Jardins de la Buisserate : mobilisation en soutien des sept opposants au projet immobilier mis en examen

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FOCUS – Sept militants opposés au projet de construction d’immeubles sur les jardins de la Buisserate, à Saint-Martin-le-Vinoux, sont soumis depuis plusieurs mois à un contrôle judiciaire strict. Ils s’étaient introduits sur le terrain en vue de créer une zone à défendre (Zad). Plusieurs associations, syndicats, collectifs et organisations politiques « s’indignent de ces procédés ». Quant aux avocats des mis en examen, ils montent aujourd’hui au créneau pour demander une nullité de procédure. L’un d’eux a en outre sollicité une trêve afin que ses deux clients puissent retrouver leur famille à Noël.

 

 

Les travaux de terrassement des Jardins de la Buisserate ont débuté le lundi 2 novembre. © Tim Buisson – Place Gre’net

Tous les arbres des jar­dins de la Buisserate ont été déra­ci­nés le lundi 2 novembre 2020. © Tim Buisson – Place Gre’net

Dans la nuit du 4 au 5 sep­tembre 2020, six indi­vi­dus étaient inter­pel­lés par la bri­gade anti-cri­mi­na­lité de Grenoble, à proxi­mité des jar­dins de la Buisserate à Saint-Martin-le-Vinoux. Ce avant d’être pla­cés en garde à vue pen­dant près de soixante heures, pour avoir voulu éta­blir une zone à défendre (Zad) sur le ter­rain des­tiné à un pro­jet immo­bi­lier. Une sep­tième per­sonne avait été arrê­tée à son domi­cile un mois plus tard, le mardi 6 octobre.

 

Si les jar­dins ont, depuis, été détruits en plein confi­ne­ment, la mobi­li­sa­tion se pour­suit… sur le ter­rain judi­ciaire. Car les jeunes inter­pel­lés – âgés de 21 à 29 ans – encourent jus­qu’à cinq ans de pri­son, pour « asso­cia­tion de mal­fai­teurs en vue de com­mettre des dégra­da­tions » et « ten­ta­tive d’ins­tal­la­tion en réunion sur le ter­rain d’au­trui ». Aucun d’entre eux n’a­vait été confronté à la jus­tice par le passé.

 

 

Contrôle judiciaire strict pour les défenseurs des Jardins de la Buisserate mis en examen

 

« C’était dur !, relate Agathe*. Moi, c’é­tait ma pre­mière garde à vue. J’étais très débous­so­lée, je ne com­pre­nais pas bien ce qu’il se pas­sait et ce qu’il nous arri­vait ». Depuis, les sus­pects subissent un contrôle judi­ciaire strict. Ils ne peuvent pas quit­ter le ter­ri­toire fran­çais ni se rendre sur la com­mune de Saint-Martin-le-Vinoux. Et doivent poin­ter chaque semaine au com­mis­sa­riat.

 

La jus­tice les somme, par ailleurs, de trou­ver un emploi ou une for­ma­tion. Ils ont éga­le­ment inter­dic­tion d’en­trer en contact les uns avec les autres. Enfin, ils sont assi­gnés à rési­dence entre 20 heures et 7 heures du matin. Un point tou­te­fois moins contrai­gnant du fait du confi­ne­ment et de la mise en place du couvre-feu qui va suivre.

 

Une vingtaine de personnes étaient présentes vendredi 11 décembre pour afficher leur soutiens aux 7 personnes mises en examen. © Tim Buisson – Place Gre’net

Une ving­taine de per­sonnes ont affi­ché leur sou­tien aux sept per­sonnes mises en exa­men ven­dredi 11 décembre 2020. © Tim Buisson – Place Gre’net

 

« On mobi­lise l’ap­pa­reil d’État et les ser­vices de répres­sion pour anni­hi­ler des mou­ve­ments locaux, qui sont très loin de repré­sen­ter un dan­ger pour l’État », déplore Pierre Janot, avo­cat au bar­reau de Grenoble qui défend l’une des per­sonnes mise en exa­men.

 

 

Une tribune de soutien signée par 36 organisations

 

Tribune de soutien au sept mis en examen des Jardins de la Buisserate.

Tribune de sou­tien aux sept mis en exa­men des Jardins de la Buisserate. (Cliquer sur l’i­mage pour lire le PDF)

Si les jar­dins sont détruits, la lutte conti­nue pour sou­te­nir les mili­tants. « Les sept que nous sou­te­nons subissent une injus­tice cruelle », s’in­surge Francis Odier de France nature envi­ron­ne­ment (FNE). Avec 35 autres orga­ni­sa­tions, l’associa­tion a signé une tri­bune, publiée le samedi 5 décembre (cf. ci-contre). Elles y dénoncent « la cri­mi­na­li­sa­tion des per­sonnes en lutte pour le bien com­mun » et réaf­firment leur sou­tien aux mis en exa­men.

 

Le col­lec­tif Avenir des terres, qui défend les jar­dins, s’est éga­le­ment joint à la mani­fes­ta­tion contre la loi « Sécurité glo­bale » et la pré­ca­rité qui se tenait le même jour. Un vélo tirait le char, sur­monté d’é­pou­van­tails. Les mêmes que ceux uti­li­sés pour inter­pel­ler les élus de Saint-Martin-le-Vinoux lors du conseil muni­ci­pal du lundi 12 octobre 2020.

 

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Commentaires 1
  1. Juste à côté il y a l’Esplanade où E. PPPiolle a pour pro­jet de raser les pla­tanes afin de faire pous­ser des tours en béton. Pourquoi ces col­lec­tifs sont-ils inertes à ce sujet ?

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