CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°145 du lundi 8 juin 2026, retour sur les difficultés rencontrés par plusieurs médias sur la région grenobloise.
« Aujourd’hui, nous allons parler des médias. Et ceci en revenant sur l’annonce d’une restructuration d’ampleur au sein du groupe Ebra, avec pas moins de 500 emplois menacés. Or, le groupe Ebra est, entre autres, le propriétaire du Dauphiné libéré. Un titre que les Grenoblois connaissent bien et qui, pour rappel, couvre tout de même l’actualité quotidienne de sept départements, avec un grand nombre d’éditions ultra-locales.
Cette annonce survient dans un contexte délicat pour Le Dauphiné libéré. Le DL, comme on l’appelle, subit un déclin progressif de son audience. Entre 2009 et 2025, le titre est passé d’un tirage annuel de 103,7 millions d’exemplaires à 51,7 millions d’exemplaires. Et malgré son repositionnement stratégique, le quotidien continue à rencontrer des difficultés. À tel point que, selon certaines sources, un arrêt pur et simple du papier serait envisagé à moyen terme.
D’autres médias en difficultés
Inutile de dire que la situation, en particulier la dernière annonce d’Ebra, inquiète les salariés. Les syndicats évoquent « une incertitude la plus totale », et même l’impression d’avoir une « épée de Damoclès » au-dessus de leur tête. Et naturellement, les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle, qui risque fort de bouleverser l’ensemble de la profession, n’arrangent rien.
Mais le DL n’est pas le seul média à rencontrer des difficultés. Chacun sait que le secteur de la presse est en crise et personne n’y échappe. En novembre 2023, on s’en rappelle, Le Petit Bulletin avait été placé en liquidation judiciaire, quelques mois après avoir fêté son trentième anniversaire. L’hebdomadaire culturel gratuit, cher au cœur de nombreux Grenoblois, n’avait simplement pas survécu aux suites de la crise sanitaire de 2020.
Aujourd’hui, c’est un autre média grenoblois qui est en grande difficulté. TéléGrenoble, rebaptisé TG+, est actuellement placé en redressement judiciaire. La chaîne de télévision a subi de plein fouet le désengagement financier de la Métropole de Grenoble, alors que son modèle reposait principalement sur les financements publics. Elle a, depuis, opéré un changement éditorial d’importance pour attirer de nouveaux spectateurs et fortement renforcé sa présence sur les réseaux sociaux, en attendant la suite de la procédure.
Des inquiétudes pour la pluralité de l’information
Tout cela laisse planer beaucoup d’inquiétudes. Parce que les défis de demain sont nombreux, entre les dangers du recours immodéré à l’IA, la banalisation des « vérités alternatives », ou encore la prolifération de médias-influenceurs pratiquant un mélange des genres par nature problématique.
Pour paraphraser Le Canard enchaîné, la liberté d’informer ne s’use que si on ne s’en sert pas, et cette liberté là ne peut reposer que sur la pluralité du paysage médiatique. C’est-à-dire à l’opposé d’une situation où chacun n’aurait plus pour s’informer que le choix entre des comptes orientés sur les réseaux sociaux et des médias possédés par des millionnaires, au hasard Vincent Bolloré ou Matthieu Pigasse, qui s’en serviraient comme plates-formes de diffusion de leurs opinions politiques. »
Retrouvez la chronique RCF 145 dans sa version radiophonique en cliquant sur le lecteur ci-dessous.
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2 réflexions sur « Chronique Place Gre’net – RCF : Des médias en difficulté sur la région grenobloise »
Et quelle est la situation de Place Gre’net ?
La situation n’est pas simple non plus. C’est un défi de tous les jours de faire vivre un media local indépendant. Nous ne pouvons ainsi qu’inviter ceux qui nous apprécient et qui tiennent au pluralisme de l’information à nous soutenir à travers des abonnements, des annonces légales ou des achats d’espaces publicitaires.