FOCUS – Le tribunal judiciaire de Grenoble a tenu son audience solennelle de rentrée le lundi 26 janvier 2026. L’occasion de présenter, entre autres, son nouveau président, Alain Troilo, qui a pris ses fonctions fin novembre 2025 et retrouve ainsi Étienne Manteaux, procureur de la République avec lequel il a travaillé durant quatre ans à Besançon. L’occasion aussi pour ce dernier de livrer un discours de vérité sur le narcotrafic et les règlements de comptes, et de se montrer très critique à l’égard de la politique de la Ville de Grenoble en matière de vidéosurveillance.
Si les audiences solennelles de rentrée du tribunal judiciaire de Grenoble sont toujours un moment rituel important pour l’institution judiciaire, celle du lundi 26 janvier 2026 avait une saveur encore plus particulière. Elle actait en effet le renouvellement de l’organigramme du tribunal judiciaire (TJ) en 2025, en ce qui concerne les services de greffe judiciaire comme de la présidence, désormais assurée par Alain Troilo.
Ce dernier a officiellement pris ses fonctions fin novembre 2025, après avoir présidé le tribunal de grande instance de Mulhouse de 2017 à 2021, puis le tribunal judiciaire de Besançon de 2021 à 2025.
Alain Troilo n’arrive toutefois pas en terre inconnue. À Besançon, il a travaillé aux côtés d’Étienne Manteaux, procureur de la République depuis 2018 avant d’être affecté à Grenoble en mai 2025. Delphine Humbert, première vice-présidente du tribunal judiciaire de Grenoble affiche, elle aussi, un passé professionnel bisontin. Quant au président du tribunal administratif de Grenoble, Jean-Paul Wyss, il sera remplacé en mars 2026 par Cathy Schmerber… actuellement en poste à Besançon. « Les complotistes risquent d’y voir quelques signes!« , s’en amuse Alain Troilo.
« Alain Troilo vante une juridiction saine, organisée, en ordre de bataille »
Le nouveau président du tribunal judiciaire ne cache pas son plaisir de rejoindre Grenoble. Il se réjouit en effet à l’idée de retrouver la « dyarchie dynamique, sereine et respectueuse » exercée avec Étienne Manteaux à Besançon. Dyarchie? L’exercice du pouvoir à deux, une « curiosité de notre système judiciaire français« , dont Alain Troilo se rappelle avec humour ce qu’en disait un ancien président de tribunal: « Le commandement doit s’exercer en chiffre impair, et quand il s’exerce à trois, il y en a deux de trop! »
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