FOCUS – STopMicro appelait à un rassemblement devant le conseil communautaire du Grésivaudan, lundi 24 juin 2024, à l’Agora de Saint-Ismier, pour dénoncer les rejets de PFAS dans l’Isère de la part de STMicroelectronics. Selon un rapport de l’Agence régionale de santé (ARS) publié le 22 avril, l’usine ST de Crolles est en effet l’un des plus gros émetteurs de ces polluants éternels dans la région. Un nouveau « scandale sanitaire » pour le collectif, qui accuse également les pouvoirs publics de complicité, pour leur inaction.
STopMicro ne lâche pas STMicroelectronics. Mobilisé depuis 18 mois contre l’accaparement de l’eau potable par le fabricant de semi-conducteurs, le collectif l’attaque maintenant sur un autre « scandale » : ses rejets dans l’Isère de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), également appelés « polluants éternels » pour leur persistance dans l’environnement.

Affiche du collectif STopMicro accusant ST de rejeter des PFAS dans l’Isère et réclamant une plainte de la Communauté de communes du Grésivaudan. © STopMicro
Une quinzaine de militants se sont ainsi rassemblés lundi 24 juin 2024 devant l’Agora de Saint-Ismier, qui accueillait le conseil communautaire du Grésivaudan. Objectif : dénoncer « le méga-pollueur STMicroelectronics et les pouvoirs publics complices de son empoisonnement aux PFAS« , indique le collectif STopMicro.
ST à la « troisième place » des usines de la région pour les rejets de PFAS
Si l’accueil a été froid, voire « méprisant« , de la part des élus, et le dialogue peu productif, d’après les activistes, l’essentiel pour eux était surtout de placer le sujet sous les feux des projecteurs. En cause, la publication, le 22 avril 2024, d’un rapport de l’ARS évaluant les rejets dans les eaux de PFAS et fluor organique adsorbable (AOF) des usines de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Selon les données récoltées, l’usine STMicroelectronics de Crolles est en effet « l’un des plus gros émetteurs de PFAS de la région« , s’émeut STopMicro. Elle « figurait en troisième place » de ce classement provisoire – à nuancer donc, les résultats n’étant pas encore disponibles pour de nombreux industriels (à l’instar de Soitec, dont on attend encore les mesures de rejets).
Les PFAS « indispensables » à la production de semi-conducteurs
D’où proviennent ces composés perfluorés ? C’est un responsable anonyme d’entreprise qui l’avouait, cité dans The Financial Times, en mai 2023 : « Sans certains PFAS, la production de semi-conducteurs n’est tout simplement pas possible. Il n’y a pas encore d’alternatives dans les marchés. » Ces substances sont donc « indispensables » pour l’industrie de la microélectronique et ce, pour plusieurs raisons.
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