FOCUS – Dans un courrier adressé aux élus vendredi 21 février 2025, François Bayrou, Premier ministre, a signifié son refus de nationaliser Vencorex Pont-de-Claix. La raison ? L’activité du site ne serait pas viable, même dans les scenarii les plus optimistes. Un pur aveu d’échec selon les élus de gauche qui ne comptent pas s’en tenir là et souhaitent faire une proposition de loi pour nationaliser temporairement l’usine. [Article mis à jour le 26 février à 8 h 30 pour intégrer la réaction de PS isérois]
« Une analyse indépendante a été menée par le cabinet Alix Partners et partagée avec l’expert du comité social et économique. Cette expertise a démontré que l’activité de Vencorex n’[était] pas viable selon tous les scénarios étudiés, y compris les plus optimistes, avec des pertes cumulées de plusieurs centaines de millions d’euros à un horizon 2032/2033 », a indiqué François Bayrou par courrier le 21 février 2025, en réponse à la demande de nationaliser le site.
Un courrier qui survient alors que le sort de Vencorex Pont-de-Claix, placée en redressement judiciaire depuis septembre, se décidera le 6 mars 2025. Le tribunal de commerce de Lyon pourrait alors acter son placement en liquidation.

François Bayrou, lors d’une visite à Grenoble. © Manuel Pavard – Place Gre’net
De quoi sérieusement doucher les espoirs des élus locaux qui avaient adressé une lettre au Premier ministre le 4 février 2025 pour lui faire part de cette requête et envisager des scénarios de sauvetage de Vencorex. À savoir, Fabrice Pannekoucke, président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, Raphaël Guerrero, maire de Jarrie, ainsi que les députés et sénateurs isérois.
Le refus de nationaliser Vencorex : « un aveu d’impuissance terrible »
« C’est avec une grande déception et un sentiment d’abandon brutal et total que nous, élus locaux, avons pris connaissance du courrier du Premier ministre par lequel il adresse finalement, sans argument, une fin de non-recevoir au territoire, aux élus, aux syndicats, aux salariés », déplore ainsi Christophe Ferrari dans un communiqué envoyé le 24 février dans la soirée.
Pour ce dernier, « le Premier ministre fait le choix de n’apporter aucune réponse volontaire,
concrète sur la pérennité, l’avenir des sites de Pont-de-Claix et de Jarrie. Aucune garantie,
aucune précision non plus sur la manière dont l’État garantira leur mise en sécurité, leur
dépollution et leur reconversion, hormis l’allusion à un vague “Pacte avec le territoire” (cf. encadré, ndlr) dont ni les contours, ni le calendrier, ni les financements, ne sont précisés. »
« Cette position est un aveu d’impuissance terrible, poursuit Christophe Ferrari, de la part du Premier ministre qui nous indique aujourd’hui, en définitive, qu’il ne peut rien faire pour sauver l’avenir de 2 des 18 plateformes chimiques françaises et de leurs 6 000 emplois associés. »
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4 réflexions sur « Industrie chimique : l’Etat renonce à nationaliser Vencorex Pont-de-Claix, la gauche joue son va-tout »
C’est la fête pour les écolos de Stop Micro : Vencorex va disparaître.
Il ne leur reste plus qu’à couler ST Micro et là aussi, gros coup de chance, l’entreprise à de graves problèmes.
Quant à Eric « je m’en fous un peu », le mentor de Laurence Ruffin (j’oublie les deux pom pom girls), il s’en fout aussi ?
https://www.placegrenet.fr/2024/10/08/pollution-de-lisere-aux-pfas-le-collectif-stop-micro-denonce-un-scandale-sanitaire-et-appelle-a-faire-un-autre-choix-de-societe/637533
Voici un article fort intéressant permettant de bien préciser les tenants et aboutissants du dossier Vencorex.
Son activité principale c’est la fabrication d’isocyanates. En croisant différentes sources d’information j’ai retenu que la fourniture de sel de très haute pureté à ARKEMA ne représente que 3 % de son chiffre d’affaires. C’est sans doute stratégique pour les activités militaires et spatiales, mais marginal dans ses activités ? Par ailleurs la DGA semble avoir identifié une autre source d’approvisionnement.
https://www.portail-ie.fr/univers/enjeux-de-puissances-et-geoeconomie/2025/vencorex-en-peril/
Mais c’est encore un recul important de la chimie française, et même au-delà de la chimie européenne qui va très mal par exemple en Allemagne. Mais les pleureuses politiques qui se découvrent maintenant un amour pour la chimie n’en sont-ils pas un peu responsables ?
Il est évoqué aussi la piste de la nationalisation temporaire en faisant référence à ce qui s’est passé pour les chantiers navals de Saint-Nazaire. Dans ce dernier cas la situation est bien différente de celle de Vencorex. En effet, dans le cas des chantiers navals de Saint-Nazaire, le carnet de commande était rempli avec 10 ans de travail, et il y avait bien un repreneur pour l’ensemble des activités. La nationalisation temporaire était juste pour donner un peu de temps pour refaire un tour de piste avec les actionnaires, car l’État français ne souhaitait pas que les Italiens soit actionnaires majoritaires.
Il faut nationaliser la ferme Rony !
https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-de-la-redaction/ca-fait-six-ans-que-nous-cherchons-un-repreneur-en-vain-dans-le-vercors-la-ferme-rony-baisse-le-rideau-8496643
C’est certes ennuyeux, mais y a-t-il un projet industriel sérieux comme une modernisation de l’usine vieillissante, un nouveau produit, ou de nouveaux clients pour relancer Vencorex ?