TRIBUNE LIBRE – Le collectif Grenoble à cœur, pourfendeur de la politique menée durant les deux mandats du maire Éric Piolle, réagit à l’élection de Laurence Ruffin. Pour le collectif, la victoire de la candidate de la majorité grenobloise sortante représente le lancement de la « saison 3 » du mandat Piolle. L’occasion, pour lui, de dresser à nouveau un bilan sévère des douze années écoulées.
Bien-fondé de la continuité, sans analyse préalable du bilan?
Laurence Ruffin aura donc dissimulé pendant toute la campagne électorale ce qu’Éric Piolle a cyniquement fini par déballer dans Le Dauphiné libéré: « Je la connais quand même depuis douze ans » et « j’étais en deuxième rideau » (de marionnettiste comme l’a évoqué Marine Tondelier? Et surtout que, en faisant fi de la probité et de la sincérité dues aux Grenoblois, « l’idée c’était de laisser le bilan de côté »!
Alors, sans jamais avoir fait l’analyse factuelle et critique du bilan afin de discerner les bons et les mauvais résultats, quel bien-fondé a la continuité? Aucun, et cela d’autant plus que les Grenoblois ont très clairement manifesté à 68 % dans un sondage Ipsos qu’il « vaut mieux changer en profondeur l’action municipale ».
Un sondage dont les élections ont prouvé qu’il dit la vérité. En effet, pour le choix inverse qui est celui de la continuité, il s’avère que les 30 % de réponses « il vaut mieux continuer » ont correctement prédit les 26 % de votes1Le nombre d’électeurs a été de 13 810 sur 52 445 au premier tour, celui où ils marquent leur adhésion. (soit une personne sur quatre) qui sont allés au projet de Oui Grenoble.
Légitimité de la continuité, alors que le projet de Réconcilier Grenoble l’a emporté dans les urnes?
Au premier tour, celui où on exprime son adhésion, les électeurs ont donné la plus haute marche du podium au projet de Réconcilier Grenoble, au grand désarroi de Laurence Ruffin qui aurait pourtant facilement pu le prévoir si elle n’avait pas fermé les yeux sur le dramatique bilan de son proche ami Éric Piolle! Le deuxième tour n’y a rien changé (voir en annexe).

Légitimité de la continuité, le projet Réconcilier Grenoble l’ayant emporté dans les urnes ? (source IA)
Grenoble à Cœur observera l’impact de la “saison 3”
Comment la “saison 3” du pouvoir installé depuis 2014 impactera-t-elle notre ville? Grenoble à Cœur se met en observateur des points et indicateurs qui suivent:
Le classement en grande « ville où il fait bon vivre »
Sans fuir le bilan, il aurait été impossible de vendre l’illusion qu’un projet de continuité avec Éric Piolle puisse donner une « ville où on vit bien ». Car, en réalité, Laurence Ruffin n’a plus qu’à descendre de deux places pour devenir dernière au classement des « villes où il fait bon vivre ». En effet, parmi celles de plus de 100 000 habitants, Grenoble est tombée à la 38e place sur 40 au palmarès 2026! Viennent ensuite Amiens, sa ville et celle dont son frère François Ruffin est député (!), puis Saint-Denis… dans le département le plus pauvre de France.
Ce classement est effectué chaque année par une association indépendante, sur la base de 197 critères provenant tous de sources officielles.
Les classements concernant la sécurité
Comparé au meilleur, le pire a pour avantage d’être sans limites … Même s’il est déjà là à Grenoble et que toute la France le sait, même si les derniers événements l’ont confirmé (en une semaine: un mort à Villeneuve, un autre au centre-ville plus une passante malchanceuse touchée par l’une des balles, un mort à Hoche plus un blessé par coup de couteau dans la gorge), il ne sera pas simple pour Laurence Ruffin de dépasser le score d’Éric Piolle en matière de montées de la délinquance et de la violence.
Car sous sa gouvernance la ville est devenue la deuxième la plus dangereuse de France en 2025 selon ce classement, et même la première d’après celui-ci2« Grenoble, lanterne rouge des 119 plus grandes villes françaises ». (tous deux étant basés sur les statistiques publiques officielles), et il y en a d’autres.
Le taux de vacance commerciale
En seulement dix ans, Grenoble est tombée dramatiquement bas, et cela bien que partant pourtant de très haut! En effet, juste avant la fermeture d’Agutte-Sembat, en 2016 le centre-ville était le 4e le plus dynamique de France et la vacance commerciale était alors de 6 %. Mais elle avoisine aujourd’hui les 15 %!
Et ça continue sans doute d’augmenter. C’est effrayant, non seulement car c’est très au-dessus du « niveau rouge d’alerte »3Comme l’a dit la Métro lors de la fermeture d’Agutte-Sembat. de 10 %, mais aussi car ça déclasse Grenoble dans la catégorie des petites communes de 30 000 habitants (exemple Bourgoin-Jallieu: 14 % en 2024 et 12,9 % en 2025)!
