CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif ? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°129 du lundi 15 décembre 2025, retour sur l’occupation et l’évacuation de La Bobine à Grenoble.
« Aujourd’hui, nous allons parler de La Bobine. Lieu culturel emblématique du parc Paul-Mistral à Grenoble, La Bobine a fermé ses portes en juin 2025 à la suite de difficultés financières insurmontables. Le local appartient à la Ville et cette dernière a rapidement souhaité voir un repreneur relancer une activité du même ordre.
Sauf qu’une occupation est venue perturber le processus. C’était en marge du mouvement Bloquons tout, le 18 septembre : un certain nombre de manifestants avaient pris possession des lieux, d’abord pour y tenir une assemblée générale, puis pour s’y installer purement et simplement.
La Bobine « libérée et autogérée »
Ces mêmes militants ont, plus tard, déployé une banderole proclamant que La Bobine était « libérée et autogérée ». Et ont organisé sur le site divers événements comme des concerts et des ateliers. Le tout, on l’aura compris, avec une forte imprégnation idéologique.
Et face à cette occupation, la mairie a choisi le dialogue. Dans un premier temps. L’objectif de la Ville était, visiblement, de ne pas froisser la susceptibilité des occupants de La Bobine, tout en obtenant d’eux qu’ils acceptent de quitter les lieux. Et lorsqu’une association a été désignée par le tribunal de commerce comme repreneuse du local, la Ville est allée jusqu’à proposer aux militants… d’aller occuper une autre salle, en l’occurrence la Salle Rouge, quartier Saint-Bruno.
Mais ces tentatives de dialogue se sont soldées par un échec. Pas question pour les occupants de quitter la Bobine, et encore moins de laisser les repreneurs désignés mettre en place leur projet. Même si ceux-ci affichaient une certaine proximité idéologique avec eux. Résultat : les repreneurs ont finalement jeté l’éponge.
Et le ton de la Ville a changé. La mairie de Grenoble a instamment demandé aux occupants de quitter les lieux au mois de novembre et a finalement eu recours aux forces de l’ordre pour procéder à leur évacuation le mercredi 10 décembre au petit matin. Une soixantaine de personnes s’étaient alors réunies devant La Bobine pour tenter d’empêcher l’opération, mais sans succès.
Un épisode qui en rappelle un autre
Pour justifier sa décision, la Ville a décrit des conditions d’hébergement et d’hygiène « particulièrement dégradées », ainsi que des « risques importants d’incendie et d’intoxication ». Ceci en plus de « violences récurrentes » survenant aux abords du site.
Et cet épisode en rappelle un autre. Celui d’un autre local, situé au 38 rue d’Alembert, destiné à être remplacé par des logements et qui avait lui aussi été occupé par des militants. Après plusieurs années, sur fond là encore de dialogue infructueux, la Ville s’était finalement résignée à signer une convention avec les occupants.
Des occupants qui sont, peu ou prou, les mêmes que ceux qui ont tenté de prendre possession de La Bobine. Et dont on peut penser qu’ils espéraient un dénouement similaire, à force de persévérance. »
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