DÉCRYPTAGE – Avec le retour de la canicule au cœur du mois d’août, les habitants de l’agglomération grenobloise et les vacanciers se ruent vers les lacs et les sommets environnants, en quête de fraîcheur. Si les professionnels du tourisme se frottent les mains, de nombreux massifs et lacs naturels souffrent de cette surfréquentation. Comment y remédier ? En imposant des quotas ? En mettant les visiteurs à contribution ? Élus et professionnels sont partagés.
«On a rejoint le club des Calanques !», a annoncé Dominique Escaron, président du Parc naturel régional de Chartreuse et maire du Sappey-en-Chartreuse, lors d’une conférence de presse en début d’été. On pourrait croire à une bonne nouvelle, mais pas tant que cela… À travers cette boutade, l’élu faisait référence à la surfréquentation touristique de certains sites naturels du parc. Un problème à plus d’un titre, à commencer pour les milieux naturels.

Balisage pour protéger des sites fragiles trop piétinés par le passage des randonneurs en Belledonne. © Audrey Prévitali
À Marseille, comme en Chartreuse et ailleurs en Isère, des espaces naturels sont victimes de leur succès. En 2017, déjà 75 400 visiteurs montaient au sommet du Charmant Som. En 2020, ils sont passés à 90 000, indique Catherine Balestra, responsable de la mission tourisme au Parc naturel régional de Chartreuse.
Conséquence de cette surfréquentation : l’érosion des sols des sentiers pédestres, qui entraîne une moindre capacité fertile et une perte de biodiversité, la nature n’ayant pas le temps de se régénérer. Pour limiter les dégâts, l’itinéraire pour monter au Charmant Som a été repensé, afin de mieux respecter les courbes de niveau, avec une signalétique plus visible. «On s’est posé la question de faire un itinéraire en boucle, précise Catherine Balestra, mais on y a renoncé pour inciter les personnes à réduire leur impact sur l’environnement.»
Vans et camping-cars moins envahissants cet été à Chamechaude
Les aménagements et balisages de sentier contribuent à canaliser le flux de randonneurs mais ne suffisent pas toujours. Depuis 2022, Sylvain Duloutre, maire de Sarcenas, a ainsi interdit la circulation sur une piste forestière sous Chamechaude pour empêcher les nombreux camping-cars de stationner en zone naturelle. «L’année dernière, la signalisation n’était pas respectée et nous avions matérialisé la fermeture par une chaîne qui était régulièrement enlevée ou détériorée », relate-t-il.
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3 réflexions sur « Surfréquentation des lacs et montagnes en Isère : vers des mesures de restriction inéluctables »
Ne faites pas fuir les touristes qui font vivre ces zones éloignées. N’oubliez pas certains pays savent très bien les accueillir.un jour on regrettera..
Et sinon, on va encore avoir le droit de faire quelque chose?
Ah mais oui. On a déjà le droit de réfléchir à ce qu’on fait plutôt que de consommer la nature comme un produit jetable.