Alors que « l’activité commerciale s’effondre », selon les mots de l’association commerciale Grenette Village, Laurence Ruffin a deux options devant elle: viser la ville sinistrée et les 20 % (ce qui est facile à faire et peut venir vite, notamment en fermant l’accès au centre-ville par le cours Berriat) ou la voie de l’amélioration, comme les quatre villes sur dix qui ont progressé en France pendant que Grenoble dégringolait.
La santé des Grenoblois
Nous observerons ce que seront les réponses à ces trois questions:
Grenoble n’a plus que 6,1 médecins pour 10 000 habitants4Contre 8,7 au niveau national et 9,4 en Isère. et il y a lieu d’être très inquiet concernant l’évolution de ce chiffre, au vu de l’attractivité de notre ville. Fait-elle encore partie de celles où les médecins, très demandés partout en France, ont envie de venir investir pour exercer et s’installer avec leur famille?
Concernant la santé pulmonaire, le gros et premier problème de Grenoble et de son agglomération va-t-il continuer d’être traité avec une grande légèreté dont les responsables sont coupables? En effet, alors qu’avec l’électrification les progrès sont là pour les voitures, ils brillent par leur quasi absence pour la réduction du niveau de la pollution de loin la plus massive et la plus nocive, celle du chauffage au bois.
Pour la plus précieuse des santés, celle des enfants, l’urbanisme de Laurence Ruffin sera-t-il de continuer à concentrer le trafic automobile et sa pollution aux portes des écoles, comme Éric Piolle l’a fait au centre-ville5Sept écoles sont ainsi sur-polluées, avec 4 000 enfants impactés !et prévu rue Nicolas-Chorier6Ce qui impacterait 800 enfants si la partie centrale du cours Berriat est mise en sens unique.?
Les données relatives à l’attractivité de Grenoble
Tous les points précédemment cités participent de l’attractivité d’une ville mais il y en a d’autres, parmi lesquels nous observerons aussi ceux-ci:
D’abord le plan de circulation, conçu à Grenoble pour être aberrant alors que c’est un élément essentiel d’attractivité. Une étude de l’Institut Flashs l’a encore rappelé en ces termes: « Les contraintes de circulation menacent l’attractivité des centres-villes » car elles provoquent une « désertification venue de l’extérieur » à cause de leur « effet repoussoir sur les populations périphériques, vitales pour le commerce local ».
Mais aussi:
Le coût des impôts locaux, qui ont augmenté de 79 % en cinq ans.
Le nombre d’habitants qui quittent la ville, alors que le département en gagne.
Le niveau de logements vides, en croissance record et déjà d’un sur huit à Grenoble.
L’évolution de l’immobilier, où Grenoble est avant-dernière des 50 plus grandes villes7Pour la valorisation sur dix ans (étude de Se Loger, leader des sites spécialisés sur l’immobilier)..
Le comportement des investisseurs, après la fuite de ceux qui devaient réhabiliter la Poste Chavant et la Cité de l’Abbaye.
Et enfin: l’hyper prolifération des tags, au sujet desquels l’institut Terram a écrit qu’ils sont « omniprésents sur les murs de la ville et le mobilier urbain » à Grenoble, où « le sale appelle le sale » au lieu que « le propre appelle le propre ». Terram a aussi alerté sur le fait que « la propreté devient un indicateur précoce de désengagement civique, parfois annonciateur de tensions plus larges autour de la sécurité, de la tranquillité publique ou du vivre-ensemble ».
Les indicateurs que nous laisserons de côté
Nous ne ferons pas le suivi des chiffres introuvables, notamment:
De combien Grenoble Capitale verte a fait avancer le Schmilblick.
Le nombre de « grand splash » dans l’eau chargée de l’Isère.
Le nombre de commerces de nouveau florissants grâce à « des couleurs sur le sol comme à Championnet »8Laurence Ruffin, dimanche en politique du 9 décembre 2025..
La quantité de saisies opérées par la « brigade de réquisitions » parmi les logements vides squattés par les dealers9Au nombre de 24 sur 64 dans cet exemple à Mistral.
La valeur de x dans le soutien à 99,x % de l’ADTC envers la mairie qui les subventionne et leur donne des postes.
Le niveau d’utilisation du vélo par conditions défavorables (nuit, pluie ou neige, vent, grand froid, forte chaleur, pollution).
