Fête des Tuiles : la chambre régionale des comptes épingle la gestion de la Ville de Grenoble

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FOCUS – Alors que l’enquête préliminaire pour favoritisme ouverte par le parquet de Valence concernant les marchés de la fête des Tuiles à Grenoble est toujours en cours, la chambre régionale des comptes enfonce le clou. Dans leur audit des comptes de la Ville, les magistrats financiers pointent de nombreuses et importantes irrégularités au profit de Fusées. Or l’association, bénéficiaire des marchés en 2015 et 2016, a pris une part active dans la campagne du maire de Grenoble.

 

 

La chambre régionale des comptes au complet : en tout, quarante magistrats financiers sont chargés de contrôler 1 600 établissements.

La chambre régio­nale des comptes Auvergne Rhône-Alpes. © Patricia Cerinsek

Le rap­port de la chambre régio­nale des comptes sur la ges­tion de la Ville de Grenoble de 2011 à 2016 était attendu depuis long­temps.

 

Annoncé pour être offi­ciel­le­ment pré­senté en conseil muni­ci­pal le 24 sep­tembre pro­chain, il a lar­ge­ment fuité. Les magis­trats finan­ciers y passent en revue la ges­tion de l’an­cien maire socia­liste Michel Destot de 2011 à 2014 et de son suc­ces­seur, l’é­co­lo­giste Eric Piolle, aux com­mandes de la Ville depuis 2014.

 

Mais ils ont aussi très sévè­re­ment épin­glé cer­tains dos­siers, poin­tant de lourdes irré­gu­la­ri­tés : aides illé­gales à Alpexpo, irré­gu­la­ri­tés dans la loca­tion des cha­lets de Noël condui­sant à favo­ri­ser la société pres­ta­taire, condi­tions du rachat du siège du Crédit agri­cole pour le moins dou­teuses en mécon­nais­sance notam­ment des règles de la concur­rence…

 

Sans comp­ter les nom­breuses irré­gu­la­ri­tés dans les pro­cé­dures de la com­mande publique, dans les recru­te­ments et pro­mo­tions de per­son­nel notam­ment au ser­vice com­mu­ni­ca­tion de la ville, voire les curieux va-et-vient de cer­tains entre le cabi­net du maire et le CCAS…

 

Dans un pre­mier volet, nous reve­nons sur les mar­chés de la Fête des tuiles. En juin 2016, Place Gre’net s’in­ter­ro­geait déjà, tout comme le groupe d’a­na­lyse métro­po­li­tain (Gam) ou Anticor Lyon, sur les deux pre­mières édi­tions de cette grande ker­messe dont les mar­chés avaient été attri­bués à des pres­ta­taires exté­rieurs sans mise en concur­rence. Et notam­ment, moyen­nant près de 300 000 euros, à l’association Fusées dont le codi­rec­teur Pascal Auclair fut l’un des signa­taires de l’appel à voter Eric Piolle en 2014.

 

Défilé de la Fête des Tuiles. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Défilé de la Fête des Tuiles 2015. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Depuis, le dos­sier est arrivé entre les mains de la jus­tice pénale avec l’ou­ver­ture par le par­quet de Valence d’une enquête pré­li­mi­naire pour favo­ri­tisme. Une pro­cé­dure tou­jours en cours, nous a fait savoir le pro­cu­reur de la République de Valence, Alex Perrin.

 

Et depuis, on a aussi décou­vert que l’as­so­cia­tion Fusées était déjà en pre­mière ligne pour s’être vu attri­buer le mar­ché de concep­tion de la fête des Tuiles dès 2014. Également sans mise en concur­rence. Et que l’as­so­cia­tion avait collé des affiches pour la cam­pagne du maire de Grenoble.

 

Dans leur rap­port, les magis­trats finan­ciers enfoncent le clou, et vont plus loin. « La direc­tion de la com­mu­ni­ca­tion a éta­bli une rétro­pla­ni­fi­ca­tion des mar­chés publics néces­saires dès mars 2014, pré­voyant notam­ment la rédac­tion d’un cahier des charges, écrit la CRC. En réa­lité, aucune pro­cé­dure de publi­cité ni mise en concur­rence n’a été orga­ni­sée. »

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Commentaires 2
  1. Vu ce qui est éta­bli dans le rap­port de la CRC, il convient de se deman­der si on reste dans le seul favo­ri­tisme, et qu’on ne va pas vers le détour­ne­ment de fonds publics et l’es­cro­que­rie en bande orga­ni­sée, voir de pro­duc­tion d’un faux en écri­ture publique (crime, rele­vant des assises, 10 à 15 ans de réclu­sion..)

    En tout état de cause, le Maire de Grenoble reste le prime res­pon­sable, comme nous l’ex­pli­quons ici, https://groupedanalysemetropolitain.com/2018/09/03/fetes-des-tuiles-concentrons-nos-lances/ d’au­tant que la fête des tuiles fai­sait expli­ci­te­ment par­tie de son pro­gramme de cam­pagne.
    Quand le ser­vice des mar­chés publics refuse par deux fois son visa, il est assez peu pro­bable que sur une « opé­ra­tion » aussi emblé­ma­tique M. le Maire de Grenoble se le sut pas. Il est plus vrai­sem­blable – à l’en­quête de l’é­ta­blir ou pas – qu’on a passé outre l’a­vis des fonc­tion­naires pour des rai­sons poli­tiques.
    C’est éga­le­ment à se deman­der si M. le Maire de Grenoble à un avo­cat com­pé­tent, car au fait dès le début de l’a­chop­pe­ment de ces mar­chés publics.

    Taper sur M. Lecoeur, même s’il semble avoir une lourde res­pon­sa­bi­lité, nous paraît de la « lam­pis­te­rie » car il est peu pro­bable (mais ça nous en savons rien non plus, nous spé­cu­lons) qu’il eut connu les gens de fusées avant le début de la cam­pagne, gens de fusées dont la proxi­mité à la muni­ci­pa­lité est vrai­sem­bla­ble­ment à recher­cher ailleurs.

    Bref, M. le Procureur de la République de Valence a du pain sur la planche, et sa place, nous pas­se­rions à l’in­for­ma­tion judi­ciaire avec nomi­na­tion d’un juge d’ins­truc­tion enquê­tant à charge et à décharge, ce qui aurait éga­le­ment l’a­van­tage de cal­mer le jeu : secret de l’ins­truc­tion oblige, on ferme sa gueule, de par­tout.

    Mais bon, ça c’est nous. Nous ne sommes pas par­que­tiers.

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  2. Bon, sur la Fête des tuiles, la pre­mière plainte du GAM date d’oc­tobre 2015…

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