REPORTAGE – Après l’interdiction par la préfecture de toute manifestation dans une large partie du centre-ville de Grenoble, quelque 300 personnes se sont réunies devant le palais de justice, ce mercredi 5 juillet 2023, à l’appel de différentes organisations politiques, syndicales et associatives, pour réclamer « justice pour Nahel ». Ceci, une semaine après la mort du jeune de 17 ans, tué par un policier à Nanterre, le 27 juin. Un rassemblement dans le calme, marqué par de nombreuses prises de parole, dénonçant notamment « les violences et l’impunité policières » et « le racisme systémique ».
Le lieu du rassemblement, prévu initialement place Victor-Hugo, avait été déplacé le matin même. Craignant de revivre les violences et pillages ayant émaillé la soirée du 30 juin 2023, la préfecture avait en effet interdit toute manifestation dans un périmètre élargi du centre-ville de Grenoble, du mercredi 5 juillet, 12 heures, au jeudi 6 juillet, 8 heures. Pas de quoi décourager pour autant les organisateurs qui ont finalement donné rendez-vous aux manifestants devant le tribunal judiciaire, afin de réclamer « justice pour Nahel ».

Quelque 300 personnes se sont rassemblées devant le palais de justice, à l’appel de plusieurs associations, collectifs, syndicats et partis de gauche et d’extrême gauche. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Huit jours après la mort du jeune de 17 ans, tué par le tir d’un policier lors d’un contrôle routier, à Nanterre, le 27 juin, quelque 300 personnes se sont ainsi réunies devant le palais de justice, à l’appel de plusieurs associations, syndicats, partis de gauche et d’extrême gauche. Tribunal protégé par un imposant dispositif policier, circulation du tram B interrompue… La préfecture n’avait pas lésiné sur les mesures de sécurité.
« Leur révolte, c’est la continuité des luttes de notre camp social »
Mais le rassemblement, débuté à 18 heures, s’est tenu dans le calme, sans aucun incident à déplorer. Durant environ deux heures, de nombreuses prises de parole se sont succédé au micro, de la part de représentants du NPA, de l’UCL, de la CGT, de l’Unef, du Dal, du Collectif anti-répression, du FUIQP (Front uni des immigrations et des quartiers populaires) et d’autres organisations.
Tour à tour, ceux-ci ont dénoncé « les violences et l’impunité policière« , « le racisme systémique » ou encore « la répression dans les quartiers populaires« . Certains orateurs ont notamment demandé « la dissolution des brigades anti-criminalité et de la Brav-M« , s’insurgeant face à « une police qui tue« . D’autres ont insisté sur « la colère légitime des jeunes de ces quartiers« , qui s’exprime, selon eux, dans les émeutes.
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