CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°148 du lundi 29 juin 2026, retour sur l’interdiction du burkini dans les piscines municipales de Grenoble par le tribunal administratif.
« Aujourd’hui, nous allons parler du burkini. C’est un sujet qui refait la une de l’actualité à Grenoble. Et ceci en raison d’un jugement du tribunal administratif, rendu le 25 juin 2026, qui a annulé l’article du règlement des piscines municipales grenobloises autorisant le port de ce maillot de bain à forte connotation religieuse.
Pour rappel, la Ville de Grenoble avait adopté l’autorisation du burkini en mai 2022. Mais celle-ci avait rapidement été retoquée par le tribunal administratif, puis par le Conseil d’État. Le message des jugements était clair : l’autorisation du burkini vise à satisfaire une revendication religieuse et contrevient à l’égalité de traitement entre les usagers. La décision rendue fin juin, qui portait cette fois sur le fond de la délibération, va dans le même sens.
Un déni de la part de la Ville de Grenoble?
Mais la Ville semble adopter une posture de déni. En tout cas, c’est la conclusion que l’on se sent obligés de tirer. Au lendemain du jugement du Conseil d’État, le maire Éric Piolle affirmait en effet que seul un élément technique du règlement avait été retoqué mais que le burkini pouvait demeurer autorisé. Et à présent, alors que le tribunal administratif a rendu sa décision sur le fond, la Ville affirme que ce jugement concerne un article qui a été modifié après l’avis du Conseil d’État et ne s’applique donc pas au règlement actuel.
Pourtant, rappelons-le, c’est bien le burkini en tant que tenue à connotation religieuse dont la justice a annulé l’autorisation. Ce même burkini dont la Ville expliquait en janvier 2026 qu’il était autorisé dans ses piscines. La municipalité semble donc jouer la carte des arguties juridiques face à des jugements explicites. Et ceci, pour, semble-t-il, ne pas se plier à une décision de justice qui ne va pas dans son sens.
L’affaire est évidemment très politique. Nous venons de le dire, en janvier, la Ville avait procédé à une communication auprès du Dauphiné libéré pour faire savoir que le burkini – le mot avait été employé – était bel et bien autorisé. Alors que plus personne ne parlait du sujet depuis belle lurette, elle remettait ainsi une pièce dans la machine… à quelques mois des municipales. De là à y voir un clin d’œil appuyé à certains électeurs, il n’y a qu’un pas. Ou plutôt, une palme.
Le burkini au cœur des postures politiques
Évidemment, à la suite du jugement, la France insoumise et son chef de file Allan Brunon n’ont pas manqué de relancer des accusations d’islamophobie. En visant en creux la justice, mais aussi et surtout, les élus de droite qui ont porté le recours sur le fond. Sans s’étendre sur le fait que des élus insoumis de Grenoble avaient voté contre l’autorisation du burkini en 2022. Notamment Élisa Martin, devenue depuis députée, ou Jérôme Soldeville, qui figurait en mars 2026 sur la liste du même Allan Brunon.
Le groupe Réconcilier Grenoble, pour sa part, a beau jeu d’accuser la Ville de Grenoble de faire le nid du communautarisme. Et ceci en rappelant que le recours était porté par deux de ses élus, à savoir Brigitte Boer et Thierry Aldeguer.
Reste à voir si la Ville va maintenir sa position, alors que sa majorité compte aujourd’hui des élus, notamment socialistes, qui s’étaient eux aussi opposés au burkini en 2022. Nous sommes peut-être en présence d’un des feuilletons de l’été. Un été que nous souhaitons à chacun le plus agréable possible! »
Retrouvez la chronique RCF 148 dans sa version radiophonique en cliquant sur le lecteur ci-dessous.

Chronique RCF 148 : Le burkini banni des piscines à Grenoble sur décision du tribunal administratif.
Chaque lundi midi, retrouvez la chronique L’Écho des médias sur RCF Isère (103.7 FM à Grenoble) en partenariat avec Place Gre’net. (Cliquer sur l’image pour accéder à toutes les chroniques.)



Une réflexion sur « Chronique Place Gre’net – RCF : Le burkini banni des piscines à Grenoble sur décision du tribunal administratif »
Le président de la fondation de l’islam de France : « Ces affaires de burkini sont des provocations intolérables contre lesquelles il ne faut ni faillir ni faiblir ni mollir. Il s’agit d’un bricolage théologico-religieux. Que je sache, il n’y a nulle part la moindre injonction coranique sur ce sujet. Si ces dames veulent se baigner, très bien, alors elles doivent se conformer aux règlements de toutes les piscines de France. Ces actes ont pour objectif de tester la République et sa mollesse. Je ne suis pas pour l’inflation législative mais il faut que la République ne se laisse pas faire, c’est une question d’autorité. »
https://www.ledauphine.com/edition-grenoble-vercors/2020/01/23/ces-affaires-de-burkini-sont-des-provocations-intolerables
Et le pire, c’est que Piolle, la soeur de François Ruffin, la fausse PS Amandine Germain, le LFI Allan Brunon sont complices de ces atteintes à la République.