CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°144 du lundi 1er juin 2026, retour sur les attaques contre des commerces grenoblois le dernier week-end de mai 2026.
« Aujourd’hui, nous allons parler des commerces de Grenoble. Et nous en parlons parce que ce dernier week-end de mai a été marqué par des épisodes de violence en plein centre-ville de Grenoble contre plusieurs enseignes commerciales. À commencer, bien entendu, par la destruction du salon de thé Le Chardon Bleu, enseigne historique détruite par une voiture bélier et un incendie dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 mai.
Inutile de dire que le caractère délibéré des faits est indéniable, même si l’on ne connaît pas encore les raisons de cette attaque. Difficile, en tout cas, de ne pas lui trouver un caractère symbolique, de par l’emplacement même du commerce visé, encore une fois en plein cœur de Grenoble, à l’entrée de la rue Lafayette et à quelques pas de l’arrêt de tram Dubedout.
Des commerces pris pour cible le samedi soir
Et la nuit suivante, d’autres incidents sont survenus. Cette fois, dans le sillage de la victoire du PSG à la Ligue des champions. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées en centre-ville, principalement place Victor-Hugo. Rapidement des échauffourées avec les forces de l’ordre ont éclaté et des commerces ont été la cible de pillages ou de tentatives de pillages, comme JD Sports rue Saint-Jacques ou Foot Locker rue de Bonne. À croire que certains étaient trop impatients de s’équiper pour se remettre au sport!
Ces attaques en rappellent d’autres. Les deux s’inscrivent dans des contextes différents, mais n’en ont pas moins des précédents. Rappelons-nous, concernant Le Chardon Bleu, cette série d’attaques survenues il y a quelques semaines. Qu’il s’agisse de deux incendies suspects dans une boucherie halal et le bar Sos-Apéro, ou d’une voiture-bélier lancée contre le local de l’ancien restaurant Le Phouket, en passe d’être repris.
Une récurrence des faits qui peut inquiéter
Quant aux scènes de violence de samedi soir, elles rappellent celles qui s’étaient déroulées voilà un an, déjà à l’occasion de la victoire du PSG à la Ligue des champions. Mais aussi les pillages survenus en début d’été 2023, dans le cadre des émeutes faisant suite à la mort du jeune Nahel, tué par un policier à Nanterre. Dans les deux cas, les pillages semblent avoir bien peu de rapport avec cette mort tragique… ou avec le football.
Et cette récurrence des faits a de quoi inquiéter. Bien sûr, Grenoble n’est pas à feu et à sang, mais quand des commerces se font attaquer de la sorte en plein centre-ville, dans des zones par ailleurs habitées, personne ne peut prétendre qu’il n’y a pas de souci à se faire. La violence s’invite aux yeux de tous et favorise un climat anxiogène. Un climat qu’il convient naturellement de ne pas exacerber, mais aussi de ne pas nier.
Ajoutons que les commerces de Grenoble pourraient mieux se porter. C’est un euphémisme. Certains secteurs de la ville affichent un bon nombre d’enseignes closes depuis plusieurs mois, sinon plusieurs années. Et l’on peut imaginer que ce ne sont pas des faits divers comme ceux du dernier week-end de mai qui vont favoriser la confiance d’éventuels repreneurs. »
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