FOCUS – Le Département de l’Isère a annoncé, le 17 juillet 2024, la signature d’une convention de passage autorisant l’accès à un itinéraire de randonnée balisé sur les terres privées du marquis Bruno de Quinsonas-Oudinot, dans la réserve naturelle des Hauts de Chartreuse. Un document certes attendu par les associations. Mais dans une réaction commune diffusée mardi 30 juillet, Mountain Wilderness et ses partenaires déplorent le manque de concertation et surtout les insuffisances de cet accord, qui laisse de nombreux secteurs interdits aux usagers de la montagne.
« Convention de passage sur les Hauts de Chartreuse : pourquoi il est trop tôt pour célébrer« . Le titre du communiqué commun, publié mardi 30 juillet 2024 par Mountain Wilderness, le collectif Chartreuse libre, l’Union nationale des accompagnateurs en montagne (Unam), le Syndicat interprofessionnel de la montagne (Sim) et France nature environnement (FNE AuRA et Isère), traduit bien leur position : la signature de cet accord n’est « qu’une première étape qu’il sera rapidement nécessaire de dépasser« .

Le marquis de Quinsonas, entouré des présidents du PNR de Chartreuse, du Département et du préfet, sur l’un des deux sentiers balisés rouverts aux randonneurs, après la signature d’une convention de passage. © Département de l’Isère
Le contenu de cette convention de passage a été présenté le 17 juillet, lors d’une conférence de presse organisée sur les lieux, en présence d’une partie des acteurs : le président du Département de l’Isère Jean-Pierre Barbier et le marquis Bruno de Quinsonas-Oudinot, tous deux signataires le 9 juillet, ainsi que le préfet Louis Laugier et le président du Parc naturel régional (PNR) de Chartreuse Dominique Escaron.
Les deux sentiers balisés de nouveau ouverts aux randonneurs
Tous se sont félicités de cette sortie de crise « par le haut« , après un an de conflit et controverse entre les randonneurs et le marquis, propriétaire d’une partie de la réserve naturelle des Hauts de Chartreuse. Près de 800 hectares (soit 18 % de la réserve) interdits d’accès depuis l’été 2023, tout comme les deux sentiers balisés du Vallon de Marcieu et du passage de l’Aulp du Seuil.

Entre 600 et 1000 personnes avaient participé, le 15 octobre 2023, à une randonnée au col de Marcieu, à l’appel du collectif Chartreuse libre et de plusieurs associations, pour protester contre la privatisation d’une partie de la réserve naturelle des Hauts de Chartreuse. © Benoit Audigé
La convention permet donc la réouverture de cet itinéraire de randonnée – et de lui seul. Ce qui constitue ainsi « un retour à la situation d’origine » pour les randonneurs, et va enfin « clarifier la situation d’un point de vue juridique« , saluent les associations, qui se réjouissent pour cela de cette signature, « attendue » et « nécessaire« . Néanmoins, celles-ci ne cachent pas leurs réticences.
Une convention de passage trop « tardive » et « insuffisante »
Tout d’abord, ce document rattrape en réalité « un retard de près de 30 ans« , puisqu’il aurait « dû être signé lors de la création du PNR de Chartreuse« , en 1995, estiment Mountain Wilderness et ses alliés. Lesquels pointent aussi l’absence d’une « concertation élargie« , regrettant « qu’aucune fédération, association, syndicat ou collectif n’ait été consulté ». Il est en outre « incompréhensible » que le comité consultatif de la réserve naturelle n’ait pas été impliqué, s’étonnent-ils.
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