EN BREF – Six organisations paysannes adressent une lettre ouverte aux membres du Comité syndical du schéma de cohérence territoriale de la région grenobloise leur demandant de s’opposer au projet d’extension de la zone d’activité économique du parc des Fontaines, à Bernin. Destinée à favoriser l’agrandissement ou l’installation d’entreprises en lien avec les semi-conducteurs, l’extension prévoit en effet la requalification de 11 hectares de terres agricoles.
Après le collectif StopMicro, c’est au tour de six organisations paysannes d’exprimer, dans une lettre ouverte publiée fin février 2025, leur désaccord vis-à-vis du projet d’extension de la zone d’activité économique (ZAE) du parc des Fontaines à Bernin : l’Addear1Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural 38, l’Alliance Pec2Paysans écologistes consommateurs 38, la Confédération paysanne 38,l’association locale Accueil Paysan Aura, Atelier paysan et Accueil paysan, les deux dernières étant deux structures nationales dont le siège se trouve dans la « grande région de Grenoble ».
Porté par la Communauté de communes du Grésivaudan et par Isère Aménagement, sur la base d’un investissement d’un montant prévu entre 8 et 10 millions d’euros, le projet d’extension a fait l’objet d’une concertation préalable qui a pris fin au mois de novembre 2024.
L’agrandissement d’usines de micro-électronique… au détriment de terres agricoles
Dans leur texte adressé aux membres du Comité syndical du schéma de cohérence territoriale (Scot) de la région grenobloise, les organisations paysannes dénoncent un projet visant à « permettre l’agrandissement d’usines de micro-électronique… au détriment de terres agricoles ». Outre Soitec, présente sur le site mais qui avait indiqué « suspendre » son projet d’agrandissement, l’extension de la ZAE pourrait en effet intéresser des entreprises du domaine des semi-conducteurs comme Applied Materials ou Lam Research, selon le Grésivaudan.

Site de Soitec sur Bernin. Dénoncé par des organisations paysannes, le projet d’extension de la ZAE du parc des Fontaines vise à favoriser l’agrandissement ou l’installation d’entreprises du secteur des semi-conducteurs. © Google Maps
« Y aurait-il toujours une “bonne raison” pour détruire du foncier agricole ? », interroge la lettre ouverte. Ses auteurs sont en tout cas peu sensibles au « projet de rang national européen » que représenterait l’extension de la ZAE du parc des Fontaines, ou à l’argument selon lequel 11 hectares représentent une faible surface sur l’ensemble du territoire. « Il s’agit, rien de moins, de la capacité future à nourrir le territoire et à y maintenir une activité économique héritière de l’histoire locale et garante de notre cadre de vie », affirment-ils.
« Nous pensons, pour notre part, que les élus locaux que vous êtes devraient être vent debout contre cette nouvelle décision d’artificialisation de terres agricoles », estiment les organisations paysannes. Avant d’appeler les mêmes émus à se « positionner ouvertement et publiquement pour la défense des terres agricoles du territoire ».
Une défense qui « ne saurait être brandie comme une posture générale qu’on détricote à l’envi, selon les circonstances », ajoutent-elles. Et de conclure : « L’agriculture ne peut pas être la cinquième roue de notre carrosse territorial, qu’on valorise et célèbre seulement là où les autres activités ne cherchent pas à se développer. »
Différents usages à concilier sur fond de raréfaction du foncier disponible
La question de la disparition de 11 hectares de terres agricoles avec l’extension de la ZAE du parc des Fontaines à Bernin a été abordée dans le cadre des participations à la concertation préalable, ainsi que le rapport le mentionne.
La réponse du maîtrise d’ouvrage ? « Le foncier dédié à l’agriculture doit être pensé au regard du foncier destiné à l’habitat et à l’économie, mais aussi aux enjeux de raréfaction du foncier disponible ». Car, malgré la « forte pression sur le foncier agricole », la « reconquête des terres agricoles doit cependant être conciliée avec les différents usages du territoire ».
Crédit photo de une © Ville de Bernin – Facebook



2 réflexions sur « Six organisations paysannes s’opposent à l’extension de la ZAE de Bernin pour préserver les terres agricoles »
En réponse à la communauté de communes du Grésivaudan, cela fait trois ans que le Collectif Grignon demande les répartitions des surfaces (obligation) entre ces fonctions.
La CCLG n’a pas de stratégie, encore moins durable. Elle a rendu son bilan des ZAE en retard, en intégrant des zones qui n’existaient pas (Grignon) et prétendant à une occupation de 99%. (Le calcul est basé sur les seules parcelles bâties : les vides ne comptent …)
Le mensonge est à la mode porté ici aussi par des institutions hors sol. La guerre est à nos portes, le Grésivaudan importe 90% de son alimentation et décide d’ extra territorialiser sa zone Bernin Crolles
La CCLG a perdu tout contrôle et toute raison
Il est temps de reprendre la main sur des institutions fantoches (qui a voté pour les VP ECO et AGRICULTURE) ? Sur quel projet ?
L’heure est grave et il est temps de se réveiller
Rdv dans les prochains pour le Printemps des terres.
Le collectif Grignon
« Économie de guerre » !
https://www.francebleu.fr/emissions/l‑eco-d-ici-en-isere/plan-pour-rearmer-l-europe-l-economie-de-grenoble-repose-en-partie-sur-la-fabrication-d-armes-utilisees-en-ukraine-8170000