusée de mainmise sur la culture pour servir son idéologie.
La nomination de Sébastien Gokalp à la tête du Musée de Grenoble a, par exemple, hérissé le poil des pro-Carignon sur le site Grenoble le changement. Au motif que celui-ci vient directement du Musée national de l’histoire de l’immigration, les opposants considèrent qu’il est en phase avec les « thèses défendant l’ouverture des frontières et l’accueil inconditionnel » portées par la majorité municipale.
Lors de la présentation de la politique culturelle 2024-2026, Lucile Lheureux, adjointe aux Cultures de Grenoble, avait, de son côté, affirmé son « soutien inconditionnel à la liberté des artistes ». Tout en soulignant qu’il fallait « trouver le juste équilibre entre le respect des projets artistiques et l’affirmation claire de priorités politiques ». Et en invitant les acteurs culturels à signer la “charte des transitions” sur « les projets culturels, les créations et la programmation ». Avec une certaine culture… du paradoxe ? »
Retrouvez la chronique RCF 115 dans sa version radiophonique en cliquant sur le lecteur ci-dessous.
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Une réflexion sur « Chronique Place Gre’net – RCF : Culture à Grenoble : un sujet très politique »
Pour son 3ème mandat par procuration, Piolle a choisi Laurence Ruffin escortée de Lucille Lheureux.
Côté culture, ça donne ceci : « La politique culturelle vise à libérer les imaginaires des visions patriarcales, capitalistes… »
https://www.petit-bulletin.fr/grenoble/article-72132-Lucille+Lheureux+presente+son+projet+de+politique+culturelle+2022-2026.html