REPORTAGE – Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Philippe Baptiste s’est rendu sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, jeudi 20 mars 2025, pour une série de visites placées sous le signe de la recherche sur le réchauffement climatique. Il a notamment inauguré les nouvelles chambres froides du bâtiment de glaciologie de l’Institut des géosciences de l’environnement, outils indispensables à l’étude du contenu des carottes de glace et des secrets qu’elles contiennent.
« Nous aurions tous pu célébrer ensemble la douceur du printemps, mais vous avez fait le choix de venir ici pour ressentir le froid, la glace, la neige et les glaciers. » C’est avec humour que l’enseignante-chercheuse Delphine Six a accueilli Philippe Baptiste au sein du bâtiment de Glaciologie de l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE). Jeudi 20 mars 2025, premier jour du printemps, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche effectuait en effet une série de visites sur le campus de Saint-Martin-d’Hères.

Delphine Six, glaciologue, présentant les travaux de l’Institut des géosciences de l’environnement en matière d’étude du changement climatique via les précieuses carottes de glace. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Des visites placées sous le signe de la recherche sur le réchauffement climatique, « à l’heure où la politique de l’administration américaine remet en cause des pans entiers de la recherche mondiale, notamment sur les sujets liés à l’environnement« , comme l’ont souligné les services de l’État. Le changement du climat est pourtant particulièrement sensible au pied des Alpes, dont les glaciers sont en souffrance, comme l’ont rappelé le directeur de l’IGE Aurélien Dommergue et la chercheuse Delphine Six.
Philippe Baptiste a inauguré les nouvelles chambres froides de l’IGE
À l’occasion de sa présentation des travaux de l’IGE, Aurélien Dommergue a remis la question du climato-scepticisme sur la table. « La recherche est parfois assimilée à des croyances, à des opinions. Ce sont des faits scientifiques, des vérités scientifiques, mais l’intérêt même des recherches est parfois remis en question« , a-t-il déploré. D’autant plus concerné par la question que les recherches menées à l’IGE s’inscrivent souvent sur le temps (très) long, avec leur lot d’erreurs et d’impasses.

Philippe Baptiste a coupé le ruban pour inaugurer les nouvelles chambres froides de l’IGE, aux côtés (de gauche à droite) de Delphine Six, Aurélien Dommergue, Joëlle Hours (conseillère départementale), Yassine Lakhnech (président de l’Université-Grenoble-Alpes), Christophe Ferrari (président de la Métropole), David Queiros (maire de Saint-Martin-d’Hères), Éric Piolle (maire de Grenoble) et Charlène Duquesnay (sous-préfète). © Florent Mathieu – Place Gre’net
Et pourtant, Aurélien Dommergue rappelle comment, après des décennies de travaux, un échantillon de glace prélevé en Antarctique a permis de tracer une courbe retraçant l’histoire des climats sur les derniers 800 000 ans… en attendant de remonter peut-être encore plus loin dans le passé.
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