FOCUS – Une vingtaine de personnes ont répondu à l’appel du Collectif « enfantiste » 38, contre les violences faites aux enfants et aux adolescents pour dénoncer, jeudi 20 mars 2025, les dysfonctionnements de la justice dans les affaires d’inceste devant le tribunal judiciaire de Grenoble. Une mobilisation appelée à se renouveler chaque mois « jusqu’à ce que la protection des enfants devienne une priorité absolue« .
« L’inceste, l’inceste, il faut que ça cesse ! », « On porte plainte mais rien ne change, et que fait la justice ? Elle est complice » « Les enfants ne sont pas des proies et l’inceste on le combat » « Inceste impuni ? Ça suffit ! Violence et silence ? Ça suffit ! » « On veut des lois, on veut des droits ! »
Tels étaient les slogans scandés, jeudi 20 mars à 9 heures devant le tribunal judiciaire de Grenoble, par un petit groupe de manifestants pour dénoncer « l’inaction des institutions » et plus particulièrement celle « de la justice dans les affaires d’inceste« .

Panneaux installés sur les marches du tribunal judiciaire de Grenoble, lors de l’action organisée à l’appel du Collectif enfantiste 38 pour dénoncer, jeudi 20 mars 2025, les dysfonctionnements de la justice dans les affaires d’inceste. © Collectif Enfantiste 38
Un rassemblement à l’appel du collectif « enfantiste 38 » qui lutte contre les violences faites aux enfants et aux adolescents (cf. encadré) auquel ont notamment pris part les collectifs isérois La Liste du 141La liste du 14 est une liste mail « en non-mixité » de personnes victimes ou témoins d’inceste et de violences sexuelles sur mineurs. Ce groupe partage des informations et des ressources sur l’inceste et met en relation les personnes. et Le Club Do2Le Club Do est un groupe de personnes concernées par l’inceste en tant que victime ou témoin. Il dénonce son « caractère systémique« , réfléchit aux réponses à y donner et organise des évènements pour échanger, se rencontrer et lutter contre ce type de violences.. Mais aussi Eva Thomas, la fondatrice de SOS Inceste, deux attachés parlementaires de Cyrielle Chatelain, députée de la 2e circonscription de l’Isère, des victimes et « des mères protectrices« .
Le Collectif « enfantiste », un mouvement citoyen pour les droits des enfants
Le collectif national enfantiste fondé en avril 2022 par Claire Bourdille, alors militante du collectif Nous Toutes, est un mouvement citoyen qui milite pour les droits des enfants. « Il vise à lutter contre toutes les formes de violence faites aux enfants et aux adolescent-es, dont l’adultisme (la domination des adultes sur les enfants)« .
« Victimes, survivant-es, allié-es, lycéen-nes, professionnel-les de l’enfance, parents protecteurs, c’est ensemble que nous construisons un mouvement naissant, celui de l’enfantisme », explique le collectif.
Considérant qu’il existe un « continuum des violences faites aux mineur-es, de la famille à l’institution« , le collectif analyse les données et mène des actions de sensibilisation et de mobilisation pour rallier la société à sa cause, tout en se disant « apartisan ».
Il comporte plusieurs groupes départementaux. Le Collectif Enfantiste 38 est ainsi né le 22 février 2025.
Il s’agit là du premier acte d’une mobilisation qui se veut mensuelle, dans le cadre de l’appel national lancé par le collectif « Allez les Tricoteuses »3Le collectif est un groupe français de mères engagées dans la lutte contre l’inceste et les violences sexuelles. Il milite pour une meilleure protection des enfants, notamment ceux victimes d’inceste et dénonce ce qu’il considère comme des insuffisances du système judiciaire à promouvoir l’intérêt supérieur de l’enfant. Le nom « Les Tricoteuses » fait référence aux femmes de la Révolution française qui, tout en tricotant, assistaient aux séances publiques et s’engageaient activement dans la vie politique. Il symbolise ainsi l’engagement des femmes dans la sphère publique., invitant à se rassembler chaque troisième jeudi du mois devant les tribunaux de France. « Face à un système qui protège les agresseurs et abandonne les victimes, la mobilisation se poursuivra chaque troisième jeudi du mois« , explique ainsi le collectif isérois.
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