FOCUS – Mehdi Ben Fredj, alias Guizmaths, “influenceur” grenoblois très actif sur les réseaux sociaux et très engagé contre la majorité municipale, doit comparaître devant la cour criminelle départementale pour des faits de viols sur mineur qui lui sont reprochés. Une affaire dont ne manque pas de s’emparer le groupe d’opposition LFI pour mettre en cause Clément Chappet, président de l’autre groupe d’opposition (de droite) Réconcilier Grenoble, et lui reprocher d’avoir partagé des contenus de l’internaute ou d’y avoir figuré.
Dans un article en date du 3 janvier 2026, le site Grenoble Le Changement décrivait Guizmaths, alias Mehdi Ben Fredj, comme un « étonnant et attachant Grenoblois qui occupe un espace de plus en plus important sur les réseaux ». Étonnant, attachant… et désormais quelque peu embarrassant ? L’influenceur grenoblois, engagé contre la majorité municipale et très actif durant la campagne d’Alain Carignon, doit en effet comparaître devant la cour criminelle départementale de l’Isère pour des faits de viols sur mineur qui lui sont reprochés.

\ Mehdi Ben Fredj, alias Guizmaths. © Grenoble Agglo – Facebook
C’est Le Dauphiné libéré qui a révélé l’information, laquelle circulait visiblement depuis plusieurs semaines dans les “milieux autorisés” grenoblois. Et la procédure est pour le moins complexe : en octobre 2025, Guizmaths avait bénéficié d’un non-lieu, après cinq ans d’instruction. Mais en mai 2026, la cour d’appel de Grenoble en a décidé autrement et renvoyé l’internaute devant la cour criminelle. Une décision finalement confirmée, le 16 septembre 2026, par la Cour de cassation.
Des faits présumés remontant à 2003
Les accusations ? En 2019, un homme d’une trentaine d’années a porté plainte contre l’influenceur pour des faits d’agressions sexuelles présumés commis en 2003, alors qu’il avait 13 ans. Guizmaths, alors âgé de 21 ans, lui aurait pratiqué des “massages” lors de cours particuliers de mathématiques, le domaine d’excellence de l’internaute, d’où son pseudonyme.
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![Nouvel accrochage entre Réconcilier Grenoble et LFI autour de Barbara Butch, du Cabaret frappé... et de la "judéité" "Je vous demande à la fois d'avoir des propos respectueux les uns envers les autres, mais aussi de traiter les sujets qui sont à l'ordre du jour". C'est avec ces mots que Laurence Ruffin, maire de Grenoble, a ouvert le troisième conseil municipal de son mandat le mardi 26 mai 2026. Sept heures plus tard, une délibération concernant les racks à vélo pour le Cabaret frappé allait donner lieu... à des prises de parole sur la lutte palestinienne et à un incident de séance entre les groupes d'opposition LFI et Réconcilier Grenoble. Laurence Ruffin au poste de maire lors du conseil municipal du 25 mai 2026. © Florent Mathieu - Place Gre'net Comment en sommes-nous arrivés là? Les élus insoumis ont profité de la délibération pour (re)dire tout le mal qu'ils pensaient de la programmation de la DJ Barbara Butch à l'édition 2026 du festival. Peu satisfait de la réponse qu'avait adressé (et qu'allait répéter) l'adjoint à la Culture Alexis Monge lors d'une première interpellation, le chef de file du groupe LFI Allan Brunon a, une fois encore, interpellé l'exécutif grenoblois pour lui demander "une clarification politique". Autrement dit, soit déprogrammer l'artiste, soit rejoindre l'appel au boycott lancé par les Insoumis. 1 Barbara Butch est dans le viseur de LFI pour figurer parmi les signataires d'une tribune soutenant la proposition de loi Yadan. Un texte, depuis retiré, qui entendait faciliter les poursuites en cas de contestation du droit à exister de l'État d'Israël. Et ceci dans le but de lutter contre les "formes renouvelées de l'antisémitisme". Et qui, pour ses détracteurs, menaçait de criminaliser le soutien à la cause palestinienne. Ainsi que l'a longuement rappelé Allan Brunon, fustigeant une loi visant à "stigmatiser tout un pan de ceux qui luttent contre le génocide a Gaza". <!--yith_wcmbs_alternative_content-->
