CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°133 du lundi 26 janvier 2026, retour sur des incidents survenus dans le cadre de la campagne municipale à Grenoble.
« Aujourd’hui, nous allons parler de la campagne des élections municipales. Et plus précisément de l’ambiance de cette campagne à Grenoble, qui est tout sauf sereine. Évidemment, il est rare qu’une campagne électorale se déroule sans incidents. Les enjeux politiques déchaînent les passions et les tensions, parfois bien au-delà du raisonnable. Et ces élections municipales, comme d’autres auparavant, nous le rappellent amèrement.
On parle d’affiches ou de locaux de campagne dégradés. Ces dégradations ont, par exemple, visé le candidat de La France insoumise Allan Brunon. Une croix gammée a en effet été peinte sur l’une de ses affiches et son local de campagne a été à plusieurs reprises pris pour cible par des tirs de projectiles.
Des incidents mais aussi des violences physiques
Le candidat Hervé Gerbi, investi par Horizons, a également eu droit à des dégradations de ses affiches. Ainsi qu’à des collages le comparant, rien que ça, au maréchal Pétain. Ceci manifestement en raison d’une poignée de main entre l’avocat grenoblois, qui était alors président du Crif, et un soldat de l’armée israélienne, quelques jours après les massacres du 7 octobre 2023.
Notons, sans surprise, que ces dégradations ne concernent pas seulement Grenoble. À Chasse-sur-Rhône, récemment, le maire sortant Christophe Bouvier, actuel patron des socialistes isérois, en a lui aussi été victime. Une croix gammée a été dessinée sur l’une de ses affiches et son visage assorti d’une moustache à la Hitler. Le tout avec un message le traitant de « collabo des nazis« . Comprenne qui pourra.
Mais la violence physique s’invite aussi dans la campagne. À deux reprises, il a été signalé des faits de violence, dans des circonstances d’ailleurs similaires : un partisan d’Hervé Gerbi qui avait interpellé un homme en train d’arracher une affiche du candidat a, en retour, failli recevoir un coup de racloir. Et un partisan d’Alain Carignon a, lui, été pris à partie physiquement par un autre arracheur d’affiche. Des faits qui ont été filmés dans les deux cas et qui ont donné lieu à des dépôts de plainte.
Pourquoi tant de tensions dans la campagne?
Comment expliquer une telle situation? Notons que l’idéologie politique est investie par certains comme une identité à part entière. Quand l’un se sent agressé par les opinions de l’autre, on ne peut s’étonner qu’il y ait des débordements. Et la logique algorithmique des réseaux sociaux ne fait rien pour arranger cela.
Sauf que la démocratie, ce n’est pas vivre dans un monde où tout le monde pense la même chose. Et refuser la contradiction n’est pas la meilleure manière de s’enrichir intellectuellement.
Notons aussi que certains candidats ne sont pas avares de provocations. Nous ne sommes pas ici pour donner des noms, mais quand on diffuse des accusations ou des messages ouvertement injurieux à l’endroit d’autres candidats, on n’est pas le mieux placé pour dénoncer ensuite les dégradations dont ils sont victimes. Disons le mot, c’est de la tartufferie.
Enfin, la façon dont certains candidats, ou leurs soutiens, se comportent vis-à-vis des médias interroge là encore. Les pressions, les appels au boycott, les insultes dont Place Gre’net a fait l’objet de la part de différentes écuries ne semblent pas aller dans le sens de la campagne apaisée que beaucoup prétendent appeler de leurs vœux. Vœux pieux, naturellement. »
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