"Mime in motion", œuvre d'Anthony Lister réalisée sur le gymnase Hoche à Grenoble en 2016. DR

Éric Piolle inter­pellé au sujet de l’ex­po­si­tion de l’ar­tiste Anthony Lister soup­çonné de viol par la jus­tice australienne

Éric Piolle inter­pellé au sujet de l’ex­po­si­tion de l’ar­tiste Anthony Lister soup­çonné de viol par la jus­tice australienne

FLASH INFO – La conseillère muni­ci­pale d’op­po­si­tion Brigitte Boer inter­pelle le maire de Grenoble Éric Piolle au sujet de l’ex­po­si­tion d’Anthony Lister pro­gram­mée par le centre d’art Spacejunk.1Exposition en attente de vali­da­tion après deux autres expo­si­tions à Lyon et à Bayonne Le célèbre artiste de rue aus­tra­lien est en effet accusé du viol2Article en langue anglaise de quatre femmes en 2020 par la jus­tice australienne.

Dans ce contexte, « Anthony Lister peut-il expo­ser à Grenoble ? », inter­roge la conseillère muni­ci­pale du groupe Société civile, divers droite et centre (SCDDC). « Sa pré­sence à Grenoble serait éton­nante quand on se sou­vient de la réac­tion indi­gnée d’Eric Piolle lors de la nomi­na­tion de Gérald Darmanin comme ministre de l’Intérieur alors qu’il subis­sait la même accu­sa­tion démen­tie par la jus­tice », s’in­digne l’é­lue par voie de communiqué.

Accusé de viols, Anthony Lister exposera-t-il à Grenoble ? Brigitte BOER

Brigitte Boer © Corentin Bemol – Place Gre’net

« J’ai noté son silence quand il [s’agissait] de son ami Juan Branco mis en exa­men, lui, pour le même motif ou encore de Nicolas Hulot3Le jour de l’ou­ver­ture d’une enquête pré­li­mi­naire sur les viols et agres­sions sexuelles qu’au­rait com­mis Nicolas Hulot, Éric Piolle s’est exprimé via son compte Twitter, cer­tains inter­pré­tant ses pro­pos comme une volte-face. « Les témoi­gnages de vio­lences, à l’en­contre de #NicolasHulot sont forts. Précis. Nombreux. Merci aux vic­times d’o­ser par­ler. La libé­ra­tion de la parole est essen­tielle, elle pro­tège des futures vic­times, mais elle n’est pas suf­fi­sante : les règles doivent chan­ger », a‑t-il notam­ment posté. À noter que l’af­faire évo­quée par Brigitte Boer qui a éclaté en 2018 alors que Nicolas Hulot était ministre a été clas­sée sans suite par la jus­tice pour cause de pres­crip­tion, sou­ligne par ailleurs Brigitte Boer. Pour cette der­nière, la situa­tion que crée­rait cette expo­si­tion peut à tout le moins inter­ro­ger « à l’heure où Eric Piolle inter­pelle le pré­sident de la République concer­nant les vio­lences sexistes et sexuelles ».

Le fon­da­teur du centre d’art Spacejunk se tient « à dis­po­si­tion des élus de l’opposition »

« Pour ma part, pour­suit Brigitte Boer, la lutte contre les vio­lences faites aux femmes ne cor­res­pond pas à un posi­tion­ne­ment média­tique et cir­cons­tan­ciel. Il est de convic­tion. » Concernant le centre d’art Spacejunk, l’é­lue rap­pelle en outre que « l’as­so­cia­tion s’est vue lar­ge­ment sub­ven­tion­née lors du der­nier conseil muni­ci­pal ».

Occasion dont s’é­tait emparé Alain Carignon, pré­sident du groupe SCDDC, pour sug­gé­rer « que la muni­ci­pa­lité diver­si­fie son aide entre plu­sieurs asso­cia­tions ». Ne serait-ce, avait-il argu­menté, « que pour per­mettre l’éclosion de tous les talents et d’éviter toute dérive ». Pour Brigitte Boer, la cause est enten­due, « l’habitude d’Eric Piolle de ne jamais écou­ter les autres pose déci­dé­ment de plus en plus de pro­blèmes à la ville ».