<!--yith_wcmbs_members_only_content_start--> Violemment attaquée par des milieux identitaires ou marqués à l'ultra-droite pour avoir participé à une (prétendue) parodie de La Cène lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, Barbara Butch est aujourd'hui dans le collimateur de LFI pour avoir signé une tribune de soutien à la loi Yadan. DR Mais Allan Brunon n'a pas été le seul à prendre la parole parmi les rangs des Insoumis. Le groupe a mis les bouchées triples avec trois interventions à la suite. Celle d'Allan Brunon, suivie par celle d'Abdelnour Djebbouri et de Khemisti Boubeker. Quitte à s'autoriser quelques balles perdues, comme une en direction... des Socialistes, dont certains comme François Hollande ont également signé la tribune incriminée. Tandis que l'élue PS de la majorité Amandine Germain s'est vue reprocher d'avoir approuvé le retrait de subvention du Département à un festival isérois pour avoir programmé le rappeur Médine. Mais c'est évidemment l'État d'Israël qui était dans le collimateur. Barbara Butch, une artiste chantre de l'amour? "Est-ce qu'il y a eu de l'amour pendant la Nakba en 1947, pendant les expulsions, pendant les massacres, pendant les spoliations de terre? Est-ce qu'il y a encore de l'amour aujourd'hui lors des destructions de maisons, les expulsions, les checkpoints, l’apartheid et la colonisation en cours?", a martelé Abdelnour Djebbouri. "Lorsqu'il s'agit d'Israël, [...], les sanctions culturelles restent quasi inexistantes. On a pu le voir encore avec l'Eurovision", a rajouté Khemisti Boubeker. 2 L'élue du groupe Réconcilier Grenoble Émilie Chalas a, par la suite, pris la parole pour commenter la prise de position de LFI. "Le sujet au fond, ce qui amène à chaque La France Insoumise à s'exprimer, c'est la question du judaïsme. [...] Dès qu'il y a un sujet vis-à-vis d'Israël ou de la judéité sous toutes ses formes, il y a LFI au rendez-vous pour répéter ses éléments de langage", a lancé la conseillère municipale d'opposition. Quitte à scandaliser ses collègues insoumis, lesquels ont quitté la salle du conseil municipal. Résultat? Deux suspensions de séances successives, Émilie Chalas réitérant ses propos à la fin de la première. Émilie Chalas lors de sa prise de parole. © Ville de Grenoble "Je vais faire consigner au procès-verbal les propos qui ont été tenus et qui n'ont pas lieu d'être dans cette institution. Je tiens à ce que les propos soient respectueux", a tancé Laurence Ruffin sans préciser quels propos étaient visés. Et la maire de rappeler que le sujet portait initialement sur la question des racks à vélo, comme elle l'avait une première fois... au moment de la prise de parole d'Émilie Chalas. "Je ne sais pas pourquoi c'est moi que vous interrompez", lui avait rétorqué l'élue avec une certaine ironie. Il est vrai que les élus LFI comme ceux de la majorité avaient eu auparavant tout le loisir de s'exprimer, sans éprouver la patience de la maire. 3 Aux tensions et incidents de séance sont venus s'ajouter... le duel par communiqués interposés. "Émilie Chalas, élue du groupe de droite, a répété à trois reprises que nous avions un problème avec la “judéité” et le “judaïsme”. Nous avons quitté le conseil, et la maire de Grenoble a poursuivi la séance sans condamner fermement ses propos", a déclaré Allan Brunon à la suite du conseil municipal. Et d'ajouter avoir saisi la préfère de l'Isère et le procureur de la République... soit une nouvelle démarche après les tensions lors du premier conseil municipal de la mandature, le 27 mars 2026. Les élus du groupe LFI se sont filmés sur les marches de l'Hôtel de Ville après avoir quitté la séance du conseil municipal suite aux propos tenus par Émilie Chalas. © LFI Quelques heures plus tard, c'était au tour de Réconcilier Grenoble de publier son communiqué. "Cette nouvelle polémique apparaît avant tout comme un coup de communication orchestré par Allan Brunon et son groupe, dans une logique permanente de dramatisation, de tension politique et de polarisation des débats autour de sujets nationaux qui sont éloignés des sujets concernant la gestion municipale", ont estimé les élus du groupe d'opposition. Réconcilier Grenoble n'a pas manqué de dénoncer (encore) un "deux poids deux mesures" de la part de Laurence Ruffin. Laquelle "a choisi de suspendre immédiatement la séance, donnant le sentiment de céder systématiquement aux mises en scène et aux pressions politiques du groupe LFI", considèrent les élus. Et de revenir sur la séance où eux-mêmes avait été traités de "nazis" par Allan Brunon: Malgré la gravité extrême de ces propos condamnables, aucune suspension de séance n’avait été accordée afin de réunir les présidents de groupe et d’apaiser les échanges".](https://www.placegrenet.fr/wp-content/uploads/2026/05/conseil-municipal-de-grenoble-26-mai-2026-3-1000x288.jpg)


