FLASH INFO – Le collectif StopMicro revendique une victoire alors que l’entreprise Soitec vient de suspendre son extension prévue sur la zone d’activité économique de Bernin. Opposés à « l’accaparement des ressources et [aux] nuisances causées par les industries locales« , les activistes de StopMicro visent particulièrement STMicroelectronics et Soitec, qu’ils accusent de « piller » l’eau potable.
Le projet d’extension remis en question, chiffré à 600 millions d’euros, prévoyait d’augmenter le site de Soitec de 11 hectares sur la zone d’activité économique (ZAE) de Bernin, ce qui devait le faire passer de 22 à 33 hectares. Deux nouvelles usines auraient ainsi du voir le jour – Bernin 5 et Bernin 6 –, Bernin 4 ayant, pour sa part, été inaugurée en septembre 2023.
StopMicro cite un courrier en date du 19 mars 2024 de la Commission nationale du débat public (CNDP) indiquant avoir été informée de la suspension du projet. « Un projet industriel d’envergure suspendu dix jours avant une grande manifestation réclamant explicitement l’abandon des agrandissements de ST et Soitec? Le doute n’est pas permis: c’est une victoire de StopMicro!« , affirme le collectif sur son site Internet.
Et pour mieux marquer le coup, les militants se sont donné rendez-vous sur le parvis du « campus d’innovation » Minatec de Grenoble le lundi 15 avril, avec champagne de rigueur.

Le champagne était de mise devant Minatec lundi 15 avril 2024 alors que des militants de StopMicro célébraient la suspension du projet d’extension de Soitec. © StopMicro
Aucun doute n’est-il permis quant à la cause de cette suspension ? « Il semble […] difficile, et par ailleurs naïf, d’imputer cette suspension d’extension à la simple conjoncture, à l’instabilité du marché, quand on sait que ce projet d’agrandissement s’inscrivait dans le temps long, d’ici 5 à 10 ans« , analyse StopMicro. Le collectif juge aussi « peu crédible » une simple coïncidence entre l’annonce de la suspension et l’appel à une grande mobilisation prévue deux semaines plus tard.
Mais dans ce cas, pourquoi ne pas avoir annoncé publiquement la suspension? « La CNDP porte mal son nom: il lui aura fallu plus de trois semaines pour qu’elle se décide à rendre publique cette information et, ô hasard, seulement une fois notre mobilisation passée« , répond le collectif. Sans vouloir « sembler paranoïaque », ce dernier y voit ainsi une « intention délibérée de [le] priver de cette victoire » et ne manque pas de fustiger « le caractère antidémocratique de cette institution« .









