ENQUÊTE – Marquée par d’importantes baisses de subventions culturelles pour certains acteurs, en particulier isérois, la politique 2023 de la Région Auvergne-Rhône-Alpes reste peu lisible et mal comprise. Elle inquiète donc de nombreuses parties prenantes pour la continuité de leurs actions. Le point avec les principaux concernés et les événements menacés.
Alors qu’une « mobilisation citoyenne pour la défense des emplois et projets artistiques, et contre les atteintes à la liberté d’expression et de création » se tient devant le siège de la Région Aura, vendredi 30 juin à midi à l’occasion de l’assemblée plénière, près de 400 représentants de structures culturelles signent une tribune publiée dans Le Petit Bulletin « pour la liberté de création en Auvergne-Rhône-Alpes ». En cause : la baisse draconienne des subventions accordées à de nombreux acteurs.

Acteurs de la culture, syndicats et élus manifestant devant le siège de la Région, à Lyon.
Certains expriment à voix haute leurs inquiétudes pour l’avenir. D’autres, perplexes, restent assez discrets, mais se demandent ce qui va se passer pour eux à court terme. Sur le terrain, la politique d’attribution de subventions culturelles de Laurent Wauquiez, président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, suscite a minima des interrogations. Un sentiment d’hermétisme. Et parfois même de la peur.
Au-delà de chaque situation individuelle, ces impressions sont aussi celles d’institutions qui, de l’extérieur, peuvent paraître jouir d’une situation ‘confortable’. En interne, la réalité n’est pas toujours si simple. Même si elle a pu maintenir son 46e Festival du film court en plein air, la Cinémathèque de Grenoble n’a par exemple pas touché la subvention régionale escomptée.

Le Festival du film court en plein air de la Cinémathèque de Grenoble n’a pu accueillir autant d’artistes que l’équipe l’espérait pour son édition 2023. De quoi poser des questions sur sa forme dans le futur (et sa pérennité). © Cinémathèque de Grenoble
« Nous ne pourrons donc pas accueillir de réalisateurs, s’alarmait ainsi Anaïs Truant, sa déléguée générale, quelques semaines avant l’ouverture. Nous avions déjà connu cette difficulté financière en 2022, mais nous avions pu nous organiser autrement. Cette fois, ce sera vraiment impossible. Tout cela est assez effrayant quand on songe à la tribune que nous représentons pour le court-métrage. » De quoi interroger la survie de cette manifestation gratuite, après aussi la baisse drastique de la subvention accordée au Festival de Clermont-Ferrand.
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