FOCUS – Les syndicats CGT et CFDT font part de leurs inquiétudes après les dernières annonces de Jean-Marc Chéry. Le PDG de STMicroelectronics a en effet dessiné des perspectives de réduction des coûts de l’entreprise. Dans un courrier adressé au gouvernement, les deux organisations syndicales disent craindre pour l’avenir de plusieurs sites du groupe, et notamment une partie de l’usine de Crolles.
Les syndicats CGT et CFDT s’inquiètent des récentes déclarations de Jean-Marc Chéry, président de STMicroelectronics, sur une réduction des coûts via un « nouveau programme à l’échelle de l’entreprise« , comme le rapporte Les Échos. L’annonce a été faite à la fin du mois d’octobre 2024, alors que STMicro publiait ses résultats du troisième trimestre, accusant un bénéfice en recul de 67,8 %, pour s’élever (tout de même) à 351 millions de dollars.

Jean-Marc Chéry aux côtés de Thierry Breton, alors commissaire européen pour le marché intérieur, à l’occasion d’une visite présidentielle en 2022. © Joël Kermabon – Place Gre’net (capture d’écran)
Le 13 novembre 2024, les deux organisations syndicales ont pris la plume pour exprimer leurs inquiétudes au président de la République Emmanuel Macron, ainsi qu’au Premier ministre Michel Barnier, au ministre de l’Économie Antoine Armand et au ministre de l’Industrie Marc Ferracci. Sans oublier le président du Conseil de surveillance de STMicro (et directeur de BPI France) Nicolas Dufourcq et le directeur général des entreprises Thomas Courbe.
Des sites de STMicro menacés en France?
« Cette annonce questionne la stratégie industrielle du groupe en France« , estiment les deux syndicats dans leur courrier. Alors que Jean-Marc Chéry a cité l’accélération des capacités de production en silicium vers le 300 mm et en carbure de silicium vers le 200 mm, les organisations s’inquiètent en effet du devenir des usines qui ne sont pas en mesure sur le plan structurel de se tourner vers ces productions. Et ceci qu’il s’agisse de Tours, de Rousset, mais aussi d’une partie du site de Crolles en Isère.
« Cette préannonce […] semble présager une restructuration d’ampleur, rejoignant le récent cortège de casse sociale et industrielle en France et en Europe« , alertent encore les syndicats. Pour ces derniers, « la préservation de l’emploi et des compétences industrielles stratégiques en France et en Europe doivent demeurer des lignes rouges qu’il convient de ne pas franchir« . Et ceux-ci de rappeler que STMicro « fait partie des entreprises qui bénéficient largement de subventions publiques« , parmi d’autres aides.
La CGT et la CFDT informent enfin les destinataires de leur courrier avoir demandé l’organisation de réunions extraordinaires pour permettre au PDG du groupe de « présenter en détail sa vision, sa stratégie industrielle« . Une demande refusée, la direction souhaitant attendre la tenue du CSE central ordinaire du 18 décembre 2024. Soit « un mois après que la direction aura donné de la visibilité aux marchés financiers et à la presse, à l’occasion du Capital Days, le 20 novembre prochain« , protestent les syndicats.
DES VENTES D’ACTIONS QUI INTERROGENT LA CGT
La CGT STMicroelectronics indique par ailleurs, via un autre communiqué, cette fois en date du 8 novembre 2024, « avoir pris connaissance d’informations concernant des ventes d’actions effectuées par les membres du Comité exécutif de STMicro en mai 2024« . « À l’heure actuelle, nous travaillons toujours à comprendre ces mouvements financiers, que l’on retrouve chez ST année après année et que nous jugeons importants« , note le syndicat.
Selon la direction, ces ventes seraient « destinées à couvrir l’impôt« . « Cet impôt serait, “conformément aux règles fiscales en vigueur”, ”dû et exigible” au moment de l’acquisition des actions. Il s’agirait donc de “ventes techniques” et sans “aucune action ou instruction de la part des personnes concernées”, qui seraient organisées pour “payer l’impôt correspondant”, rapporte la CGT.
Le syndicat semble toutefois dubitatif face à cette explication technique et note avoir « posé par écrit un certain nombre de questions supplémentaires » à la direction, pour l’heure restée sans réponse. Ce non sans redire son opposition à « ce mode de rémunération discrétionnaire et qui ne participe pas à une redistribution équitable de la richesse » et à « une rémunération excessive des actionnaires, alors que les salarié-es sont très mal augmentés« , de surcroît quand il est question de réduire les coûts de l’entreprise.
Sollicitée par Place Gre’net, la direction de STMicro a répondu: « Nous n’avons pas pour habitude de commenter les communications syndicales car nous menons un dialogue social régulier. »










Une réflexion sur « Réduction des coûts annoncée chez STMicroelectronics : la CGT et la CFDT s’inquiètent »
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