CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Notre-Dame Isère chaque jeudi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif ? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n° 154 du jeudi 15 octobre 2026, nous sommes revenus sur la tournure politique que prend l’affaire Guizmaths à Grenoble.
« Aujourd’hui, nous allons parler d’un influenceur grenoblois appelé Guizmaths mais du nom de Mehdi Ben Fredj. L’internaute est d’ailleurs tout autant actif sous une identité que sous une autre. Du moins était-ce le cas jusqu’à ce que ses comptes soient supprimés, après que le Dauphiné libéré a révélé, le 10 octobre 2026, que l’internaute allait comparaître devant la cour criminelle pour des accusations de viols sur mineur.
Un homme a en effet déposé plainte en 2019, accusant monsieur Ben Fredj d’avoir abusé sexuellement de lui en 2003, alors qu’il n’avait que 13 ans, contre 21 pour son agresseur présumé. Des faits qui se seraient déroulés durant des cours particuliers de mathématiques, domaine de prédilection de l’influenceur.
Pour l’heure, évidemment, Mehdi Ben Fredj est présumé innocent. Notons d’ailleurs qu’il a initialement bénéficié d’un non-lieu, avant que la chambre d’appel n’en décide autrement. Une décision confirmée en cassation. Reste que la nature des accusations rend le personnage difficilement fréquentable à l’heure actuelle. Et c’est ici que l’affaire prend une dimension politique.
Allan Brunon attaque Clément Chappet autour de l’affaire Guizmaths
Les principales interventions de Guizmaths sur les réseaux sociaux consistent, en effet, à critiquer la politique de l’ancien maire de Grenoble Éric Piolle, et aujourd’hui de Laurence Ruffin. L’influenceur dénonce des situations d’insalubrité dans la ville ou relaie la parole d’habitants et de commerçants mécontents. Il a également beaucoup œuvré en faveur du candidat Alain Carignon durant la campagne des municipales.
Le chef de file des Insoumis grenoblois, Allan Brunon, n’a dès lors pas manqué de rappeler la proximité de Guizmaths avec Clément Chappet, président du groupe d’opposition de droite Réconcilier Grenoble. L’élu LFI accuse son adversaire d’avoir continué à partager des contenus de l’influenceur, ou même d’apparaître dans ses vidéos, alors que son entourage était, prétendument, informé des accusations.
Allan Brunon demande la démission pure et simple du conseiller municipal. L’élu LFI n’avait visiblement pas l’intention de rater cette occasion, étant lui-même la cible fréquente de critiques virulentes de la part de Réconcilier Grenoble.
L’heure est au contre-feu
Et l’heure est déjà au contre-feu. D’abord, Clément Chappet a annoncé porter plainte contre Allan Brunon pour diffamation publique, non en lien avec l’affaire Guizmaths mais pour des propos tenus lors du dernier conseil municipal. Ensuite, le groupe Facebook Saccage Grenoble, proche de l’opposition de droite, a publié, mercredi 14 octobre, la preuve qu’Allan Brunon avait déjeuné avec Mehdi Ben Fredj. Ceci… il y a plus d’un an, le 6 octobre 2025.
Bref, autour d’une affaire qui n’est pas encore jugée, et qui implique tout de même une potentielle victime ainsi que l’avenir judiciaire d’un homme, deux camps optent pour la stratégie du déshonneur par association, et jouent à qui trouvera l’élément le plus compromettant. De quoi en dire long sur l’ambiance, et l’état, du débat politique aujourd’hui à Grenoble. »
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