CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Notre-Dame Isère chaque jeudi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif ? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n° 153 du jeudi 8 octobre 2026, retour sur la manifestation lycéenne du mardi 6 octobre, marquée par un grand succès en matière d’affluence.
« Aujourd’hui, nous allons parler du mouvement des lycéens. Difficile en effet de passer à côté de celui-ci, tant il est présent dans l’actualité, qu’elle soit nationale ou locale. Ce mardi 6 octobre, s’est tenue à Grenoble une manifestation réunissant lycéens, enseignants, parents d’élèves, mais aussi nombre d’organisations syndicales professionnelles, sans oublier des mouvements politiques de gauche.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette manifestation a été un succès pour ses organisateurs. D’abord en ce qui concerne son affluence. Certes, le cortège n’a pas battu de records, mais il était tout de même imposant. La préfecture de l’Isère a évoqué le chiffre d’environ 5 000 manifestants, ce qui semble une estimation pour le moins sous-évaluée. Ils étaient en effet probablement le double à battre le pavé.
Pas de gros débordements observés
Ensuite, la manifestation n’a pas donné lieu à de gros débordements, même si la police nationale a relevé quelques dégradations autour du tribunal administratif. Alors que des actes de vandalisme avaient été commis en marge de manifestations précédentes, le mouvement suscitait en effet quelques appréhensions. Ce dont témoignaient les commerces aux vitrines protégées pour éviter des tentatives de pillage. Rien de tel, cette fois : aussi bruyant et exubérant fut-il, le rassemblement n’a pas réellement dégénéré.
Il faut dire que les syndicats avaient déployé un dispositif de sécurité bien plus visible que d’habitude, précisément pour prévenir tout dérapage. Mais aussi pour protéger les lycéens de possibles « représailles » de la part des forces de l’ordre. Ceci alors que des adolescents ont subi des blessures, parfois très graves, à l’occasion d’interventions policières un peu partout en France. Et qu’à Grenoble, les interpellations pour le moins musclées d’élèves du lycée Mounier ont suscité l’indignation et contribué à durcir les blocages des établissements isérois.
Le message des organisations syndicales est clair : les lycéens doivent avoir le droit de manifester librement, et en sécurité, sans subir ce qu’elles considèrent comme une répression policière. À leurs yeux, les dégradations ne proviennent par ailleurs pas du mouvement lycéen lui-même, mais de personnes extérieures qui se greffent dessus.
Une hostilité vis-à-vis des forces de l’ordre
Sans surprise, au regard des événements qui ont pu se dérouler depuis plus d’une semaine, la tonalité de la manifestation était marquée par un profond sentiment d’hostilité envers les forces de l’ordre. Des slogans comme « tout le monde déteste la police », certes habituels dans les rassemblements de jeunesse, étaient particulièrement mis en avant dans le cortège. Et accompagnés de nombreuses pancartes dénonçant des violences policières.
Au-delà de la question des lycées et de l’Éducation nationale, la manifestation avait, de toute manière, un caractère protéiforme. S’y mélangeaient des drapeaux palestiniens, des slogans anticapitalistes ou anarchistes, des appels à la révolution… et surtout, à travers plusieurs messages, une angoisse réelle face à l’avenir. Ce qui, hélas, en dit sans doute long sur l’état de notre monde. »
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