Municipales : la tension monte entre les deux listes de Gières

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FOCUS – La liste Gières avenir village citoyen dresse un bilan très négatif du maire socialiste sortant Pierre Verri. Ce dernier défend de son côté les actions menées par la Ville depuis six ans et s’engage à les poursuivre.

 

 

Pierre Verri, maire giérois, est le candidat PS dans cette deuxième circonscription. Il tente de succéder au député socialiste sortant Michel Issindou. © DR

Pierre Verri, maire PS de Gières, can­di­dat à sa réélec­tion. DR

Une alter­na­tive. C’est ce que veut offrir la liste citoyenne Gières ave­nir vil­lage citoyen à tra­vers sa can­di­da­ture.

 

En effet, c’est la seule liste d’opposition face à celle du maire sor­tant Pierre Verri. Et elle dresse un bilan plu­tôt déce­vant de la man­da­ture pré­cé­dente. Pour elle, les habi­tants de la com­mune ne se sentent pas écou­tés par la muni­ci­pa­lité.

 

 

La citoyen­neté, ren­for­cée ou bafouée ?

 

Le maire oppose au contraire que « sept com­mis­sions thé­ma­tiques ont déjà été mises en place à Gières ». Et que des ren­contres entre élus et citoyens sont orga­ni­sées tous les pre­miers mar­dis du mois à dif­fé­rents endroits de la ville.

 

« En six ans, [cela repré­sente] plus de 60 réunions, sans comp­ter dix-huit réunions de quar­tier plus for­melles », énu­mère Pierre Verri.

 

Sylvain Stamboulian (à gauche) et son colistier Timothé Jaussoin, présente la candidature de Gières Avenir Village Citoyen pour les municipales 2020. © Anissa Duport-Levanti

Sylvain Stamboulian (à gauche) et son colis­tier Timothé Jaussoin, lors de l’of­fi­cia­li­sa­tion de can­di­da­ture de Gières ave­nir vil­lage citoyen pour les muni­ci­pales 2020. © Anissa Duport-Levanti

 

Mais pour la liste d’opposition, tout ceci n’est qu’un écran de fumée. « Oui, ces réunions existent mais, pour les pro­jets impor­tants, les habi­tants ont le sen­ti­ment que les déci­sions de la mai­rie sont déjà prises. Il n’y a pas vrai­ment de concer­ta­tion ou de com­pro­mis pos­sible sur les grands pro­jets », rétorque ainsi Sylvain Stamboulian, tête de liste pour Gières ave­nir vil­lage citoyen.

 

 

La démocratie directe en question à Gières

 

Le can­di­dat en veut notam­ment pour preuve le pro­jet de la place de la République : « Plus qu’une concer­ta­tion, c’était plu­tôt une réunion d’information, car elle était orga­ni­sée quelques jours avant le dépôt du per­mis de construire. » Une logique qu’ils pro­mettent de chan­ger en orga­ni­sant une véri­table démo­cra­tie directe à Gières.

 

La place de la République © ville de Gières

La place de la République. © Ville de Gières

Des accu­sa­tions dont le maire PS s’étonne. « Nous repro­cher aujourd’hui de ne pas écou­ter les citoyens, ça me fait sou­rire. Et ce n’est pas ce que me disent les élec­teurs sur le ter­rain, ni ce qu’on me dit en com­mis­sion », affirme Pierre Verri.

 

« L’opposition a tou­jours beau jeu, mais je n’ai jamais vu la tête de liste de l’opposition dans une seule com­mis­sion, un seul conseil muni­ci­pal… Je com­prends qu’il s’inquiète de la par­ti­ci­pa­tion citoyenne, étant donné qu’il n’y par­ti­cipe pas. Alors je l’invite à venir en com­mis­sion », assène-t-il.

 

 

L’écologie en ligne de mire : bétonisation ou végétalisation ?

