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« Contre la poli­tique de régres­sion sociale » de Macron : plu­sieurs syn­di­cats appellent à la conver­gence des luttes

« Contre la poli­tique de régres­sion sociale » de Macron : plu­sieurs syn­di­cats appellent à la conver­gence des luttes

DÉCRYPTAGE – Alors que plu­sieurs mou­ve­ments sociaux agitent le pays, sans effets pour le moment sur la poli­tique du gou­ver­ne­ment, les syn­di­cats CGT, FSU, Solidaires et Unef appellent, de nou­veau, ce jeudi 19 avril, à la conver­gence des luttes « contre la régres­sion sociale et la casse de ser­vices publics des réformes de Macron ». Un appel un peu moins uni­taire – cette fois sans FO ni la CFDT – que lors du défilé du 22 mars.

Pierre-Yves de Sud Rail ; François Marchive, de Solidaires ; Serge Paillard, Secrétaire départemental de la FSU ; Nicolas Benoît, secrétaire général de la CGT-Isère ; Lucie de Solidaires, vendredi 13 avril 2018. © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Pierre-Yves de Sud Rail ; François Marchive de Solidaires ; Serge Paillard, Secrétaire dépar­te­men­tal de la FSU ; Nicolas Benoît, secré­taire géné­ral de la CGT-Isère ; Lucie de Solidaires, ven­dredi 13 avril 2018. © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Chômeurs, étu­diants, retrai­tés, per­son­nel hos­pi­ta­lier et des mai­sons de retraite, pos­tiers, fonc­tion­naires, sala­riés du public et du privé, sou­tiens aux zadistes…

Tous sont appe­lés à défi­ler, ce jeudi 19 avril à Grenoble et à Roussillon, dans le cadre d’une grève géné­rale et natio­nale. A l’origine de l’appel ? La Confédération géné­rale du tra­vail (CGT), la Fédération syn­di­cale uni­taire (FSU), l’Union syn­di­cale Solidaires, et l’Union natio­nale des étu­diants de France (Unef).

L’objectif de l’in­ter­syn­di­cale pour cette jour­née est clai­re­ment de faire conver­ger les luttes pour enga­ger un rap­port de forces contre le gou­ver­ne­ment Philippe. Lequel « pour­suit sa poli­tique de régres­sion […] mul­ti­plie les mil­liards d’euros de cadeaux aux action­naires et montre ainsi son véri­table visage en étant au seul ser­vice du capi­tal et des plus riches », dénonce l’intersyndicale.

Dénoncer la pri­va­ti­sa­tion et la casse des ser­vices publics

« Vous ne vou­lez pas des réformes Macron et de la régres­sion sociale en pente douce qui sévit dans notre société ? C’est le moment de des­cendre dans la rue, ce jeudi 19 avril. » Tel est le mes­sage lancé aux citoyens par l’in­ter­syn­di­cale les exhor­tant, quels que soient leur pro­fes­sion et leur sta­tut « à prendre leur ave­nir en main, à construire leurs reven­di­ca­tions et à agir dans l’unité syn­di­cale la plus large pour impo­ser le pro­grès social ».

CGT, FSU, Solidaires, Unef appellent à la convergences des luttes, ce jeudi 19 avril. Le défilé partira à 10 h avenue Alsace-Lorraine à Grenoble. Assemblée générale des cheminots sur le parvis de la gare de Grenoble ce vendredi 13 avril 2018, et appel à la grève générale pour jeudi 19 avril 2018 © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Assemblée géné­rale des che­mi­nots sur le par­vis de la gare de Grenoble ce ven­dredi 13 avril 2018, et appel à la grève géné­rale pour jeudi 19 avril 2018 © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Progrès social qui serait bien mal engagé, de l’avis des syn­di­ca­listes, avec les réformes du gouvernement.

