FOCUS – Le Cabaret frappé est de retour à Grenoble pour son édition 2024, toujours au jardin de ville, et toujours gratuit, avec une volonté de mélanger les cultures et les publics au travers d’une programmation variée. L’événement se tient du dimanche 7 au jeudi 11 juillet, des dates choisies par les organisateurs pour ne pas se télescoper avec les Jeux olympiques de Paris… mais sans prévoir la tenue d’élections législatives anticipées, et un second tour tombant précisément le 7.
Chaque organisateur d’événements le sait: toute programmation porte son lot d’inconnus. Et la Ville de Grenoble est bien placée pour le savoir: si elle avait fixé les dates de l’édition 2024 du Cabaret frappé du dimanche 7 au jeudi 11 juillet afin d’éviter un télescopage avec les Jeux olympiques de Paris, très gourmands en forces de l’ordre pour assurer leur sécurité, elle n’avait pas prévu la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation en catastrophe d’élections législatives dont le second tour tombe, précisément… le dimanche 7 juillet.

Damien Arnaud et Olivier Bertrand lors de la présentation du Cabaret frappé 2024. © Florent Mathieu – Place Gre’net
« C’est particulier un dimanche pour démarrer, mais on sait que ça fonctionne le dimanche aussi, et même bien [puisque] les gens sont disponibles« , faisait remarquer Olivier Bertrand, adjoint de Grenoble en charge de l’Événementiel, à l’occasion de la présentation de l’événement, le 7 mai. Pour que cela « fonctionne » aussi sur fond de résultats électoraux, la Ville a décidé d’avancer les horaires des concerts. Au lieu de 19 heures, les festivités débuteront à 15 h 30, pour un dernier concert à partir de 18 h 10. Et ceci « afin que les résultats du scrutin soient annoncés dans le calme« .
Le Cabaret frappé prône la rencontre des cultures
En dehors de cette péripétie, et le Cabaret frappé en a connu des pires durant la crise sanitaire, le rendez-vous grenoblois conserve sa formule habituelle, note Olivier Bertrand. D’abord en ce qui concerne sa localisation, toujours au jardin de ville. « C’est un peu sa marque de fabrique, c’est un festival de centre-ville, il n’y en a pas tant que ça« , souligne l’élu. Un plus, ajoute-t-il, pour son bilan carbone, quand la plupart des spectateurs viennent à pied, en vélo ou en transport en commun.

Le Cabaret frappé prend ses marques au jardin de ville du 7 au 11 juillet 2024. © Auriane Poillet – Ville de Grenoble
L’occasion pour Olivier Bertrand de vanter le « travail très particulier effectué sur l’éco-responsabilité » dans l’organisation du Cabaret, et ceci sur chaque poste. Qu’il s’agisse de l’éclairage, du tri sélectif, de l’alimentation, des toilettes sèches ou encore les matériaux utilisés. « On essaye année après année de monter d’un cran supplémentaire. Ça va même jusqu’à une association qui récupère les cordes de guitare!« , note-t-il.
Dernière particularité qui reste de mise: la rencontre des cultures, explique enfin Olivier Bertrand. « L’objectif, c’est de s’adresser à tous les publics. C’est un festival qui a vocation à mixer les esthétiques, les publics, les âges, les origines sociales, les Grenoblois ou les touristes de passage ou les habitants de l’agglomération, etc.« , décrit l’élu. Qui concède qu’il est difficile de chiffrer le nombre de spectateurs, dans le cadre d’un rendez-vous en plein air où les gens vont et viennent, mais qui mise sur une fréquentation de l’ordre de 10 000 personnes par soir.
Dix-sept concerts à l’affiche, dont sept artistes grenoblois
Pour le programmateur de l’événement Damien Arnaud, de l’association Retour de scène, la densité même des propositions permet de répondre à cet objectif de diversité des esthétiques et des publics. En tout, sur cinq soirs, ce sont 17 groupes qui vont se produire, sans thématique particulière, mais avec une attention portée à la parité entre les artistes se présentant sur scène, ainsi qu’à la scène locale. Sur les 17 concerts prévus, sept seront ainsi assurés par des artistes grenoblois.
Pas de “vedettes” à l’horizon, cependant. « Depuis quelques années, on a peut-être moins de têtes d’affiche ou de groupes que le grand public connaît« , admet Damien Arnaud. Les musiciens les plus populaires demandent en effet des cachets de plus en plus élevés et le Cabaret frappé repose sur ses seuls financements institutionnels, après être passé à la gratuité, sur décision de la Ville de Grenoble en 2016. Mais pour le programmateur, le public répond présent, malgré tout.
De la chanson pop à l’électro en passant par le rap et le funk
Au programme du Cabaret frappé 2024? Le dimanche 7 juillet, le festival s’ouvre sur un concert pour toute la famille avec le groupe grenoblois P’tits maux d’mômes, avant de faire monter sur scène Astereotypie (post-punk), puis les américains Brooklyn Funk Essentials. Le lundi 8 juillet, se succèderont sur la scène les grenoblois Scrap Fellas (rock), le producteur électro Issi, la chanteuse pop Solann et le rappeur belge Peet.

Jaly Lyz se dit « honorée » d’être invitée à monter sur la scène du Cabaret frappé. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Le mardi 9 juillet s’ouvre sur un concert de la grenobloise Jaly Luz (reggae dub latino) qui, de passage lors de la présentation du Cabaret, a dit combien elle était « honorée » de faire partie de la programmation, « un de ses rêves absolus« . L’italienne Daniela Pes (folk) prendra la suite, suivi d’un autre grenoblois, Johan Papaconstantino (electro) et pour finir de l’artiste espagnole Lapili (reggaeton).
Mercredi 10 juillet, le groupe de chanson rock grenoblois Atomic Ping Pong monte sur scène pour ouvrir la soirée, puis l’artiste franco-iranien Arash Sarkechik, et le pianiste autodidacte et producteur électro Laake. Enfin, le jeudi 11 juillet, dernier soir du festival, passeront sur scène le groupe de Grenoble The French Bastards (post jazz electronica), les groupes Nidia Congora & Canalon de Timbiqui x Reco Reco (afro-colombien électro), puis l’artiste soul français Féfé.










