FOCUS – Clap de fin pour Le Petit Bulletin Grenoble. Placé en liquidation judiciaire, mardi 31 octobre 2023, par le tribunal de commerce de Grenoble, l’emblématique journal culturel gratuit cesse sa parution, après 30 ans d’existence et un dernier numéro publié le 18 octobre. En cause, un endettement trop important. Le plan de reprise présenté par le groupe de presse isérois Compra (propriétaire, entre autres, des Affiches de Grenoble et du Dauphiné) a finalement été abandonné.
« On ferme. » C’est par ces deux mots cinglants que la rédactrice en chef du Petit Bulletin Grenoble Valentine Autruffe attaque son « dernier article« , publié mardi 31 octobre 2023 sur les réseaux sociaux et le site du média. Le tribunal de commerce de Grenoble a en effet acté, le jour même, la liquidation judiciaire du célèbre journal culturel gratuit. Le numéro 1221, paru le 18 octobre, était donc le dernier, annonce-t-il à ses lecteurs : Le Petit Bulletin Grenoble « disparaît après 30 ans d’activité« .

Les salariés du Petit Bulletin Grenoble feront l’objet d’un licenciement économique. © Page Facebook du Petit Bulletin
Lancé en 1993 par une bande de copains étudiants, Le Petit Bulletin était rapidement devenu une institution de la presse grenobloise. La feuille recto-verso en noir et blanc des débuts avait laissé place à un hebdomadaire de 16 à 40 pages, puis à un bimensuel édité à 35 000 exemplaires et distribué gratuitement dans un millier de points. Deux autres éditions avaient vu le jour, à Lyon (en 1997) et Saint-Étienne (en 2012) – lesquelles poursuivront l’aventure sous une nouvelle forme1voir plus bas.
« La première cause de notre décès, c’est le Covid »
Pourtant, Valentine Autruffe le rappelle dans cet ultime article : « On vous le disait à nos 30 ans, il y a un mois : que Le Petit Bulletin soit encore là, c’était déjà un miracle. » Mais le « miracle » n’était malheureusement pas éternel. Plombé par son endettement, le groupe Unagi, propriétaire et gestionnaire du titre, avait ainsi déjà été placé en redressement judiciaire – à sa demande – par le tribunal de commerce, le 2 mai 2023.

Le n°1221, dernière édition du Petit Bulletin Grenoble, a été publié le 18 octobre 2023. © Le Petit Bulletin
« La première cause de notre décès, c’est le Covid« , explique Magali Paliard, cofondatrice du Petit Bulletin et directrice administrative et financière du groupe Unagi. La crise sanitaire débutée en mars 2020 a en effet porté un coup très rude aux finances, mettant à l’arrêt la vie culturelle et artistique du pays, tout comme la diffusion du journal papier et les contrats publicitaires.
Un contexte sur lequel se sont en outre greffées la baisse des subventions de la Région au monde de la culture, ainsi qu’une réduction drastique des budgets des annonceurs. À la suite du premier confinement, le groupe a ainsi enregistré des pertes de plus de 430 000 euros qu’il a dû financer via un prêt garanti par l’État (PGE).
Mais lorsqu’il a fallu commencer à rembourser ce PGE, les rentrées financières n’ont pas suivi. Ceci malgré la subvention polémique de 100 000 euros octroyée, en novembre 2020, par la Ville de Lyon – destinée toutefois uniquement à l’édition lyonnaise selon la direction d’Unagi.
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Une réflexion sur « Le Petit Bulletin Grenoble, placé en liquidation judiciaire, cesse sa parution après 30 ans d’existence »
Par contre, Gre.Mag continue de paraître sans aucun problème. C’est l’avantage de ne pas avoir besoin de lecteurs et de disposer d’un budget sans limites puisque ce sont les grenoblois qui payent pour assurer la pub du génialissime Eric BurqiniTaxes, l’inventeur du délit de favoritisme honnête.