« La pri­va­ti­sa­tion de la SNCF que veut Macron : une bonne chose ?, inter­roge François Marchive, syn­di­ca­liste à Solidaires. Qui pense bien sûr l’in­verse et s’en explique. On voit ce que cela a donné à La Poste. La pri­va­ti­sa­tion a entraîné la fer­me­ture de 51 % de bureaux de poste. Et les ser­vices de La Poste ne vont pas en s’améliorant ! »

Un autre exemple ? Le plan social de 345 emplois à GE Hydro… Ni plus ni moins le sort qui pend au nez des entre­prises et sec­teurs livrés sur un pla­teau à la concur­rence, accusent les syn­di­ca­listes. « Nous dénon­çons cette volonté de tout pri­va­ti­ser et de cas­ser le ser­vices publics pour pas­ser sous le seuil des 3 % de défi­cit imposé par l’Europe ! », tape du poing Nicolas Benoît, secré­taire géné­ral de la CGT-Isère. Le ren­dez-vous du ras­sem­ble­ment, ce jeudi 19 avril, est donné à 10 heures ave­nue Alsace-Lorraine. Les che­mi­nots pren­dront sym­bo­li­que­ment la tête du cortège.

Les sala­riés du privé, moins concernés ?

L’appel à la mobi­li­sa­tion n’est tou­te­fois pas tout-à-fait uni­taire, comme lors du 22 mars der­nier. Cette fois, Force ouvrière (FO) et la Confédération fran­çaise démo­cra­tique du tra­vail (CFDT) font bande à part. Fin mars, le syn­di­cat FO a en effet annoncé qu’il ne se joi­gnait pas à la jour­née de mobi­li­sa­tion, son secré­taire géné­ral Jean-Claude Mailly avan­çant un manque de pré­pa­ra­tion. Il a aussi déclaré sur Europe 1 : « Ce n’est pas parce qu’il y a de mul­tiples conflits dans dif­fé­rents sec­teurs, et public et privé, […] qu’o­bli­ga­toi­re­ment ça coa­gule. »

CGT, FSU, Solidaires, Unef appellent à la convergences des luttes, ce jeudi 19 avril. Le défilé partira à 10 h avenue Alsace-Lorraine à Grenoble. Manifestation pour la défense du service public, à Grenoble, le 22 mars 2018. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Manifestation pour la défense du ser­vice public, à Grenoble, le 22 mars 2018. © Léa Raymond – pla​ce​gre​net​.fr

Sensiblement du même avis, le secré­taire géné­ral de la CFDT Laurent Berger a lui déclaré dans Libération, que la stra­té­gie de « conver­gence des luttes » notam­ment prô­née par la CGT, est « une approche poli­tique », un « leurre ».

Au contraire, pour l’in­ter­syn­di­cale qui appelle au ras­sem­ble­ment jeudi, cela ne fait pas un pli : la conver­gence des luttes s’im­pose pour créer un véri­table rap­port des forces. Elle n’en­tend par ailleurs pas se pri­ver d’une telle opé­ra­tion alors que le défilé uni­taire du 22 mars der­nier contre la casse des ser­vices publics (trans­ports, hôpi­taux, col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, etc ) a été plu­tôt bien suivi à Grenoble. Selon les syn­di­cats, 10 000 mani­fes­tants sont des­cen­dus dans la rue, 5 500 selon la police. Le seul risque serait, à l’é­vi­dence, de faire moins…

« La régres­sion sociale touche autant les ser­vices publics que les sala­riés du privé », ren­ché­rit le secré­taire géné­ral de la CGT-Isère. Les der­niers, tra­di­tion­nel­le­ment plus dis­crets lors les mani­fes­tions, auraient ainsi, à l’en croire, plus d’un motif pour se joindre à la mobi­li­sa­tion. À com­men­cer par les sala­riés de Carrefour.

Les salariés ont formé une haie pour empêcher les clients d’accéder aux rayons. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les sala­riés de Carrefour ont formé une haie pour empê­cher les clients d’accéder aux rayons lors de l’ac­tion du week-end de Pâques contre le Plan Bompard. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Leur com­bat contre le « plan Bompard » mena­çant 5 000 postes à l’é­chelle natio­nale est ainsi loin d’être gagné, pointent les syndicalistes.