Pourquoi le projet de Réconcilier Grenoble l’a emporté dans les urnes
Non seulement il n’a plus du tout été question du projet de Oui Grenoble après que celui de Réconcilier Grenoble l’a emporté au premier tour, mais le second tour a été le théâtre d’une stupéfiante manipulation qui a bafoué le principe même de l’élection démocratique et sincère. Un truquage dont le faux se voit directement dans le résultat, où 7 650 = 22 297107 650 votes LFI et 22 297 Réconcilier Grenoble.…
En effet, dans la nouvelle arithmétique déviante à la Oui Grenoble, le nombre d’élus d’opposition est le même dans les deux cas1113 élus par groupe, donc 3 élus (resp 1) pour 1 700 Grenoblois ayant voté LFI (resp Réconcilier Grenoble)., ce qui enfreint l’Égalité, deuxième principe fondateur de notre devise nationale!!!
Pourquoi de telles absurdités? Car, si ce biais12Qui est aussi confirmé par le nombre de votes: sans les 7 650 voies de ses opposants de LFI, Oui Grenoble (21 421 votes) est en-dessous de Réconcilier Grenoble (22 297 votes). a permis à Laurence Ruffin d’arriver en tête au second tour, elle l’a été non pas pour le programme de Oui Grenoble mais parce qu’elle a acheté le retrait de ses opposants. La combine a été de rétribuer les membres de LFI par de bonnes places sur la liste électorale de son programme pour Grenoble … alors qu’ils le rejettent!
Avec en prime, et jusqu’à l’inscrire dans son communiqué: l’utilisation de la haine, fortement attisée à l’encontre de la tête de liste de Réconcilier Grenoble, ainsi que le mépris envers les 10 % d’électeurs (à trois voix près) de Place Publique. Conclusion?
Rappel : Les tribunes publiées sur Place Gre’net ont pour vocation de nourrir le débat et de contribuer à un échange constructif entre citoyens d’opinions diverses. Les propos tenus dans ce cadre ne reflètent en aucune mesure les opinions des journalistes ou de la rédaction et n’engagent que leur auteur.
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6 réflexions sur « Tribune libre de Grenoble à cœur : « Oui Grenoble dégringole, et pour la “saison 3“? » »
C’est donc non et non, un double non à Laurence Ruffin.
Non des Grenoblois à son projet de continuité avec E. Piolle, comme décrit dans cette tribune.
Non de la Métropole à la répétition de la stupéfiante manipulation électorale par laquelle elle a été élue maire en achetant Allan Brunon.
https://www.placegrenet.fr/2026/04/30/guillaume-lissy-elu-president-de-la-metropole-de-grenoble-un-compromis-territorial-pour-eviter-la-paralysie/678699
Ah, revoilà la tribune de Grenoble à Coeur sur Place Grenet. Comme tous les 6 mois depuis 2016, on a le droit à cette petite pépite qui vient nous expliquer que tous les problèmes du monde sont liés à la transformation du centre-ville au profit des piétons, cyclistes et TC. Heureusement qu’il leur reste ce journal pour exister !
Le fond, on commence à le connaitre, même si cette fois-ci ça va plus loin en remettant en cause le résultat des élections à la manière d’un président blond outre-atlantique bien connu.
Mais surtout… quel forme, pitié ! des images IA pitoyables, des emoji ridicules, des phrases qui ne veulent rien dire. Sans déconner, ils l’ont écrite avec quoi ?
En fait, ce qui dégringole, c’est surtout le niveau de qualité rédactionnelle des mauvais perdants de Grenoble à Coeur !
Ce qui dégringole c’est la fusion….
Si Grenoble en est là, ce n’est jamais que la conséquence de politiques menées depuis des dizaines d’années…
Carignon à débuté la ghettoisation par rejet des classes populaires, Destot et le PS l’ont poursuivie pensant peut-être se constituer un vivier d’électeurs ad vitam aeternam… tout en méprisant le « petit peuple »…
Leur point commun : le clientélisme, l’appropriation de la chose publique à des fins privées, et j’en passe… Et je ne parle même pas des politiques au niveau national…
Les quartiers dont on parle régulièrement sont très utiles aux politiciens, cela leur permet de brasser de gros budgets (réhabilitations, politique de la ville, etc..
), de distribuer de la subvention (pour fidéliser ?) et quand il s’agit de rendre des comptes, il n’y a personne…
Quant aux « journalistes » ou « bien pensants » que l’on contacte pour dénoncer les abus de ces politiciens preuves à l’appui, on ne les attend même plus…tellement ils sont désespérants…
Ce sont eux les responsables de la montée des extrêmes (gauche ou droite). Qu’ils cessent donc de se lamenter. Le « petit peuple » est le premier parti de France, celui de l’abstention. Il a fait le choix de ne pas compter sur ses empoisonneur s pour leur fournir l’antidote…
Nous restons pour notre part à votre disposition si vous avez connaissance d’abus.
Je ne comprends pas qu’on puisse se présenter devant les électeurs et se faire élire comme l’a fait Laurence Ruffin en représentant à fois une politique et l’opposition à cette politique.
Je pense que c’est une fraude, au moins du point de vue moral et déontologique. Et même plus ?