CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique sur RCF épisode 114 du lundi 14 avril 2025, retour sur l’école inclusive… et la grogne qui l’accompagne.
« Aujourd’hui, nous allons parler de l’école inclusive. Et de la grogne qui l’accompagne au sein des équipes éducatives comme des parents d’élèves. Une grogne qui s’est notamment exprimée lors d’un rassemblement au parc Jean-Verlhac de Grenoble, le jeudi 10 avril. Pas moins de quatorze écoles et deux collèges des quartiers populaires dénonçaient un manque de moyens qui empêche, selon eux, les enseignants d’accomplir correctement leurs missions.
Le sujet des enfants handicapés est souvent revenu dans les discours. La question des AESH s’est notamment posée. Les AESH, pour accompagnants d’enfants en situation de handicap, sont ces personnes qui assistent les enfants dans leur scolarité. Ce, que ce soit pour « les actes de la vie quotidienne », « l’accès aux activités d’apprentissage » ou « les activités de la vie sociale et relationnelle », comme l’indique le site du ministère de l’Éducation nationale. Autant dire que le programme est chargé.
Les revendications des AESH
Or, cela fait des années que les AESH manifestent pour réclamer des améliorations de leurs conditions de travail en matière d’effectifs, de rémunération, d’organisation du temps de travail, ou même de statut. Car, rappelons-le, les AESH ne font pas partie de la fonction publique.
Lors du rassemblement du jeudi 10 avril, une syndicaliste FSU a résumé en quelques mots les raisons de leur colère. « C’est devenu le deuxième métier de l’Éducation nationale mais ce ne sont pas des fonctionnaires. C’est un des métiers les plus précaires de notre société, alors qu’en [matière] d’utilité sociale c’est l’un des premiers. »
Et certains s’interrogent sur l’engagement réel de l’État. On l’aura compris, tout le monde réclame plus de moyens pour cette école inclusive alors que beaucoup d’enfants notifiés, c’est-à-dire susceptibles de bénéficier d’un accompagnement, se retrouvent finalement sans assistance, faute de personnels suffisants.
Une école inclusive qui manque de moyens?
En janvier 2024, le syndicat Force ouvrière a même appelé à manifester contre l’école inclusive. L’organisation ne conteste pas la scolarisation des enfants en situation de handicap, y compris en milieu ordinaire. Mais, dans la mesure où, selon elle, l’État n’y met pas les moyens et que les enseignants en payent le prix, elle considère que des dispositifs plus adaptés comme les classes Ulis, les Itep et les IME doivent être privilégiés. Or, ceux-ci ont plutôt tendance à fermer leurs portes. Pour Force ouvrière, l’école inclusive est ainsi en vérité surtout un prétexte pour faire des économies.
Les revendications sont-elles entendues? Une chose est sûre, et nous l’avons dit : elles s’expriment depuis de longues années et continuent de l’être. Il faut donc croire que les choses évoluent peu, voire pas du tout.
Du reste, toute la difficulté réside dans le fait que les équipes éducatives s’adressent au rectorat, lequel n’a qu’un pouvoir de décision limité et fait remonter les revendications au ministère. D’où une certaine frustration, une de plus, dont on nous fait régulièrement part.
Et soyons francs, il y a peu de chances que l’arrivée d’un nouveau recteur, Philippe Dulbecco, effective depuis le 26 mars, y change quoi que ce soit. On lui souhaite donc bien du courage ! »
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