Et en dehors de ce cas par­ti­cu­lier de la grande dis­tri­bu­tion ? Il y a la loi Travail entrée en vigueur au 1er jan­vier 2018 et qui intro­duit pour tous les sala­riés du privé « encore plus de pré­ca­ri­sa­tion, avec ses CDI de chan­tiers et bien­tôt des CDI de pro­jet qui coû­te­raient moins chers que le recours à l’intérim », mettent en garde les syn­di­cats en faveur de la conver­gences des luttes.

Outre la lutte contre les réformes en cours, il s’a­git, à tra­vers la mobi­li­sa­tion du 19 avril, de défendre une autre vision du monde, comme le signi­fie Nicolas Benoît de la CGT : « Nous dénon­çons ce modèle de société, de la concur­rence de tous contre tous. Nous reven­di­quons la dis­tri­bu­tion des richesses et le par­tage du temps de tra­vail ! »

Un gou­ver­ne­ment inflexible

Depuis le 3 avril der­nier, les che­mi­nots ont beau avoir mis à exé­cu­tion leur grève per­lée de deux jours sur cinq, le gou­ver­ne­ment n’est revenu ni sur son pro­jet d’ou­ver­ture à la concur­rence de la SNCF, ni sur la fin du sta­tut des cheminots.

Les mani­fes­tants réunis en assem­blée géné­rale ont voté pour blo­quer le bâti­ment de Sciences Po jusqu’à 14 heures, ven­dredi 13 avril, afin de per­mettre le dérou­le­ment des exa­mens. © Giovanna Crippa- Place Gre’net

De même, le pré­sident Macron affiche-t-il une totale fer­meté vis-à-vis des blo­cages d’é­tu­diants – qu’il qua­li­fie « d’a­gi­ta­teurs pro­fes­sion­nels » – pro­tes­tant contre la loi sur l’orientation et la réus­site des étu­diants (Ore) et sa pla­te­forme d’orientation Parcoursup.

Dans ce concert de reven­di­ca­tions, il ne fau­drait pas oublier les retrai­tés, furieux de la hausse de la CSG, ou encore les fonc­tion­naires avec 120 000 sup­pres­sions de postes pré­vues.

Lucie du syn­di­cat Solidaires tient aussi à rap­pe­ler « la fin des contrats aidés » qui a frappé de plein fouet le tissu asso­cia­tif. « Macron a rem­placé les contrats aidés par les ser­vices civiques payés au lance-pierre en-des­sous du Smic, fus­tige-t-elle. C’est pra­tique, les ser­vices civiques ne sont pas des contrats de tra­vail, et ces per­sonnes ne peuvent pas faire grève ! », affirme la militante.

Vers un dur­cis­se­ment de la grève des cheminots ?

« Il faut ampli­fier le mou­ve­ment des grèves, haran­guait ce syn­di­ca­liste au micro, ce ven­dredi 13 avril lors de l’assemblée géné­rale des che­mi­nots. Ce ne sera que de cette manière qu’on fera recu­ler ce gou­ver­ne­ment des riches. »

Assemblée générale des cheminots sur le parvis de la gare de Grenoble ce vendredi 13 avril 2018, et appel à la grève générale pour jeudi 19 avril 2018 © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Assemblée géné­rale des che­mi­nots sur le par­vis de la gare de Grenoble ‚ce ven­dredi 13 avril 2018, et appel à la grève géné­rale pour le jeudi 19 avril 2018 © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Les che­mi­nots mas­sés devant la gare SNCF de Grenoble ont encore voté, à la quasi una­ni­mité, à 101 voix contre une, en faveur de la recon­duc­tion des grèves per­lées. Mais d’au­cuns s’im­pa­tientent. « À l’assemblée géné­rale du 18 avril, Sud Rail appel­lera au dur­cis­se­ment de la grève », annonce Pierre-Yves, syn­di­ca­liste à la SNCF. Le calen­drier des blo­cages à la SNCF tout au moins pour­rait ainsi s’ac­cé­lé­rer, juste à la veille de la mobi­li­sa­tion générale.

Séverine Cattiaux

Séverine Cattiaux

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