CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°132 du lundi 19 janvier 2026, retour sur l’histoire d’un meurtre élucidé, mais non jugé.
« Aujourd’hui, nous allons parler d’une affaire judiciaire. Une affaire judiciaire qui remonte à près de quarante ans mais qui a refait la une des médias ces derniers jours. Il s’agit évidemment du meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, survenue au mois de mai 1986 à Pontcharra. Une disparition qui venait en réalité clore une macabre série, après le meurtre de Liliane Chevènement en 1981 et la disparition de Marie-Ange Billoud en 1985, sur le même secteur. Trois événements dramatiques qui se sont depuis imposés dans les mémoires sous le nom de « l’affaire des disparues de Pontcharra« .
Un meurtre élucidé près de quarante ans plus tard
Et l’une de ces trois affaires a été élucidée. Après réouverture de l’enquête, un homme est finalement passé aux aveux en 2022. Yves Chatain, c’est son nom, a déclaré avoir étranglé Marie-Thérèse Bonfanti, alors âgée de 25 ans. Des aveux très crédibles puisque le suspect a indiqué où il avait jeté le corps, et que les enquêteurs ont par la suite retrouvé des restes humains dont l’analyse a démontré qu’ils étaient bien ceux de la disparue.
Notons qu’Yves Chatain, à l’époque, avait déjà été considéré comme suspect dans l’affaire de cette disparition, comme des deux autres, et qu’il avait été condamné pour d’autres faits de violence. Notamment une tentative de strangulation sur une automobiliste, également en 1985, pour laquelle il avait écopé de 18 mois de prison avec sursis.
Mais ces aveux ne donneront lieu à aucune condamnation. C’est le dernier épisode de ce sinistre feuilleton. Ce vendredi 16 janvier 2026, la cour de cassation a conclu que les faits étaient prescrits et qu’Yves Chatain ne pouvait donc pas être jugé pour le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti. Malgré ses aveux, le sexagénaire a tout simplement été remis en liberté.
Les proches de la victime craignaient cette décision mais espéraient un autre dénouement. Pour résumer, la question technique était de savoir si la prescription s’imposait à partir de la commission des faits ou à partir de la découverte du corps. Et la cour de cassation a tranché en faveur de la jurisprudence actuelle, selon laquelle la prescription se calcule en fonction de la date où le crime a eu lieu.
Une décision difficile à comprendre
C’est une décision difficile à comprendre. Difficilement acceptable pour les proches, c’est en fait une décision technique que la cour de cassation a rendue, ce qui est son rôle. En vérité, pour qu’une telle situation ne se reproduise pas, c’est la loi qu’il faut changer. Et la décision n’a pas manqué de relancer le débat sur la prescription.
D’autant que cette décision peut s’imposer à d’autres affaires, y compris les deux autres disparitions de Pontcharra pour lesquelles Yves Chatain reste suspecté. Et elle peut aussi concerner une grande partie du travail du pôle dédié aux affaires non résolues, les fameux “cold case”.
Un pôle qui, ironie du sort, a été créé en 2022 sur la base des préconisations de Jacques Dallest, grand spécialiste de la question des affaires non résolues, et ancien procureur général de la cour d’appel de Grenoble. »
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Une réflexion sur « Chronique Place Gre’net – RCF : Le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti élucidé… mais non jugé »
Honteux.
Il tue une jeune mère de famille, on met 30 ans a le trouver et on le laisse impuni. De mieux en mieux.