CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif ? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique sur RCF épisode 111 du lundi 24 mars 2025, retour sur l’aménagement du secteur de l’Esplanade à Grenoble.
« Aujourd’hui, nous allons parler de l’Esplanade de Grenoble. Vous vous rappelez peut-être que nous avions consacré une chronique au RER métropolitain en expliquant que c’était un serpent de mer.
Enfilez vos scaphandres, en voici un deuxième : le projet d’aménagement de l’Esplanade à Grenoble. Autrement dit, cette grande zone à l’entrée de la ville, au niveau de la Porte de France, que beaucoup connaissent avant tout comme un grand parking gratuit. Ou comme le site qui accueille chaque année la Foire des Rameaux.
Un projet qui ne date pas d’hier
L’idée de réaménager le secteur ne date pas d’hier. La municipalité Destot avait mis sur pied un vaste projet, lequel avait été balayé avec l’arrivée des écologistes aux commandes de Grenoble en 2014.
C’est ensuite un second projet qui s’est construit, définitivement adopté en septembre 2019, soit quelques mois avant la fin du premier mandat d’Éric Piolle. Les travaux doivent maintenant débuter au printemps 2025, après la Foire des Rameaux. Ce à moins d’un an de la fin du second et dernier mandat du maire.
Pour résumer à grands traits, l’intention de la Ville est de transformer la Grande Esplanade en parc urbain. Tout en réduisant la vitesse à 20 kilomètres / heure sur le boulevard.
Autre ambition : « Transformer à terme la RN 481 en un véritable boulevard urbain, avec une vitesse limitée et de nouvelles traversées piétonnes ». Enfin, le projet comprend la création de 853 logements… et la suppression de près de 400 places de parking.
Mais le projet ne plaît pas à tout le monde.Et c’est à l’occasion de l’enquête publique, qui s’est conclue voici quelques jours, que les langues se sont particulièrement déliées.
La Ville voisine de Saint-Martin-le-Vinoux avait déjà dit tout le mal qu’elle pensait de ce réaménagement lors de son conseil municipal d’octobre 2024. Elle a, cette fois, appelé ses habitants à déposer leurs avis auprès de la commission d’enquête, et ceci avec un certain succès.
Les Saint-Martiniers, comme on les appelle, s’opposent notamment à la suppression des places de stationnement, en considérant que c’est sur leur commune que les automobilistes vont venir se garer.
Le Smmag hostile au projet d’aménagement
Quant au Smmag, l’autorité régulatrice des transports de la région grenobloise, il a émis un avis défavorable sur le projet, en considérant que les aménagements prévus allaient rendre très difficile l’accès à Grenoble pour les territoires alentours, en particulier le Grésivaudan.
Enfin, pour finir en beauté, une cinquantaine d’élus métropolitains, parmi lesquels beaucoup de maires, ont adressé un courrier au président de la Métropole pour lui demander de suspendre la participation de l’intercommunalité aux travaux.
Et les élus accusent Grenoble de la jouer solo. C’était en tout cas la tonalité des débats lors du conseil syndical du Smmag. Les élus de l’agglomération comme ceux du Voironnais ou du Grésivaudan, reprochent à Grenoble de ne pas prendre en compte les habitants des communes ou des territoires voisins qui ont, pour de nombreuses raisons, souvent besoin de se rendre à Grenoble.
Pour leur répondre, on s’attendait à entendre Margot Belair, adjointe à l’Urbanisme de Grenoble et élue au Smmag. Mais en raison de son absence, c’est l’Eybinois Pierre Bejjaji qui s’est chargé de défendre le projet, en déclarant notamment : « C’est comme si le maire de Champagnier venait nous donner des leçons sur les aménagements du cœur de bourg d’Eybens ». Une comparaison un peu hors-sol qui ne risque pas de convaincre. »
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