FLASH INFO – Le tribunal administratif de Grenoble a rejeté la demande de suspension du permis d’aménager la place de Metz, délivré par la Ville de Grenoble à la Métropole. La justice donne ainsi le feu vert à des travaux d’aménagement (très) contestés par des commerces et des riverains situés sur la place ou aux alentours.
Les travaux de la place de Metz à Grenoble vont bel et bien pouvoir débuter ou, du moins, la justice leur a donné le feu vert. Alors qu’un grand nombre de commerces présents sur le site ou aux alentours avaient déposé un recours contre le permis d’aménager délivré par la Ville de Grenoble à la Métropole, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leurs requêtes dans deux jugements rendus le lundi 15 septembre 2025.
Le permis de la Ville de Grenoble, daté du 17 juin 2025, concerne le réaménagement de la place de Metz et des voiries environnantes, rue de Strasbourg, rue Beyle-Stendhal, rue Casimir Périer et rue Tartari, rappelle le texte des jugements. Objectif? « La création d’une place centrale piétonne en stabilisé et végétalisée, mettant en valeur la colonne romaine et le patrimoine bâti autour de la place, en particulier de la basilique Saint-Joseph« .

Quand les associations ADTC, Rue de l’avenir et Alternatiba Grenoble organisaient un « Parking Day » place de Metz, pour soutenir les travaux d’aménagement prévus. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Mais les travaux annoncés place de Metz, comme d’autres projets d’urbanisme portés par la Ville de Grenoble (via la Métropole), suscitent la colère d’un certain nombre de commerçants et de riverains. Si la municipalité a en partie cédé face à la fronde en renonçant aux aménagements prévus rue de Strasbourg, le projet concernant la place est resté inchangé, avec des suppressions de places de stationnement à la clé. Ce qui inquiète côté commerces mais réjouit certaines associations.
Des arguments techniques auxquels les juges n’ont pas été sensibles
Deux collectifs de requérants différents avaient déposé une demande de suspension du permis, le premier avec à sa tête la société Obigand, et le second la Société financière Indigo. Portés dans les deux cas par l’avocat Thierry Aldeguer, soutien revendiqué à la candidature d’Alain Carignon aux municipales, les deux démarches présentaient des arguments techniques pour justifier leurs requêtes, en invoquant notamment le code de l’urbanisme ou le règlement des sites patrimoniaux remarquables.
Autant d’arguments auxquels les juges n’ont pas été sensibles. « Aucun des moyens invoqués par les requérants ne sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté en litige » et « aucun des moyens soulevés […] n’est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté« , ont-ils conclu dans les deux jugements respectifs. Rejetant dès lors les demandes et condamnant à chaque fois les requérants à verser 1 500 euros au bénéfice de la Ville de Grenoble.









6 réflexions sur « La justice rejette la demande de suspension du permis autorisant les travaux place de Metz à Grenoble »
Aurélien, vous ne devrez pas vivre dans le quartier. En tant qu’habitante de la place de Metz, je tiens à exprimer mon incompréhension face à ces travaux que je considère comme une véritable aberration. J’observe quotidiennement le fonctionnement de cette place : après 23h, celle-ci se vide, et le dimanche, elle est désertée. Ce ne sont pas les habitants qui occupent ces places, mais bien ceux qui font vivre le quartier.
Preuve en est : je stationne personnellement au parking Hoche et utilise exclusivement les transports en commun pour me rendre au travail. Et pourtant, je maintiens que ces travaux n’ont aucun sens. Ils nuisent à l’activité économique du quartier sans améliorer la qualité de vie des habitants.
Le nouveau plan de circulation, va aggraver les embouteillages. Alors qu’on peut actuellement remonter la rue Beyle Stendhal pour rejoindre Casimir Périer, il faudra désormais emprunter la rue Lesdiguières — déjà saturée — puis contourner Verdun. Un détour absurde, qui va entraîner nuisances et pollution.
C’est encore une décision imposée d’en haut, sans écoute, sans dialogue. Monsieur Piolle persiste dans une posture autoritaire, gouvernant comme s’il savait tout mieux que tout le monde. Ce n’est plus de l’écologie, c’est de l’idéologie.
