CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif ? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°130 du lundi 5 janvier 2026, retour sur le refus de la préfecture de l’Isère d’autoriser une implantation d’éoliennes.
« Aujourd’hui, nous allons parler d’éoliennes. Et plus précisément d’un projet de parc éolien porté par EDF, à travers sa filiale EDF Power Solutions, prévu sur la région de Chambaran. Et plus précisément sur les territoires des communes iséroises de Saint-Clair-sur-Galaure et de Montfalcon.
En tout, ce sont dix éoliennes qu’EDF prévoyait d’installer, et ceci afin de produire l’équivalent de la consommation électrique annuelle d’environ 26 000 personnes, selon ses dires.
Mais l’imparfait s’impose. Parce que la préfecture de l’Isère a finalement refusé d’accorder à EDF l’autorisation environnementale nécessaire à la réalisation du projet. La décision de la préfète a été rendue le 3 décembre 2025, via un arrêté pour le moins détaillé sur les raisons de ce refus.
Pour résumer, la préfecture considère que le parc éolien prévu est susceptible de mettre en danger un grand nombre d’espèces volatiles, oiseaux et chauves-souris, tout en rognant sur une forêt communale et sur des zones humides. L’arrêté s’inquiète également d’un effet de « saturation visuelle », alors que d’autres parcs éoliens sont d’ores et déjà présents dans le secteur.
Une enquête publique sévère contre le projet
Et ces critiques ne viennent pas de nulle part. Il ne fait aucun doute que les conclusions de l’enquête publique menée sur le projet ont pesé dans la balance. Rendue au mois de mai, l’enquête en question se montrait très défavorable à l’implantation de ce parc éolien, là encore en détaillant précisément les nombreuses conséquences environnementales que celui-ci pourrait présenter.
EDF Power Solutions n’avait pas du tout apprécié cette enquête publique, et s’était directement plaint auprès du tribunal administratif de Grenoble, notamment du volume conséquent, voire inédit, du rapport final, qui compte tout de même 568 pages. La société avait même tenté d’obtenir une réduction des honoraires du commissaire-enquêteur.
On imagine que la décision préfectorale a été accueillie tout aussi froidement par EDF. Qui nous a fait savoir qu’elle se réservait le droit de la contester.
Les éoliennes n’ont plus le vent en poupe ?
Cette décision est, en tout cas, plutôt rare. La préfecture de l’Isère n’a pas toujours pris le même type de position. Elle a très largement défendu, par exemple, le projet industriel Inspira, sur Sablons et Salaise-sur-Sanne, quand bien même celui-ci avait aussi eu droit à un avis défavorable de la commission d’enquête. Et le tribunal administratif a d’ailleurs donné tort aux services de l’État.
Il convient toutefois de relativiser : la production des parcs éoliens n’est pas perçue comme essentielle, et ils ne sont que très peu pourvoyeurs d’emplois locaux. Les préfets sont donc plus enclins à y apposer leur veto, d’autant que les éoliennes suscitent beaucoup d’opposition. Y compris de la part d’associations écologistes.
La FNE Isère a ainsi salué la décision de la préfecture, et s’est même engagée à la soutenir judiciairement au cas où EDF déposerait un recours. En somme : vive le vent d’hiver, mais sans éolienne. Et bonne année grand-mère ! »
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