FOCUS – Figure éminente du Parti socialiste, agrégé d’Histoire, fidèle compagnon de route de François Mitterrand, Louis Mermaz, qui fut entre autres ministre, député de l’Isère et président de l’Assemblée nationale mais aussi sénateur et maire de Vienne, s’est éteint ce jeudi 15 août 2024 à l’âge de 92 ans. Une disparition qui a suscité de nombreuses réactions de tous bords.
« Louis a voué sa vie à la France (…) Sa vie était un combat afin de promouvoir les idées socialistes qu’il a en partie construit aux côtés de François Mitterrand », rappelle la Fédération de l’Isère du Parti socialiste réagissant à la mort de Louis Mermaz, ce jeudi 15 août 2024.
Entré en politique dans les années 50, l’homme a été plusieurs fois ministre. Ce proche de François Mitterrand a aussi été nommé président de l’Assemblée nationale en 1981 et a conservé ce poste jusqu’en 1986. Il a par ailleurs présidé le groupe socialiste à l’Assemblée de 1988 à 1990.
« Figure emblématique de l’Isère comme Gisèle Halimi ou Hubert Dubedout »
Au niveau local, il a remporté les législatives en Isère en 1967 où il a été réélu sept fois député. Devenu maire de Vienne en 1971, il ne cèdera sa place qu’en 2001. Pendant quinze ans, de 1971 à 2001, il a en outre présidé le conseil général de l’Isère.
« Ce professeur agrégé d’histoire fera de l’Isère, avec les figures emblématiques socialistes comme Gisèle Halimi ou encore Hubert Dubedout, une terre socialiste, tout comme le territoire de Vienne qu’il chérira jusqu’à il y a encore quelques semaines où il était venu soutenir les candidats aux élections européennes », commente la Fédération de l’Isère du Parti socialiste.

Louis Mermaz, ancien président de l’Assemblée nationale, est décédé jeudi 15 août 2024. Ici, en compagnie de Jacques Delors. DR
Au début des années 2000, Louis Mermaz a pris la défense des clandestins et œuvré à l’amélioration des centres de détention. Par la suite, il poursuivra son action contre les politiques d’immigration en tant que sénateur, mandat qu’il a occupé pendant dix ans.
En 2013, il a publié ses mémoires Il faut que je vous dise, aux éditions Odile Jacob. Son dernier livre Le Fonds Louis Mermaz, Une source pour l’histoire d’une période de mutation de la vie politique française est paru en janvier 2024 aux éditions Le Bord de l’eau.
De nombreuses réactions louant le personnage et ses réalisations
Sur les réseaux sociaux ou via des communiqués de presse, les réactions de personnalités socialistes qui l’ont côtoyé affluent. Notamment celle d’Eliane Giraud, ex-sénatrice PS de l’Isère de 2014 à 2017 : « Avec lui, si tu n’étais pas d’accord, il fallait s’armer d’une réflexion solide (…) Louis Mermaz vient de partir en plein cœur de l’été et je n’ai pas du tout envie de lui dire Adieu mais Merci. »
Jérôme Safar, ex-adjoint PS à la Ville de Grenoble, ne tarit pas d’éloges à son sujet : « L’homme, fin, érudit, chaleureux sans démonstration, attentionné et loyal, était le contraire de toutes les caricatures parfois gratuitement méchantes qui étaient faites à son encontre. Il était profondément humain et attaché à la République. »
Christophe Bouvier, maire PS de Chasse-sur-Rhône et conseiller régional, confie quant à lui avoir eu « le privilège de déjeuner avec lui il y a encore deux mois ». Un déjeuner au cours duquel « sa passion pour la politique et son engagement pour l’Isère étaient toujours aussi vifs ». Le maire PS poursuit : « Sous sa direction, Vienne a prospéré, et le département a bénéficié de ses nombreuses initiatives pour améliorer la vie de ses habitants. »
Bien que ne partageant pas les mêmes convictions politiques, l’actuel maire de Vienne, Thierry Kovack, tire également son coup de chapeau à son prédécesseur. « Comme maire de Vienne, il a beaucoup agi en faveur du logement, lutté contre l’insalubrité qui affectait la ville et contribué à la construction du quartier de Malissol (…) Je n’oublie pas qu’il a accompagné la création du festival Jazz à Vienne, événement phare qui fait la renommée de notre ville », ajoute-t-il pour finir.

Louis Mermaz a jouté un rôle décisif dans l’implantation du Synchrotron à Grenoble © ESRF
Dans un communiqué de presse diffusé ce vendredi 16 août, le maire de Grenoble Éric Piolle et l’ensemble des élus de la majorité municipale rendent, à leur tour, hommage à la mémoire de l’ancien homme politique qui « a marqué la vie politique iséroise ». Les élus grenoblois saluent en particulier le « rôle décisif [qu’a joué Louis Mermaz] dans le choix de Grenoble pour l’implantation du Synchrotron » et le « militant des droits humains (…) engagé sur les questions d’immigration, du droit d’asile et des conditions de détention ».
Au tour d’Alain Carignon de réagir ce samedi 17 août au décès de Louis Mermaz. « Après Robert Badinter ou Roland Dumas, une grande figure du Mitterrandisme disparaît », considère le conseiller municipal du groupe d’opposition société civile, divers droite et centre à Grenoble. Ce dernier, qui fut ministre RPR sous la présidence de François Mitterrand, dit par ailleurs s’être « toujours (…) étonné » de la « révérence » que Louis Mermaz faisait à l’ancien chef de l’Etat, lorsqu’il les croisait ensemble.
« Il a symbolisé une période où, de Pierre Mendès-France à Hubert Dubedout, la gauche triomphante dominait notre territoire. Il appartient désormais à l’histoire de notre République et de notre département », ponctue l’opposant de droite.



Une réflexion sur « Disparition de Louis Mermaz, ancien député et sénateur PS isérois plusieurs fois ministre »
Le « tueur » d’Hubert Dubedout , ne l’oublions pas. Il fut au maire de Grenoble ce que Mitterrand, son maître, fut à Rocard. Un peu de nuance dans l’éloge funèbre.