REPORTAGE VIDÉO - Jugé depuis le 25 novembre par la cour d'assises de l'Isère, Ludovic Bertin a été condamné, vendredi 6 décembre 2024, à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Victorine Dartois, précédé d'une tentative de viol en 2020, ainsi que pour un autre viol commis en 2018. Il voit sa peine assortie d'une période de sûreté de vingt ans. Victorine, 18 ans, avait été retrouvée morte le 28 septembre 2020, deux jours après sa disparition à Villefontaine.
Au terme de deux semaines de procès et après huit heures de délibération, le verdict est donc tombé pour l'ensemble des crimes reprochés à Ludovic Bertin : la réclusion criminelle à perpétuité. Lors de son réquisitoire, l'avocate générale Françoise Benezech avait requis la même peine pour le meurtre de Victorine Dartois et un viol commis en 2018, mais assortie d'une période de sûreté de vingt-cinq ans, revue à la baisse par le jury. Le ministère public avait en effet estimé que l’accusé avait perpétré son dernier crime en suivant un « scénario soigneusement calculé » et avait ainsi agi « comme un prédateur ».
La cour a, par ailleurs, condamné Ludovic Bertin à l’interdiction de porter une arme pendant quinze ans et à son inéligibilité pendant dix ans. La cour d'assises a également décidé de son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).

Les proches et amis de la famille de Victorine Dartois étaient nombreux à attendre la fin de la délibération du jury dans la salle des pas perdus du palais de justice. © Joël Kermabon - Place Gre'net
Victorine Dartois, étudiante en BTS communication, avait disparu le 26 septembre 2020 alors qu’elle rentrait à pied chez elle à Villefontaine après un après-midi passé avec des amies. On avait retrouvé son corps deux jours plus tard dans un ruisseau, son jean abandonné à quelques pas de là. L’autopsie avait établi que la jeune fille avait subi un étranglement avant d‘être noyée.
Ludovic Bertin avait « reconnu son implication » et avoué son crime lors de sa garde à vue. C'est son meilleur ami de l'époque qui l'avait dénoncé auprès des gendarmes, peu après les faits. Il a en revanche toujours nié avoir tenté de violer Victorine, justifiant son geste d'étranglement par une « dispute » lors d'une rencontre alors qu'il « faisait un jogging », ce qui n'a pas du tout convaincu la cour et le jury.
Le soulagement de la famille de Victorine
Dans l'attente du verdict, les proches, les amis et la famille de Victorine étaient venus nombreux dans la salle d'audience archi-comble. Beaucoup portaient des vêtements de couleur orange, « la couleur préférée de Victorine », selon l'une de ses amies. Puis, dans un silence impressionnant, Valérie Blain, présidente de la cour d'assises de l'Isère a fait lecture de l'arrêt de condamnation de Ludovic Bertin, le rendant coupable de tous les chefs d'accusation.
À la sortie de l'audience, la famille de Victorine a exprimé son grand soulagement. À commencer par Romane Dartois, sœur de Victorine, qui, de manière très touchante, a fait état de sa grande satisfaction de savoir que Ludovic Bertin resterait très longtemps en prison.
Les parents de Victorine ont également tour à tour pris la parole. « La perpétuité, c'est ce qu'on attendait. Nous sommes très, très heureux », a ainsi fait savoir Sylvie Dartois, mère de la jeune fille, pour qui la peine « est à la hauteur des faits ».
Quant à James Dartois, ce dernier a aussi fait part de son immense soulagement. « Avant que la présidente ne livre le verdict de la cour, j'avais peur d'une déception. Ça n'a pas été le cas [...] On peut croire à la justice en France », a-t-il souligné, ne cachant pas son émotion.
Ludovic Bertin se sent « légitimement abattu » selon son avocat
De son côté, Me Arnaud Adelise, l'avocat de Ludovic Bertin, qui s'est très peu exprimé tout au long du procès, fait savoir qu'il souhaite « ne pas réagir à chaud », préférant « étudier plus en détail les motivations de la cour d'assises ».
Interrogé sur l'état d'esprit de Ludovic Bertin, l'avocat explique « qu'un homme qui vient d'apprendre qu'il y a une peine de perpétuité à son encontre, naturellement, se sent légitimement abattu ».
Toujours est-il que Ludovic Bertin dispose d'une période de dix jours pour interjeter appel de sa condamnation. « S'il fait appel, nous recommencerons, nous serons là », assure quant à elle Kelly Monteiro, l'avocate de la famille Dartois.


