EN BREF – La Confédération paysanne de l’Isère a déposé les dossiers de cinq éleveurs à la préfecture de l’Isère, ce 10 décembre 2024. L’objectif ? Demander leur indemnisation quant aux pertes subies en raison de la fièvre catarrhale ovine (FCO). Mais le syndicat en a aussi et surtout profité pour déposer un recours contre ce qu’il estime être une inaction de l’État face à cette crise sanitaire.
« Depuis cet été, plus de 20 000 élevages ont été infectés par la fièvre catarrhale ovine (FCO) en France, dont plus de 13 000 par le nouveau variant du sérotype 8 », explique la Confédération paysanne de l’Isère. Ce 10 décembre 2024, une dizaine de ses membres s’est rendue à la préfecture de l’Isère pour déposer le dossier de cinq éleveurs durement touchés par la FCO, qui effectuent des demandes d’indemnisation. Mais l’objectif de la Confédération paysanne était avant tout de déposer un recours contre l’État.

Vincent Gilbert, de la Confédération paysanne de l’Isère, fait partie des éleveurs ovins que la FCO n’a pas épargnés. © Morgane Poulet – Place Gre’net
« Nous sommes quatre départements en France à déposer un recours à l’amiable contre l’État, explique Vincent Gilbert, éleveur ovin. Nous souhaitons ainsi que toutes les exploitations touchées par la FCO soient indemnisées correctement. »
Des indemnisations jugées insuffisantes
« La FCO a muté avec le sérotype 8 et a provoqué d’énormes dégâts, particulièrement dans les troupeaux ovins, ajoute l’éleveur. Or, les indemnisations ne sont pas assez importantes. Nous sommes donc là pour mettre la pression au gouvernement. »

A gauche, Florian Kieny, de la Confédération paysanne de l’Isère. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Florian Kieny, éleveur de brebis à Nantes-en-Rattier, précise que les indemnisations visent à couvrir uniquement « les bêtes mortes, pas les pertes liées à l’absence de production de lait, par exemple ». L’agriculteur estime tout de même avoir eu de la chance dans son malheur. En effet, il a essuyé 30 pertes sur 50 têtes… restées à la ferme, le plus gros du troupeau étant monté en alpage.
« Les mères en alpage ont ainsi pu éviter la FCO et j’ai eu le temps de les faire vacciner avant qu’elles ne redescendent, explique-t-il. Mais nous avons tous vécu des moments très durs. Nous sommes faits pour élever des animaux, les faire vivre pour nourrir la population. Pas pour ramasser des cadavres. »

Une dizaine de membres de la Confédération paysanne de l’Isère s’est rendue à la préfecture de l’Isère pour déposer cinq dossiers de demande d’indemnisation et pour déposer un recours contre l’Etat. © Morgane Poulet – Place Gre’net
Concrètement, le barème en vigueur ouvre droit à une indemnisation pour les décès de mâles reproducteurs et de femelles, mais pas d’agneaux. Or, « ce sont les agneaux qui nous permettent de renouveler les troupeaux. Il serait normal que l’État les prenne en compte », ajoute encore Maud Charat, éleveuse en bovins. Ils espèrent ainsi qu’avec leur recours, l’État accèdera à leurs revendications.