 

Gières ave­nir se veut éga­le­ment cri­tique sur le bilan éco­lo­gique, en rai­son de la forte urba­ni­sa­tion de la com­mune. Pour la liste d’opposition, la mai­rie fait en effet le choix du tout béton. Elle lui reproche notam­ment la non-uti­li­sa­tion de maté­riaux bio-sour­cés et le bilan car­bone qui en résulte. « Sur les 373 loge­ments récem­ment créés, [cela fait] 35 000 tonnes de CO2 reje­tés dans la nature », s’indigne Sylvain Stamboulian. « De plus, le parc près de l’ancienne poste va être amputé de 37 % pour la construc­tion d’un nou­veau bâti­ment », ajoute-t-il.

 

La liste dénonce aussi une baisse du nombre d’arbres et de parcs. Ce qui a, selon elle, favo­risé les îlots de cha­leur. « C’est faux ! », répond le maire. « Les chiffres sont là : on a planté plus d’arbres qu’on en a reti­rés. Et pour le pro­jet Cœur de Ville, on a dés­im­per­méa­bi­lisé 800 m2 de béton et enlevé des places de sta­tion­ne­ment pour plan­ter des arbres. »

 

rénovation place de la République DR

Projet de réno­va­tion de la place de la République, à Gières. DR

 

Pierre Verri rap­pelle éga­le­ment le tout nou­veau réseau de cha­leur au bois local de la ville et l’écoquartier 100 % pié­ton. Ainsi que la mise en place d’une cin­quan­taine de par­celles de jar­dins fami­liaux. Et il pro­met, si il est réélu, de plan­ter plu­sieurs cen­taines d’arbres frui­tiers dans une zone ouverte aux citoyens.

 

 

L’école René Cassin : principal point de blocage

 

L’école René Cassin est aussi un gros point de dis­corde entre les deux listes. Si le maire concède que, pour l’instant, la cour d’école a été réduite, il rap­pelle qu’« il ne faut pas regar­der ce pro­jet en phase tra­vaux mais dans sa glo­ba­lité. La cour va retrou­ver sa sur­face ori­gi­nelle et peut-être même plus, une fois le pro­jet fini. On va aussi trans­fé­rer l’entrée du côté pié­ton », pro­met le maire.

 

Les débats sont houleux entre les deux listes candidates à la mairie de Gières cette année. © Creative Commons

Les débats sont hou­leux entre les deux listes can­di­dates à la mai­rie de Gières cette année. © Creative Commons

 

Des pro­messes aux­quelles Gières ave­nir ne croit pas. « M. Verri parle beau­coup de chiffres mais ce n’est pas ce que l’on observe », affirme Sylvain Stamboulian. « L’école va être enfer­mée entre deux bâti­ments en béton, ce qui va cacher la vue sur les mon­tagnes mais aussi créer un îlot de cha­leur. L’école a déjà dû fer­mer deux jour cet été à cause de la cani­cule », s’alarme-t-il.

 

Et ce n’est pas tout. « On regarde le pro­jet dans sa glo­ba­lité et on observe que la cour d’école va perdre 12 % de sa sur­face ini­tiale. Sans comp­ter que les effec­tifs vont aug­men­ter », sou­ligne-t-il. « On est encore au-des­sus des normes de l’Éducation natio­nale, rap­pelle le can­di­dat, mais il ne faut pas enle­ver aux enfants ce qu’ils ont déjà », concède-t-il.

 

 

Sur les finances, tout le monde s’accorde

 

Finalement, le seul point d’accord semble être celui des finances. La liste d’opposition salue la saine ges­tion du maire sor­tant, « bien que Gières reste 42e com­mune la plus chère de France ». De son côté, Pierre Verri rap­pelle que « la pres­sion fis­cale faible – la divi­sion par deux de la taxe d’habitation et l’absence d’augmentation d’impôts au cours du man­dat – per­met­tra une capa­cité d’investissement de 19 mil­lions pour le pro­chain man­dat ». Et le maire sor­tant de sou­li­gner, pour finir, ne pas avoir eu recours à l’emprunt durant sa pré­cé­dente man­da­ture.

 

Une bataille de chiffres et une confron­ta­tion de points de vue que les Giérois devront tran­cher ce dimanche 15 mars.

 

Anissa Duport-Levanti

 

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