Bonjour,
Il semble bien naturel que personne n’utilise cette place en-dehors du stationnement automobile, puisque c’est une lamentable étendue de bitume défoncée ! Qui voudrait s’y arrêter ?
Quant au parvis de la basilique, n’en parlons pas, il est sordide.
Vous qui êtes usagère du pk Hoche, vous savez bien qu’il y a plusieurs centaines de places de stationnement disponibles à littéralement 2 pas des commerces (Hoche, Vaucanson, Chavant, Verdun) sans compter le long des rues du quartier.
Quant au fait qu’une place arborée n’améliorerait pas la vie des habitants, faut-il comprendre que raser des squares existants pour les remplacer par des parkings améliorerait du coup la vie des riverains ? Ce raisonnement est difficile à justifier.
Bonjour,
Je constate que vous entendez, mais n’écoutez pas.
Soyons clairs : Oui, cette place doit être réaménagée. Mais cela ne justifie ni n’importe quel projet, ni une méthode de gouvernance qui ignore les besoins, les réalités et les demandes concrètes des habitants et des commerçants.
La rénovation aurait pu et dû se faire avec les usagers, pas contre eux. L’une des demandes formulées, raisonnable et largement partagée, était de conserver une trentaine de places de stationnement, au lieu des 72 actuelles. Cela aurait permis de concilier transition écologique, qualité de vie, et maintien d’une certaine accessibilité au quartier.
Car oui, ce sont les commerçants, les visiteurs, et parfois les habitants eux-mêmes – notamment les plus âgés – qui ont besoin de cette accessibilité. Supprimer brutalement tout stationnement sans réelle solution alternative, ce n’est pas de l’écologie : c’est de l’idéologie. Et c’est une écologie punitive, qui fracture plutôt qu’elle ne rassemble.
Vous évoquez les parkings Hoche, Chavant ou Verdun comme solution. Mais vous savez sans doute qu’ils sont coûteux, souvent saturés, et peu pratiques pour un arrêt rapide. Le commerce de proximité, lui, dépend d’une certaine fluidité d’accès. Et à ce titre, le nouveau plan de circulation – avec ses détours, ses saturations et la pollution induite – risque d’aggraver la situation.
Vous mettez également en avant un projet « arboré » comme un progrès indiscutable. Mais soyons sérieux : planter quelques arbres et poser du mobilier urbain ne crée pas magiquement un lieu de vie. Ce qui fait vivre une place, ce sont ceux qui y passent, qui s’y arrêtent, qui y travaillent. Or, en rendant l’accès plus compliqué, en fragilisant les commerces, on risque de vider un peu plus ce quartier de sa vitalité. À moins qu’il ne devienne un nouveau refuge pour les groupes anarchistes déjà bien implantés dans le secteur…
Et que dire du calendrier des travaux, lancé à deux semaines de la Descente des Alpages ? Est-ce un nouvel affront aux commerçants ?
En somme, ce projet est une occasion manquée. Une fois encore, on impose d’en haut, sans vraie concertation, en se drapant dans des principes louables pour mieux ignorer la complexité du réel.
Ce n’est pas une opposition au changement. C’est une demande de bon sens, de compromis, et surtout, de respect pour celles et ceux qui vivent et travaillent ici.
Les LFIcolos font un cadeau de plus à Neyrpic et à Grand Place. Quel mépris pour les commerçants qui font vivre ce quartier depuis si longtemps, le dernier au centre-ville de Grenoble qui avait encore la tête hors de l’eau.
En mars prochain, quoi qu’il arrive je voterai contre Piolle-Ruffin.
Une bonne décision pour rendre cet espace enfin agréable à traverser et qui incitera a y rester voir à consommer
Cette croûte de bitume défoncée va enfin devenir un espace public à la hauteur de la qualité de ce quartier commerçant…
Pour le stationnement, il y a des centaines de places littéralement aux portes du quartier (Chavant-Hoche-Vaucanson-Verdun) sans compter la rue de Strasbourg et toutes les autres rues du quartier.
Ça fait plus de 20 ans que le sujet était sur la table. Que d’atermoiements et de temps perdu !