DÉCRYPTAGE – Branle-bas de combat chez les journalistes du Dauphiné libéré. Ces derniers vont sans doute devoir se mobiliser pour s’opposer au « plan d’économies global » que prépare la direction. L’enjeu ? Sauver les agences historiques de Grenoble et de Voiron et empêcher la réduction des équipes de journalistes et de pigistes. Oui, mais alors quel plan B pour combler le déficit du quotidien régional ?
«Cela fait quatorze ans que je travaille au Dauphiné libéré, je n’ai jamais vu une telle colère. Les gens veulent faire bloc, et sont en train de se mobiliser !», s’exclame Sarah Huppert, journaliste à la rédaction à Grenoble et élue SNJ1Le Syndicat national des journalistes au comité social économique (CSE), l’instance de représentation du personnel du journal. Mais les salariés du DL ne sont pas seulement en colère. Ils sont inquiets depuis qu’ils ont connaissance de la mise en œuvre d’un «plan d’économies global».

La rédaction du Dauphiné libéré dans ses locaux, rue Gustave-Eiffel, inaugurés en 2018. © Dauphiné Libéré
De quoi est-il question dans ce plan d’économies ? D’abord de la fermeture de deux agences historiques, celles de Voiron et Grenoble où est né le journal. Le personnel, soit une cinquantaine de salariés dont 35 journalistes, serait relocalisé au siège social de Veurey-Voroize, situé à 15 km des deux agences.
«Ce ne sera plus une rédaction mais des gens éparpillés un peu partout»
Fermer les agences serait «désastreux» pour la notoriété du quotidien, estiment les journalistes. «L’agence de Grenoble est le plus gros centre départemental en terme de salariés et de poids de tout le Dauphiné libéré», rappelle Mona Blanchet, journaliste et syndicaliste à FO.
La conséquence sera aussi une «perte d’unité». De fait, les journalistes basés dans le Sud Isère iront le moins souvent possible à Veurey-Voroize pour ne pas perdre trop de temps. «Il n’y aura plus d’émulation, de liens entre les gens. Le télétravail plus de deux jours par semaine, ce n’est pas possible, ce ne sera plus une rédaction mais des gens éparpillés un peu partout», redoute Mona Blanchet. Les managers se demandent d’ailleurs déjà comment ils pourront animer leur équipe, par téléphone.
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