Contacté par Place Gre’net, le centre d’art s’est contenté pour sa part d’in­di­quer dans un pre­mier temps « [qu’il ferait] un com­mu­ni­qué offi­ciel très bien­tôt ». Ce avant que Jérôme Catz, fon­da­teur de Spacejunk, ne confirme par mail ce mardi 30 novembre, qu’il « se tenait à dis­po­si­tion des élus de l’opposition pour échan­ger avec eux » sur cette expo­si­tion d’Anthony Lister.

Joël Kermabon

Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire aussi sur Place Gre'net

Environ 1 200 personnes ont participé à une marche aux flambeaux à Grenoble à l'occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. © Joël Kermabon - Place Gre'net
Grenoble : plus d’un mil­lier de mani­fes­tants pour la Journée inter­na­tio­nale contre les vio­lences faites aux femmes

REPORTAGE VIDÉO - Plus d'un millier de personnes ont défilé aux flambeaux ce jeudi 25 novembre 2021 à Grenoble, à l'occasion de la Journée internationale Lire plus

Éric Vaillant, procureur de la République de Grenoble a signé une convention de partenariat sur les signalements d’agressions sexistes ou sexuelles le monde étudiant avec l’Université Grenoble-Alpes, Grenoble École de management, la DDSP de l'Isère et d’autres établissements d'enseignement supérieur. © Joël Kermabon - Place Gre'net
Étudiants vic­times de vio­lences sexuelles et sexistes : une conven­tion signée entre le par­quet de Grenoble et plu­sieurs établissements

FOCUS - Le parquet de Grenoble et plusieurs établissements d'enseignement supérieur grenoblois ont signé, ce 15 octobre 2021, une convention régissant la prise en charge Lire plus

Parti de Bruxelles, le mouvement "Balance ton bar" a atteint Grenoble où un compte Instagram publie les témoignages anonymes de femmes victimes de violences sexuelles et sexistes dans des bars et discothèques de l'agglomération grenobloise. © Shutterstock
Violences sexuelles : ce que « Balance ton bar Grenoble » va chan­ger dans les cafés, clubs et discothèques

ENQUÊTE - Lancé à Bruxelles à la mi-octobre 2021, le mouvement "Balance ton bar" a vite essaimé dans toute la France, comme à Grenoble où Lire plus

A Sciences Po, des étudiants creusent le filon du soutien scolaire. Profitant de la notoriété de l'école et à grand coup de marketing.
L’association En tout genre pointe les « failles » du dis­cours de l’IEP de Grenoble sur les vio­lences sexuelles

  FLASH INFO — "Par toutes ces failles dans votre discours, vous ne reconnaissez pas réellement l’existence d’un problème structurel à l'IEP". C'est peu dire Lire plus

Sciences Po Grenoble annonce renforcer ses dispositifs de lutte contre les violences sexistes et sexuelles
Sciences Po Grenoble annonce ren­for­cer ses dis­po­si­tifs de lutte contre les vio­lences sexistes et sexuelles

FLASH INFO — Des dispositifs qui sont autant de "jalons nécessaires au bien-être et à l'épanouissement de chacune et chacun au sein de Sciences Po Lire plus

Rassemblement contre les vio­lences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supé­rieur à Grenoble

  FOCUS - Quelques dizaines d’étudiants se sont rassemblés devant le musée de Grenoble, samedi 6 mars 2021, pour protester contre les violences sexistes et Lire plus

Flash Info

|

02/12

9h15

|

|

02/12

8h06

|

|

01/12

19h33

|

|

01/12

18h57

|

|

01/12

17h21

|

|

30/11

12h11

|

|

30/11

9h58

|

|

30/11

0h38

|

|

29/11

17h12

|

|

29/11

12h00

|

Les plus lus

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF 48 : « Le chauf­fage au cœur des débats à Grenoble »

Société| Affaire Marie-Thérèse Bonfanti : le crâne décou­vert à La Buissière, sur les lieux indi­qués par le sus­pect du meurtre, est bien celui de la mère de famille disparue

Flash info| Des « coups de pouce mobi­lité » en décembre sur Grenoble, avec gra­tuité des trans­ports en com­mun deux samedis

Agenda

Je partage !